Le chef intérimaire du SPVG, Mario Harel, prétend que les policiers doivent faire leur boulot et remplir leurs obligations envers la population même s'ils sont en conflit de travail.
«Nommez-moi une entreprise qui n'a pas d'indicateurs de performance pour voir?!» - Mario Harel
Le chef intérimaire du SPVG réagit à l'histoire des quotas
Le chef intérimaire Mario Harel a dû interrompre momentanément ses vacances pour clarifier certains points concernant l'histoire des quotas mise le tapis par la Fraternité des policiers dans les médias régionaux depuis ce matin.
La Fraternité prétend que la Ville leur impose des quotas de 15 contraventions par jour et menace de couper des postes dans la section de la circulation s'ils n'améliorent pas leur rendement. «On ne veut pas leur imposer de quotas, mais quand on fait face dans ce contexte de conflit de relations de travail à un non-rendement comme ça, en tant que service de police, on se doit de réagir en faisant part aux employés de cette section que le rendement n'est pas là», a précisé M. Harel au bout du fil.
Mario Harel rappelle que depuis la fin de 2006 (une excellente année où 47 910 constats ont été remis, comparativement à 35 156 en 2007), le régime est à la baisse chez les policiers expérimentés de cette section. Ironiquement, la situation a empiré en 2007 durant l'«année de la sécurité routière», à cause des relations de travail malsaines entre les patrouilleurs et la partie patronale. Le manque à gagner découlant de cette querelle est de l'ordre de 2 millions $. Selon M. Harel, même si la chicane stagne, les policiers doivent faire le boulot pour ne pas que les mesures prises il y a plusieurs années, entre autres à la Table québécoise de la sécurité routière, ne servent plus à rien.
«Les gens ne sont pas contents au niveau des relations de travail, mais les citoyens ont des attentes, eux! Personne ne prend les citoyens en otage, mais ils en ont ras-le-pompon de la vitesse dans les rues et quand on ne s'entend pas, les constats sur la vitesse est la première chose que les policiers cessent d'appliquer! Mais l'élément clé sont les mesures pénales pour passer le message», indique Mario Harel.
«On n'en a rien à cirer des revenus, on veut assurer la sécurité routière, ajoute M. Harel au sujet des quotas. On sait par expérience que les policiers vont donner tel nombre de constats par jour. Comme pour un certain nombre de journées, de semaines…» Le chef intérimaire soutient donc que les policiers n'ont même pas besoin de se soucier de quotas, parce que s'ils font leur travail comme il faut, ils reviendront au poste avec un nombre de constats qui traduira le sérieux qu'ils mettent dans leur travail.
«Un comportement unique au Québec»
«Tu ne vois pas ça ailleurs au Québec et en Ontario, des policiers qui dénigrent leur uniforme, qui négocient sur la place publique et qui diminuent le travail!» Mario Harel mentionne que la situation des policiers de Gatinois est «confortable» par rapport à celle de leurs homologues de Montréal, qui doivent remplir des quotas.
Il ne veut pas aller jusque là, mais il espère que les policiers comprendront que le gros bon sens prime. «Nommez-moi une entreprise qui n'a pas d'indicateurs de performance pour voir?! Donner des constats d'infraction, ca ne se fait pas juste quand ça va bien, c'est en tout temps. On ne peut pas mettre ça de côté parce qu'il y a un arbitrage!, tranche Mario Harel. L'émission de constats n'a jamais été un sujet populaire, mais nous recevons 700 plaintes de vitesse par année, alors il faut faire la job!»
Mario Harel conclut en disant que les comportements des conducteurs de l'Outaouais sont assez problématiques et doivent être punis. «Ça prend des lois parce que les gens ne respectent pas la sécurité routière: dans les zones de 50 km, les feux rouges c'est épouvantable, les arrêts Stop et un autre poison, la sécurité des piétons. La clef du succès est de modifier les comportements des gens, mais ça prend du temps. Ça prend quelqu'un qui reçoit un billet d'infraction et qui en parle à ses proches et qui les sensibilise…»