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Vagin : Taire ce mot qu’il ne faut pas dire!

Dominique Poirier par Dominique Poirier
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Article mis en ligne le 5 mars 2008 à 9:55
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Vagin : Taire ce mot qu’il ne faut pas dire!
Vagin : Taire ce mot qu’il ne faut pas dire!
La première fois que j’ai vu les Monologues du vagin, c’était en 2004, à Montréal, alors que Sandra Dumaresq, Nicole Leblanc, Louise Marleau, Geneviève Rioux prenaient place sur scène.
Mardi soir, c’était au tour de Lyette Goyette, Nathalie Nadon et Annick Léger d’être sur la scène. Si les comédiennes n’étaient plus les mêmes, si le décor avait quelque peu changé, tout comme la mise en scène, le propos, lui, est resté le même, tout comme les moments de réflexion qui apparaissent au sortir de cette pièce.

Vagin. D’emblée, les trois femmes sur scène l’admettent, c’est un mot qui est peu sexy, qui ne résonne en aucun cas de la même façon que la chose qu’il représente, mais surtout, qui est encore aujourd’hui, très difficile à prononcer.

Alors quelle audace d’en faire le sujet principal d’une conversation qui durera une heure trente. De sa découverte, une expérience positive pour certaines, ou douloureuse pour d’autres, à ses gémissements jusqu’à l’accouchement, en passant par tout ce qu’on lui fait endurer, tampons, examens gynécologiques et autres martyres du genre, tout est dit sur le vagin.

Non, pas tout. Car qu’on le veuille ou non, on ne prononcera pas plus facilement ce petit mot de cinq lettres au sortir du théâtre. Tout comme on n’entrera pas en symbiose totale avec cette partie de son corps immédiatement le rideau fermé.

Mais on y jettera surement un regard différent, que l’on soit un homme ou une femme. Car si chacun des monologues choisis a été raconté par une seule des femmes interviewées par Eve Ensler, auteure de la pièce, ils ont par contre la qualité de réunir bon nombre de lieux communs que parfois seules les femmes peuvent comprendre, mais que les hommes gagneraient à s’y intéresser.

Dans ce tourbillon de confidences, une mise en scène dynamique a pris la place qui lui revenait. D’abord toutes vêtues de noir, les trois comédiennes entrent dans la peau de leurs monologuistes grâce à des accessoires, pourtant si simples mais ô combien révélateurs. Le tout devant nos yeux, dans ce décor de studio de télévision mis en place pour mieux écouter les femmes et ce qu’elles ont à dire.

Entre deux monologues, elles vous parleront aisément du nom qu’elles donneraient à leur minou, leur chatouille ou leur fente, ou encore de ce que leur vagin pourrait dire s’il parlait, ou comment il serait vêtu s’il était coquet!

Bref, un hymne à la vie, à cet endroit plein de vie où tout commence. Un spectacle à voir, ou à revoir!

Présenté jusqu’au 15 mars à la Nouvelle-Scène, ainsi que du 27 mars au 6 avril à la Salle Jean-Despréz.

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