On dit souvent qu’une image vaut mille mots… (Photo: Daniel LeBlanc)
L’hiver laissera-t-il sa place au printemps?
La région s’approche du record établi il y a 37 ans
Plus que jamais, l’hiver s’accroche à Gatineau comme partout ailleurs au Québec. Avec la forte tempête qui s’est abattue ce week-end, la septième de la saison, laissant sur son passage pas moins de 51 cm de neige, l’Outaouais a reçu depuis novembre pas moins de 411 cm de flocons. Il ne reste donc plus que 33 cm à recevoir avant d’éclipser le record historique établi en 1971.
Selon le météorologue à MétéoMédia, Réjean Ouimet, la saison hivernale est assez surprenante, même pour ceux qui, comme lui, analysent le tout quotidiennement. «Avoir à la fois des températures au-dessus de la normale dans un hiver, en plus d’une dominante de neige, j’avoue que c’est assez particulier», commente celui qui prédit que la région de Gatineau-Ottawa battra le record de neige sans trop d’effort.
«Il reste encore un peu de temps, et dans les normales, pour votre région, vous recevrez encore une trentaine de centimètres d’ici la fin du mois d’avril», dit-il. D’ailleurs, sur une note plus drôle, le spécialiste de la météo pense que l’hiver que l’année 2008 prouvera qu’il ne faut pas croire le dicton qui dit que lorsque la fête de Pâques est hâtive, le printemps arrive aussi à pas de géant… Selon les dernières données, il y a encore 87 cm de poudreuse au sol.
Le déneigement durera encore quelques semaines… et le budget fond à vue d’oeil
Même si, selon la Ville de Gatineau, le déblaiement des rues s’est très bien déroulé, il faudra toutefois calculer plusieurs semaines encore pour que tout rentre dans l’ordre, selon l’agent de communication Pascal Laplante. «Évidemment, on demande aux gens de ne pas laisser leur véhicule dans les rues, car les déneigeuses ne pourront les contourner en raison de l’espace restreint. C’est une question de sécurité», dit-il. Les cols bleus de la municipalité travailleront sept jours sur sept et un roulement de personnel sera effectué. «Il ne faut par contre pas hypothéquer la santé de nos travailleurs, et il faut saluer leur bon travail», de dire M. Laplante.
Avec toutes ces accumulations, le budget de déneigement de la Ville de Gatineau fond rapidement, au contraire de la neige. La dernière tempête coûtera environ un demi-million$, ce qui fait qu’il ne reste que quelques centaines de milliers de dollars dans les coffres pour couvrir la période qui s’étale jusqu’au 31 décembre. «On ne pourra pas faire le déneigement avec l’argent qu'il nous reste, à moins qu’il n’y ait aucune précipitation», soutient M. Laplante, concédant que le conseil municipal devra se pencher sur la situation.
La Société de transport de l’Outaouais (STO) en a aussi vu de toutes les couleurs pendant 48 heures, et ce, sur la majorité de ses circuits d’autobus. De nombreux véhicules de la compagnie de transport sont demeurés coincés dans la neige et des déviations de parcours ont même dû être établies vendredi en raison d’un accident de la route qui a causé la fermeture du pont Alonzo-Wright.
Selon la directrice des communications et du marketing à la STO, Renée Lafrenière, la soirée de samedi est certainement celle qui a causé le plus de maux de tête aux chauffeurs d’autobus. «C’était tellement enneigé que c’était devenu risqué d’envoyer nos véhicules dans les rues secondaires et les quartiers». Le service a donc fonctionné presque exclusivement sur les grandes artères et fait surprenant, des usagers ont même été reconduits à leur domicile par des employés de la STO dans la nuit de samedi à dimanche, lorsque le service d’autobus a pris fin. Même les policiers de Gatineau ont dû sortir l’attirail d’hiver, soit deux motoneiges et deux véhicules tout-terrain (VTT). On dénombre près de 90 accrochages.