Les élèves de secondaire 5 du cours d’engagement communautaire de la polyvalente Nicolas-Gatineau ont pour la plupart une bonne idée de ce qu’ils veulent faire à l’automne prochain. (Photo: Daniel LeBlanc)
Les joies du métier de conseillère en orientation, version 2008!
On le sait, le mois de mars et l’arrivée du printemps, même si la neige est encore des nôtres cette année, rime avec les dates butoirs pour l’inscription au cégep et dans les collèges. La Revue en a donc profité pour aller rencontrer une conseillère en orientation et en information scolaire de la polyvalente Nicolas-Gatineau, Dominique Demers, ainsi qu’une trentaine d’élèves de secondaire 5.
Depuis quelques années, les conseillères en orientation ont recours entre autres à l’«approche orientante», qui consiste à expliquer aux jeunes quels sont les parallèles à établir entre leurs matières scolaires et leur avenir, et ce, dès l’école primaire. Dans le cadre de ses fonctions, Dominique Demers avoue qu’elle entend de très belles histoires. «J’aime ce que je fais, c’est valorisant et j’ai parfois même des frissons, voire des pleurs», confie-t-elle. Mme Demers apporte cependant un bémol. «Il y a plein de métiers que les jeunes ne connaissent pas et ils sont nombreux à se prendre à la dernière minute».
«Tout est mis en place pour que les jeunes prennent une bonne décision. Par contre, certains ne prennent pas la perche qu’on leur tend», commente Mme Demers, qui ajoute que certains adolescents sont tenaces et ont le goût de se surpasser, alors que d’autres visent moins haut, ce qui est aussi bien. «Les meilleurs vont toujours se placer où ils veulent car c’est l’attitude qui compte avant tout», précise celle qui note, depuis son arrivée à l’école il y a six ans, que les adolescents font de moins en moins de compromis. «Ils ont de plus en plus besoin de savoir ce qu’ils veulent faire», ajoute-t-elle.
«C’est fini le temps où on leur dit quoi faire. Habituellement, quand tu veux, tu peux», dit la conseillère en orientation, qui soutient que c’est souvent le temps d’une simple conversation qu’elle peut détecter les domaines professionnels qui intéressent particulièrement un élève. «Je ne leur cache rien», tient-elle à dire, précisant que les meilleures aptitudes à posséder lorsqu’on pratique un métier comme le sien sont l’ouverture de soi, l’empathie, le non-jugement et surtout, l’honnêteté. Selon elle, l’une des problématiques souvent rencontrées est que les jeunes sont très attirés par le prestige et le salaire, oubliant rapidement que l’on doit gravir les échelons à nos débuts au sein d’un milieu de travail. «Si, par exemple, on se dirige en journalisme, il ne faut pas s’attendre à prendre tout de suite la place de Sophie Thibault à TVA», prévient-t-elle.
Les principaux intéressés, eux, que pensent-ils de tout le processus d’inscription au cégep? «C’est dur, à 16 ans, de savoir ce que tu veux faire pendant 40 ans de ta vie», lance Frédérique Samson, alors que de son côté, Martin O’Neil, est d’avis que plus on vieillit, plus on apprend de nouvelles choses, changeant ainsi nos goûts et préférences. Et un bon salaire, c’est primordial pour les jeunes? Les opinions sont partagées. «Ce n’est pas important si je vais dans le domaine que j’aime», s’exprime Catherine Labranche, alors que l’un de ses collègues de classe, Éric Diotte, pense plutôt l’inverse.
Selon ce qu’a pu constater La Revue lors de son passage dans la classe de Mme Guilmette, les adolescents se dirigent dans des domaines tout aussi variés les uns que les autres. Médecine, santé animale, architecture, cosmétique, sociologie, production télévisuelle, charpenterie, opération de machinerie lourde, enseignement, techniques policières, musique, informatique, génie civil, biotechnologie, animation 3D et éducation spécialisée ne sont que quelques-uns de ceux-là. Plus de 80% des 26 élèves ont une idée précise de ce qu’ils feront au mois de septembre. En tout cas, ils sont unanimes sur au moins une chose: ils ne s’ennuieront pas des études secondaires…