Pneus d'hiver obligatoires: avantages et désavantages
Dès le 15 novembre prochain, tous les automobilistes québécois devront se conformer à la nouvelle loi les obligeant à installer des pneus d'hiver sur leur véhicule, et ce, jusqu'au 15 avril.
La loi modifiant le Code de la sécurité routière a été adopté en décembre dernier et obligera les automobilistes à installer des pneus d'hiver sur leur véhicule entre le 15 novembre et le 15 avril de chaque année.
Cette mesure vise à améliorer le bilan routier du Québec. Même si la proportion de gens n'ayant pas de pneus d'hiver diminue, plus de 30% des accidents mortels et graves survenus en 2004-2005 impliquaient au moins un véhicule avec des pneus quatre-saisons.
Les pneus d'hiver présenteraient plusieurs avantages. Tout d'abord, leur caoutchouc conserve l'élasticité jusqu'à -40 degrés Celsius. Ils sont aussi plus adhérents à la neige et l'évacue plus rapidement que des pneus quatre-saisons. Ils réduisent aussi jusqu'à 25% la distance de freinage.
Le propriétaire d'un taxi ou d'un véhicule de promenade immatriculé au Québec ne peut donc pas mettre en circulation sa voiture, le 15 novembre prochain, si les pneus ne sont pas installés. Le règlement s'applique aussi à quiconque offre un véhicule de promenade en location au Québec. Les contrevenants se verront remettre des contraventions pouvant aller jusqu'à 300$.
Pour Denis Laperrière, propriétaire des Pneus Laperrière, l'idée d'imposer les pneus d'hiver obligatoire durant la période froide est tout à fait légitime. «C'est sûr que pour la sécurité, on est content», mentionne-t-il.
Là où il met un bémol, c'est quant à la date, fixée au 15 novembre par le gouvernement québécois. «Normalement, au 15 novembre, 50% des pneus d'hiver sont installés. Ensuite, le reste se fait jusqu'à la fin du mois de décembre», explique M. Laperrière.
L'automne prochain, en plus d'avoir à équiper les véhicules habituels pour le 15 novembre, les mécaniciens devront installer les pneus d'hiver sur les véhicules qui n'en avaient habituellement pas.
Denis Laperrière craint aussi une pénurie de certains pneus. «Où il risque d'y avoir un manque, c'est dans les pneus avec des grandeurs spéciales», avoue-t-il. Il se questionne donc à savoir ce qui va se passer si une personne veut installer des pneus d'hiver pour le 15 novembre, mais fait face à un manque. «Qu'est-ce qu'elle va faire? C'est certain que cette situation-là va arriver et ça vient compliquer les choses.»
Le 15 novembre serait donc trop tôt selon M. Laperrière. «C'est physiquement et moralement impossible», craint-il. La solution serait, selon ce dernier, de repousser cette date d'un mois, pour ainsi laisser un peu plus de temps, du moins pour la première année.