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Le sacrifice existe-t-il encore en 2008?

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 12 mars 2008 à 17:00
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Le sacrifice existe-t-il encore en 2008?
Ça se passe de commentaires…
Le sacrifice existe-t-il encore en 2008?
Le concept du sacrifice, dans le sens de «l'oubli de son confort pour les autres» pour lequel le jeune pompier volontaire André Manseau a donné sa vie, pas dans le sens du maudit voisin fatiguant, tend à s'estomper à mesure que l'humain se cocoone le cocon et que les machines prennent de la place dans notre si fragile humanité…
Des exemples? La Fraternité des policiers du SPVG a allégué la semaine dernière que leur employeur les forçait à donner des contraventions alors que dans les rues, des contraventions se perdent (ce qui nous fait inévitablement penser à l'expression «y'a des coups de pieds au *** qui se perdent»… oui, oui, au cul, comme il devrait s'en donner plus au postérieur des gens qui se foutent des autres sur la route à moitié rétrécie par les bancs de neige). L'histoire nous a appris par la suite que l'employeur n'exigeait rien d'autre que le travail soit fait.

Ensuite, on peut penser aux bénévoles sportifs qui entraînent des jeunes et qui se font crier après par des parents qui sont certains que leur jeune est le prochain Shydeney Croshby ou le futur Philippe Aumont. Remarquez que ça leur coûtera cher de dentiste ou de cadre de porte s'ils veulent les amener au sommet… Soupir. L'art de se tirer dans le pied.

Les pneus d'hiver asteure. Notre bienveillant et omniprésent gouvernement a passé avant les Fêtes une loi qui obligera toute voiture d'être munie de pneus d'hiver dès novembre. C'est une bonne nouvelle. Mais ouvrez vos oreilles au chialage ambiant: il s'en trouvera pour dire que le gouvernement gère tout, que bientôt ils réglementeront l'oxygène, qu'ils sont écoeurés de se faire dire quoi faire et quoi acheter, qu'ils peuvent tuer n'importe qui en dérapant dans l'autre voie bourrée de chars roulant pas croche en pneus d'hiver, que la vie était bien plus simple et belle quand il n'y avait que six clubs… Ouf… imaginez entendre ça dit d'une voix convaincante et pas radicale du tout. Quelle jouissance!

Une autre perle? Les tatas qui ne sont pas foutus d'aider les automobilistes pris dans la neige ou qui ont peur de se faire mal au dos en pelletant l'entrée de pied d'une dame âgée… Vous en connaissez sûrement. À croire qu'ils sont syndiqués même en dehors du boulot, ces antipathiques personnages! Ils ont oublié que tout ce qu'on donne nous revient et que chaque geste épais que l'on pose nous retombera dessus un jour comme une grosse grippe d'homme ou un gros point noir de femme.
Hypoténusons
Pourquoi le sacrifice n'est-il plus à la mode? Pourtant, être reconnu comme un valeureux chevalier a toujours été chouette, non? Qui n'a jamais admiré un gentil policier moustachu et poilu qui venait souffler le remblai des médames ou une gentille demoiselle imberbe qui venait tondre le gazon d'un vieux monsieur qui se balançait en speedo dans son gazebo en rêvant d'avoir trente ans de moins? Moi. Mais bon, ce n'est pas le but de l'exercice.
Hypothèse #1: Ainsi va la vie qui va.

#2: Les gens se disent qu'ils ont eux-mêmes de la difficulté à arriver, temporellement et financièrement, alors épauler son prochain? Pfff, autant crever la gueule ouverte en baignant dans une piscine de fromage à nacho qui empeste!

#3: Le vedettariat: Avec la montée du star-système et des téléréalités, les gens se disent qu'ils peuvent tous être des étoiles et que la meilleure façon d'y arriver est de se concentrer sur leur petite silhouette. Avouez qu'elle choque cette hypoténuse là… Son calcul est ardu!

#4: Contrairement aux couples des années 50 et 60, les gens ne veulent plus piler sur leur orgueil et endurer un peu pour le bien-être de leur famille, enfants compris. Tsé, ça aide des enfants! Non, on veut ce qui se fait de mieux rapidement, au risque de piétiner des zorteuilles chétifs qui ne demandent qu'à prendre du soleil pour arrêter de suer dans des bas de laine.

#5: Nous avons attrapé le cancer de la peur américaine: nous sommes effrayés par l'autre, l'étranger qui pourrait être un tueur en série ou un terrorrrrissssse. Nous voulons terminer au plus ***** (dans le sens de Jésus) notre journée de travail pour se réfugier dans notre grotte ou notre bunker.

Ah et puis trouvez donc une réponse vous-mêmes! Pas juste ça à faire moi vous aider!

Bye.

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