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L'épopée des femmes au Klondike

Mylène Gilbert-Dumas fait vivre «Lili Klondike»

Marie-Eve Bouchard par Marie-Eve Bouchard
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Article mis en ligne le 1 mars 2008 à 18:00
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L'épopée des femmes au Klondike
Mylène Gilbert commence une nouvelle aventure avec Lili Klondike.
L'épopée des femmes au Klondike
Mylène Gilbert-Dumas fait vivre «Lili Klondike»
L'école primaire à Whitehorse se nomme Émilie Fortin Tremblay. Il a suffi de ce nom pour que l'esprit créatif de Mylène Gilbert-Dumas s'enflamme et qu'elle décide d'entraîner ses lecteurs assidus sur les traces de ces femmes qui ont bravé la route menant vers le Klondike avec son tout dernier roman, Lili Klondike.
C'est lors d'un premier voyage au Yukon, par plaisir, que Lili Klondike a pris forme. «D'abord, on n'a pas idée comment c'est loin le Yukon. Puis, il y a eu le nom de l'école primaire qui m'a intrigué. J'ai fait mes recherches pour découvrir qu'il y avait eu des femmes qui s'étaient rendu, seules bien souvent, jusqu'au Klondike et que plusieurs livres en anglais racontaient leur histoire. Puis, j'ai découvert qu'il y avait des Québécoises dans le lot.»

Parce qu'elle se plaît à mettre des personnages fictifs dans des lieux et des contextes historiques réels, Mylène Gilbert-Dumas a donc entrepris une vaste recherche et est retournée au Yukon, cette fois-ci en tentant le plus possible d'emprunter les anciennes pistes, pour approfondir son histoire. «Je trouve important de voir les lieux où évoluent mes personnages pour pouvoir y mettre des odeurs et des impressions.»

Et c'est en retournant là-bas que Lili Klondike est devenue non pas l'histoire de l'aventure d'une femme, mais bien de deux Québécoises. «Parce que c'était physiquement impossible qu'une seule personne vive tout ce que je voulais lui faire vivre. Elle ne pouvait pas se trouver à deux endroits différents en même temps et que sur le plan de la chronologie des événements ça ne fonctionnait pas. Je n'ai trouvé la solution à mon problème que là-bas lorsque j'ai vu une maman grizzli avec, ce que je croyais, un seul ourson. Alors qu'en fait, il y en avait deux... comme pour mon histoire.»

Ainsi, Lili, c'est à la fois Lilianne et Rosalie. La première laisse son fiancé en plan au pied de l’autel, la seconde abandonne son poste de cuisinière pour s’enfuir avec l’homme de sa vie qui veut devenir chercheur d’or. À l’image des pionnières qui ont peuplé le Yukon, Liliane et Rosalie refusent la passivité qu’on impose aux femmes dans le monde civilisé. Courageuses et téméraires, elles choisissent le Grand Nord, cette dernière frontière, malgré le froid, la cruauté et l’isolement. Elles n’ont en tête qu’un seul désir: prendre en main leur propre destin. Qu’une seule ambition: atteindre Dawson City, où, dit-on, les rues sont pavées d’or. Sur leur route, elles trouveront également l’aventure et l’amour, le tout à la hauteur de leur quête de liberté.

En tant que lecteur, on ne peut qu'être ébahi par le courage et surtout la folie de ces femmes et de ces hommes qui ont parcouru des milliers de kilomètres, abondamment chargés de tous leurs avoirs et dans des conditions cauchemardesques. «Lorsqu'on regarde les photos de ces femmes qui ont marché jusqu'au Klondike, on constate qu'elles ont toutes le même physique. Un peu costaude, car il fallait bien quand il fait -60 degrés Celsius. Elles avaient toutes aussi un parcours assez olé olé. Elles avaient des caractères assez sulfureux, baveux et une telle ténacité. Fallait être un peu fou pour décider de se rendre au Klondike et de survivre aux deux sentiers qui mènent là-bas», estime l'auteure. De fait, des 100 000 téméraires au départ, seulement 30 000 ont atteint Dawson. Aujourd'hui, Dawson compte quelque 800 âmes, alors que le Yukon est composé de 30 000 habitants.

Alors que le plan du deuxième tome est pratiquement terminé, Mylène Gilbert-Dumas nous promet la suite pour l'automne prochain. On s'en doute bien, il y sera question de la vie au Klondike et de la rencontre des deux Lili à Dawson. Puis, Mylène Gilbert-Dumas prépare également un quatrième tome pour Les Dames de Beauchesne. Un beau cadeau qu'elle offrira à ses lecteurs qui en redemandaient encore, probablement pour l'an prochain.

«Grâce à mes personnages, je me suis créé des souvenirs. C'est moi qui ai marché sur ses sentiers... J'ai même tenté de comprendre ce que c'était en portant 20 livres dans mon sac à dos en montant une partie de la Chilkoot. Après 18km, j'avais mal à la plante des pieds et j'avais l'impression d'être la personne la plus lente de tout Whitehorse. Il y a un côté de moi qui est très aventurière et l'écriture me permet de le vivre.»
Mylène Gilbert-Dumas sera présente au Salon du livre de l'Outaouais au stand 19 le dimanche de 11h à 13h.

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