Le nouveau cours d'éthique et culture religieuse fait jaser…
On demande qu'il soit optionnel et non obligatoire
La décision du gouvernement d'imposer un cours d'éthique et culture religieuse dès septembre dans toutes les écoles de la province pour remplacer l'enseignement religieux et moral traditionnel, est loin de plaire à une majorité de Québécois (en fait à 75% selon divers sondages), qui pencheraient plus pour une exemption de ce cours. La Coalition pour la liberté en éducation et l'Association des parents catholiques du Québec l'ont clairement fait comprendre aux gens mardi soir lors d'une conférence à la salle Jean Despréz.
Plusieurs raisons ont été invoquées par les conférenciers, qui n'ont pas mâché leurs mots pour critiquer l'ingérence du gouvernement dans leurs libertés fondamentales par le biais de la Loi 95 instaurée en juin 2005.
«Nous sommes ici pour l'amour de nos enfants. Nous avons organisé cette soirée pour conscientiser la population au fait que nous, les parents, premiers responsables de l'éducation de nos enfants, perdons notre droit de choisir un enseignement religieux ou moral selon nos valeurs et croyances. On s'est fait passer un sapin en juin 2005, on nous a retiré des droits civils majeurs, on a modifié la Charte des droits sans nous le demander», a martelé d'entrée de jeu la porte-parole de l'Outaouais de la Coalition pour la liberté en éducation, Sonia Bouchard.
Le sociologue et écrivain Gary Gordon Caldwell a indiqué que l'État n'a pas le droit de se servir des écoles pour asseoir ses objectifs sociaux de cohésion commune entre tous les Québécois, de souche ou non. «L'école n'appartient pas à l'État, mais les professeurs se voient aujourd'hui comme des agents de l'État. Et ils font ça pourquoi? Pour augmenter la tolérance? Comme si les Québécois n'avaient pas déjà été assez tolérants!»
Il aussi parlé de liberté de conscience: «Lorsqu'on relativise la liberté de religion des enfants, on se trouve face à une violence de la liberté de conscience. Ça met en péril notre liberté créative et notre prospérité.»
Il a aussi pointé du doigt le droit des parents de décider de la formation religieuse de leur enfant. «On l'a enlevé, on l'a banni de notre fameuse Charte des droits du Québec. […] Si on est responsable de nos enfants jusqu'à l'âge de 18 ans, on devrait avoir un mot à dire sur leur formation! Mais c'est une illusion de croire qu'il y aura consultation de la part du gouvernement», a lancé M. Caldwell, qui lui, quand il est arrivé au Québec dans les années 70, pouvait encourager financièrement et moralement la religion de son choix. Chose qu'il n'est plus possible de faire, maintenant que les accommodements raisonnables ont pris le dessus.
Un labyrinthe
Pour sa part, la présidente de l'Association des parents catholiques du Québec, Jean Morse-Chevrier, a présenté et commenté les grandes lignes du programme obligatoire en tentant de prouver que les enfants seront passablement mêlés avec toutes ces religions (judaïsme, hindouisme, bouddhisme, etc.). «Même si pour le gouvernement, qui façonne ce cours-là, ça s'appelle 'culture religieuse', l'enfant qui reçoit ça ne fait pas la distinction […] Il reçoit ces informations qui viennent de l'école, selon différentes spiritualités, sur un même pied d'égalité sans critères de discernement, à savoir qu'est-ce qu'il doit retenir ou ne pas retenir.»
«L'enfant retourne ensuite dans sa famille avec ces différents contenus reçus à l'école, dans sa famille où on ne pratique pas une multiplicité des religions... Chaque famille adhère à un système de croyance, de foi, ou de non croyance, c'est personnel à chaque famille, affirme Mme Morse-Chevrier. Mais là, la paix familiale est en quelque sorte perturbée par le fait que l'enfant revient avec beaucoup de questionnements, de confusion, face à ce qu'il vit à la maison. Tout d'un coup il se pose la question: 'Comment ça se fait, maman, qu'on dit le Notre-Père et qu'on ne pratique pas des chants incantatoires ou qu'on ne médite pas comme les Hindous en faisant 'huummmmmm…'? Est-ce qu'on pourrait pas faire ça chez nous aussi?'»
«L'enfant n'a pas la chance d'avoir intégré sa propre foi, n'a pas la maturité intellectuelle pour comparer entre eux différents systèmes de croyances, n'a pas encore la pensée abstraite. Pour lui, ce sont des apprentissages concrets et il n'a pas la notion conceptuelle de ce à quoi chacune de ces histoires réfère. Il n'est pas outillé pour faire une comparaison, mais en même temps, il doit les recevoir. Et il les reçoit d'une façon qui a beaucoup d'impact sur lui à cause de son âge et du fait que les histoires comme telles ont ce pouvoir d'attrait sur les enfants.»
Karine Defoy
Commentaire mis en ligne le 21 janvier 2009Au contraire de tous, je suis pour ce cours. Étant étudiante en enseignement primaire et côtoyant des enfants régulièrement, je vois en ce cours une lueur d'espoir à toute cette violence présente dans les écoles. Ce cours leur permettra d'avoir une ouverture d'esprit plus large et non centré sur une seule religion. Les enfants pourront dès lors prendre conscience des différences ethniques et avoir des explications. Il faut sortir un peu du temps où la religion catholique contrôlait le monde... faut plutôt s'ouvrir à celui-ci. Si vous en tant que parent, vous voulez continuer à enseigner la religion catholique à vos enfants rien de vous en empêche... par contre, prenez conscience que la société évolue et que ce cours ne vient absolument pas à l'encontre de vos valeurs... assistez à un cours vous allez voir, j'ai été très surprise de voir comment c'est intéressant. J'ai même très hâte de l'enseigner.