Mareck Beaudoin pourra-t-elle participer aux Championnats canadiens? (Photo: Dominique Poirier)
Mareck Beaudoin ira-t-elle aux Championnats canadiens?
Actuellement première au classement de la Coupe NorAm, et détentrice en règle de la Coupe de ce circuit après sa victoire chez les 17-18 ans l'an dernier, Mareck Beaudoin ne pourra peut-être pas participer aux Championnats canadiens de biathlon qui auront lieu du 25 au 30 mars prochains. La raison? L'Association des clubs de Biathlon du Québec (ACBQ) refuse de sanctionner sa participation.
«Pour nous, c'était le sprint final, indique Chantal Beaudoin, la maman de la jeune athlète. Mareck avait trois semaines d'entraînement pour être prête pour les Championnats.»
Même que les billets d'avion, l'hôtel et tout le reste sont déjà réservés pour Mareck, sa mère et le conjoint de cette dernière, Richard Defoy. Mais voilà que dimanche, l'athlète et sa famille ont reçu la nouvelle comme une claque en plein visage.
Il semble que l'ACBQ ait choisi un nombre déterminé de biathlètes pour participer aux Championnats, en se fiant sur les participations de chacun lors des quatre Coupes Québec qui ont eu lieu cette année. Or, Mareck n'a participé qu'à deux d'entre elles, ratant la première en raison d'un problème de santé. Lors de la deuxième Coupe Québec, comme il n'y avait qu'une autre participante dans sa catégorie, Mareck a préféré prendre part à une autre compétition qui se déroulait dans le circuit NorAm.
«Dans l'équipe du Québec, il y en a une qui vient de l'Outaouais, et c'est Mareck», indique Mme Beaudoin. Cette dernière doit donc se rendre constamment à Québec ou à La Patrie, où se trouvent les autres biathlètes. Des déplacements qui incluent des kilomètres de voyagement et de l'argent. «On ne peut pas croire que dans une région comme l'Outaouais, avec les collèges, les universités qu'on a, avec les pistes de ski de fond qu'on a, qu'il faut déménager à Québec ou à La Patrie pour performer», déplore Mme Beaudoin.
La mère de Mareck se défend bien de vouloir de l'aide financière: «Il nous manque que la sanction», indique-t-elle. Habitués de se débrouiller par eux-mêmes, Mareck et son entourage sont parfaitement autonomes lors des courses. Chantal Beaudoin s'occupe du fartage, aidée par son conjoint qui lui, est responsable du zérotage.
Cette dernière est prête à cogner à toutes les portes pour que sa fille participe aux Championnats canadiens, qui jouent un grand rôle quand vient le temps d'attribuer des bourses aux athlètes. Après discussion avec un responsable de Biathlon Canada, il a même été suggéré de cogner à la porte de l'Ontario, province que Mareck pourrait alors représenter. Une triste avenue pour le Québec, surtout que l'athlète a des chances de médailles…
Du côté de Biathlon Québec
«Elle avait seulement quatre courses, c'était impossible pour elle de faire les critères de sélection», indique Sandrine Charron, entraîneur-chef de l'équipe Québec de biathlon.
En réalité, la sélection des 18 athlètes québécois qui prendront part aux Championnats canadiens a été faite en se basant sur les six meilleures courses de chacun lors des quatre Coupes Québec de l'hiver (deux courses par événement).
«Les critères sont établis au mois d'avril ou de mai. Les athlètes font leur choix en fonction des critères de sélection», indique Mme Charron. Quant à Biathlon Canada, l'organisme peut limiter le nombre de participants pour chaque province, ce qu'il n'a pas fait cette année. Biathlon Québec a toutefois décidé de restreindre le nombre d'athlètes, compte tenu de l'endroit éloigné où se déroule la compétition, soit Whistler.
«C'est une question d'équité pour les autres athlètes», indique l'entraîneur-chef, qui n'a pas l'intention de revenir sur sa décision. Quant à la possibilité de perdre une athlète comme Mareck au profit de l'Ontario, Mme Charron s'en désole, mais ne s'y opposera pas: «Nous, on ne s'objectera pas à ce qu'elle course pour l'Ontario. Mareck, c'est une bonne athlète qu'on aime bien», conclut-elle.