Annonces classées | Enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne
Transcontinental
Info07
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Vous nous prenez pour qui???

Maxime Pedneaud-Jobin par Maxime Pedneaud-Jobin
Voir tous les articles de Maxime Pedneaud-Jobin
Article mis en ligne le 12 mars 2008 à 8:00
Soyez le premier à commenter cet article
Vous nous prenez pour qui???
Cette semaine, le syndicat des policiers et des policières de Gatineau s’est payé une pleine page pour dénoncer les «quotas» qui seraient imposés par la Ville de Gatineau. Évidemment, le syndicat prétend défendre les intérêts de la population. Je crois plutôt que les policiers nous prennent pour des valises et qu’ils jouent à un petit jeu dangereux, surtout pour nous.
«Quotas» et sécurité
Dans les trois premiers mois où les moyens de pression ont débuté, le nombre de constats d’infractions émis par les policiers a diminué de 50%! Quoiqu’en dise le syndicat, ce n’est pas un hasard. Pour contrer ce mot d’ordre syndical, la Ville a exigé un rendement minimal (ce que le syndicat appelle un «quota»). Si l’employé réduit le nombre de contraventions données pour augmenter son rapport de force avec le patron, le patron est justifié d’exiger un rendement minimal, non? Le travail de la «section de la circulation» est essentiellement de donner des contraventions, l’employeur ne peut pas payer les policiers à ne rien faire! Question: avant qu’il ne soit en négociation salariale, pourquoi le syndicat ne dénonçait-il pas les quotas qui existent ailleurs au Québec?

Plus important encore, le nombre d’accidents de la route a chuté à peu près partout au Québec… sauf à Gatineau, et ce, justement l’année où nos policiers ont donné 12 000 contraventions de moins. Durant les deux années précédentes, le nombre d’accidents baissait, maintenant il augmente: cela signifie plus de tôle, plus de blessés, plus de morts. Les policiers sabotent une campagne qui fonctionnait. C’est un très grave recul. Et les plaintes des citoyens contre la vitesse dans les rues s’élèvent encore à 700 par année. Dans ce dossier-là, il n’est pas exagéré de parler de l’irresponsabilité des policiers.
Les salaires
Ces moyens de pression visent, entre autres, à augmenter le revenu des policiers. Parlons-en. Avant les avantages sociaux, le salaire de base d’un policier est de 70 000$. Les policiers municipaux du Québec sont les mieux payés au Canada, à égalité avec ceux de l’Ontario, une province qui a pourtant une capacité de payer 20% supérieure à celle du Québec. Plus encore, tous secteurs confondus, les policiers font partie des salariés les mieux payés au Québec. Ils sont aussi les mieux organisés. Ils ont un syndicat national qui fait face à des centaines de municipalités qui ne font pas souvent le poids face à des policiers médiatiquement agressifs. Résultat: chaque gain fait dans une ville du Québec est vite copié ailleurs. Et c’est évidemment le contribuable qui fait les frais de cette spirale inflationniste.
Dégradant?
Le syndicat affirme aussi que la ville pose un geste «dégradant» pour la fonction de policier en imposant des «quotas». Quand les policiers s’habillent n’importe comment, avec casquette, bottes de chasse, jeans, brassard, etc., ils sont les premiers à diminuer leur fonction. Un policier, ce n’est pas un travailleur comme un autre. Il porte une arme. Il doit s’assurer que les citoyens respectent la loi. Il représente l’État. En se déguisant pour des raisons de conventions collectives, les policiers sont les premiers à manquer de respect à leur uniforme et à leur fonction. Le syndicat des policiers est, depuis longtemps, dans une logique d’affrontement. Les actions qu’ils posent dans la présente négociation nuisent à la sécurité publique, à leur image et à celle de Gatineau. Il faut que ça arrête.

Réagissez à cette chronique en écrivant à : duprass@transcontinental.ca

La question du net

  • Les Olympiques de Gatineau peuvent-ils remporter la Coupe Memorial ?
  • Oui
  • Non

Élections

Liens