Le chemin du Fer-à-Cheval est la rue la plus problématique, puisqu'il est impossible pour la plupart de ses résidents d'avoir de l'eau potable. (Photo: Marie Pier Lécuyer)
Toujours pas d'eau potable pour des résidences riveraines à Masson-Angers
Un dossier qui ne débloque pas depuis vingt ans
Vingt ans après que l'Association des riverains de Masson ait commencé à faire des démarches pour obtenir le réseau d'aqueduc dans le secteur situé en bordure de la rivière des Outaouais, les propriétés doivent toujours utiliser l'eau de la rivière.
La présidente de l'Association des riverains, Ginette Lemay, soutient qu'il est urgent qu'un système d'aqueduc soit installé dans le quartier qui compte 119 résidences. Le problème se situe surtout sur le chemin du Fer-à-Cheval, qui longe la rivière. «On ne peut pas avoir de puits en profondeur à la plupart des résidences. Plus de 70% des résidents doivent prendre l'eau de la rivière, qui contient beaucoup de bactéries», déplore Mme Lemay.
Selon cette dernière, il est impossible de savoir tout ce que peut contenir l'eau de la rivière. Les résidents doivent donc se procurer de l'eau embouteillée. Mais pour se laver, ils doivent tout de même utiliser l'eau qui provient de la rivière. Résultats: des infections et des maladies se développent chez certaines personnes. Ginette Lemay mentionne entre autres des problèmes d'urticaire et de gastro-entérite. Mais il y a deux ans, deux enfants ont aussi dû être hospitalisés parce qu'ils avaient été infectés à la bactérie E. coli.
D'autres problèmes peuvent aussi survenir, alors que le tuyau qui amène l'eau aux différentes propriétés peut se bloquer. «Ils peuvent s'arracher, être bloqués par du sable et même geler», note Ginette Lemay.
La présidente de l'Association des riverains s'inquiète surtout pour la santé des résidents, même si d'autres problèmes découlent de tout cela, tels que le jaunissement du linge et l'usure prématurée des laveuses, par exemple.
D'autres problèmes peuvent aussi survenir, par exemple lorsque les pompiers veulent s'approvisionner en eau. «Ils doivent aller dans la rivière, mais les boyaux peuvent bloquer à cause du sable ou de ce qu'il y a dans l'eau», avoue-t-elle.
La résidente du quartier déplore donc la situation qui persiste depuis près de vingt ans. «C'est dur à imaginer ce genre de situation en 2008», souligne-t-elle. Elle fait aussi la distinction avec les régions rurales, où les gens peuvent avoir des problèmes avec l'eau qui provient des puits. «Nous, on ne peut même pas avoir de puits.»
Plus de 90% des gens de l'Association ont signé la pétition, dans le but d'avoir un système d'aqueduc dans le quartier. «On est vraiment déterminé à mener tout cela à bien», soutient Ginette Lemay.
Luc Montreuil, conseiller du district de Masson-Angers, avoue appuyer l'Association et croit qu'il est nécessaire d'avoir un système d'aqueduc. «C'est un dossier qui date d'avant les années 1990. Il y a eu des demandes répétées », explique-t-il.
Autrefois, le secteur était considéré comme en dehors du périmètre d'urbanisation et en zone inondable, mais aujourd'hui le quartier n'est plus en dehors du périmètre.
La ville de Gatineau ne veut toutefois pas assumer la totalité des coûts de l'installation d'un tel système. Selon Luc Montreuil, la solution serait de trouver des subventions autant au fédéral qu'au provincial, question de diviser la facture en trois. «C'est certain que Gatineau ne défrayera pas la totalité des coûts, il n'y aura pas d'exception», mentionne-t-il.
Malgré tout, Luc Montreuil donne son appui au groupe dans ses démarches, soutenant que les analyses prouvent que l'eau n'est juste pas bonne. «Ça sent les œufs pourris parfois. Il y a trop de substances en suspension dans l'eau», conclut-il.
Le service d'ingénierie de la ville de Gatineau étudiera les différentes options, suite à des analystes techniques qui seront réalisées dans ce dossier. Ils étudieront aussi les différentes subventions possibles.