La dualité de l'âme de Manon D'Inverness en chansons
L'ouverture d'esprit et les démons angéliques de la chanteuse Manon D'Inverness sont dépeints avec authenticité sur son quatrième album Duel de fous, un feu roulant d'ambiances langoureuses et entraînantes au clavier et de textes coup de poing sur l'amour caméléon.
«Le titre de l'album est large, mais il correspond à l'ambivalence, à la dualité que j'ai en tant que femme, en tant que citoyenne de la Terre, dans ma vie avec les autres», avoue-t-elle. Eh bien allons voir ça…
1.J'aime cet instant: «J'aime beaucoup parler aux femmes dans ma vie et je me suis rappelé que la première fois que tu prends la main d'une fille, juste avant le premier baiser, il y a suspension du temps…», lance Louis Mathieu, qui a écrit toutes les paroles de l'album et qui les a couchées au piano sur la musique de Manon, sa conjointe depuis 15 ans.
2.Ça recommence:«C'est l'histoire classique du vieux couple qui reste ensemble pour les mauvaises raisons, qui ne communique plus», explique Manon. «Elle chante 'J'ai tué l'amour d'un long silence'…; c'est important de garder la communication même si on n'est pas physiquement ensemble», ajoute Louis.
3.Apôtre fou: «Le 1er titre de l'album. C'est le questionnement qu'aurait quelqu'un qui apprend qu'il va mourir et qui remet tout en question. Ça doit être 'freakant' pas mal quand t'as des enfants, une femme ou un mari!» s'exclame Manon. Cette chanson a aussi été l'occasion pour Manon de se demander si Dieu existe vraiment ou si c'est plutôt Judas le traître qui fomente quelque mauvais stratagème dans notre dos…
4.Tant de coups: «C'est ma vie! Et j'adore la musique… Elle me fait réfléchir à chaque fois, elle me fait du bien car j'entends sa détresse. Tu sais, tout le monde travaille fort, a son petit rêve, mais c'est rendu difficile de s'exprimer; on ne réfléchit plus avant de parler et d'écrire! Il y a 'duel de fous' dans cette chanson, c'est moi et ma vie, personne ne peut gagner.»
5.L'amour m'achève: «C'est une histoire que je déteste, sur des gars que je déteste, mais en même temps, je les trouve misérables. Et il y a des femmes comme ça aussi! Ces contrôlants, ces gens qui rabaissent les autres au niveau des chiens. Ça fait des amours malsains et c'est difficile de se quitter... Moi, je ne peux plus endurer ça!», confie Manon.
6.Folle dans ma tête: La toune défoulatoire de l'album. «Y'a une petite folle dans ma tête qui est sortie souvent et qui sortira encore. C'est de l'humour noir sur des airs rock. Je voulais changer des airs de mes précédents albums!» Manon avait peur au début que ce «blast beat» à la Nine Inch Nails du début ne fasse sourciller ses fans, mais les milliers de commentaires reçus sur son MySpace sont plutôt positifs… Ils applaudissent son audace!
7.Toujours trop: «C'est celle que j'écoute le moins, admet Manon. Je suis toujours surprise par sa simplicité et son réalisme. C'est la plus traditionnelle. Ça dit que 'trop c'est comme pas assez', comme s'attendre à quelque chose de l'autre, trop demander, mal contrôler ses émotions…»
8.Quand ça s'arrête: «Du jour au lendemain, ça peut tout s'arrêter pour une raison ou une autre. Tu peux tout perdre et c'est pas sûr qu'il va y avoir quelqu'un pour t'aider», glisse Manon. «C'est très ironique: les couplets réfèrent au matérialisme et le refrain te ramène sur Terre!», ajoute Louis, fier de son coup.
9.Entre tes mains: «C'est mon autobiographie, le mal être que je vis souvent. Cette espèce de dualité au niveau de la fragilité et de la confiance en soi. Je me remets souvent en question, de peur d'être oubliée, de n'être plus rien…» «Ah, les artistes!», ironise Louis, qui lui a écrit cette chanson pour décrire dans quel état elle se trouve quand elle dérape…
10.Lysander fall: Manon et Louis ont choisi de terminer l'album avec un conte inspiré du village natal de Manon, Inverness. «Un jour, j'ai amené Louis visiter les chutes là-bas. Il y a déjà eu un gros village fondé par des Écossais au début de la colonie appelé Cap Charmant. Louis a imaginé un conte, l'histoire d'un marin qui vient rejoindre sa blonde. Mais il y a une tempête et il ne revient pas jamais. Et elle, elle reste aux chutes et pleure. Le petit filet d'eau qui coule dans les chutes sont ses larmes…»