Mélanie Carpentier parlera de son parcours assez ténébreux en Outaouais mardi, le temps de, l'espère-t-elle, aider certains jeunes à faire des choix plus motivants.
Une leçon de détermination signée Mélanie Carpentier
«Si tu veux, tu peux, mais ça prend des efforts.» Voilà un message qui entre souvent dans une oreille avant de ressortir aussitôt de l’autre, sans laisser de trace. Mais quand ces paroles sortent de la bouche d’une jeune trentenaire, qui a connu les gangs de rue, la prostitution et la drogue et qui s’en est sortie, le message prend un tout autre sens.
Mélanie Carpentier n’était pas encore une ado quand un accident d’automobile lui a infligé des séquelles physiques qui ont affecté le reste de son parcours. «Quand j’ai eu mon accident, je me suis sentie isolée et j’ai fait d’eux ma famille.»
«Eux», ce sont les gangs de rue, un milieu qu’elle a fréquenté, les mauvais garçons et toutes les options qui viennent avec. Drogues, prostitution, viols, violence, fraudes, s'en sont suivis.
«Je me suis fait tirer dessus à 17 ans mais la balle a passé à côté, je me suis fait violer, séquestrer, je consommais 3,5g de coke minimum par jour», énumère-t-elle à un rythme si rapide qu’il est impossible de tout noter. Et pas question pour Mélanie de cacher des parcelles de son histoire et d'embellir les mots pour que ça passe mieux aux oreilles de certains: «Il faut parler le langage que le monde comprend», indique celle qui prend la peine de spécifier qu'elle a eu de très bons parents et qu'elle ne vient pas d'un milieu défavorisé.
Si Mélanie Carpentier donne désormais régulièrement des entrevues aux journalistes, c’est parce qu’elle est devenue conférencière, question d’aider des jeunes à ne pas prendre les mêmes chemins tortueux qu’elle a elle-même empruntés dans son adolescence. Conférencière enregistrée, sa compagnie se nomme «Né de nouveau».
«Si après tout ça, je suis encore là, c’est que j’ai quelque chose à faire dans cette vie», croit-elle. Elle aurait pu se taire et passer à autre chose, mais elle a préféré en parler: «Ça donne du pouvoir aux gangs de faire ça (se taire). Moi, j'ai décidé qu'ils n'avaient plus d'emprise sur moi, et je l'ai fait en parlant.» Une vocation qu'elle n'aurait jamais pu envisager, voilà quelques années: «J'avais de la misère à faire un exposé oral!», admet-elle en riant!
Voilà déjà deux ans et demi que le déclic s’est fait pour elle, alors qu’elle a trouvé un modèle positif à suivre, soit Dieu. «On a chacun besoin d’un modèle dans la vie. Moi mon modèle, c’est Dieu», indique celle qui s’est convertie à la religion chrétienne et qui s’est sortie de son enfer grâce à cela. Mélanie n’entend pas pour autant convertir tous les jeunes qu’elle rencontre à la religion. Elle veut plutôt les aider à trouver un modèle positif dans leur vie, et une motivation, ce qu'elle n'avait pas à l'époque.
Pour y arriver, elle a cogné à la porte d’un Carrefour Jeunesse Emploi. «Je leur ai dit: Je suis une ancienne danseuse, une ancienne escorte, une ancienne droguée. Je veux me trouver un emploi ou retourner à l’école», explique celle qui se dit très fonceuse et déterminée. «J'ai réalisé que l'erreur est humaine. Tout le monde fait des erreurs. Et comme on dit, que celui qui n'a jamais pêché jette la première pierre.»
C’est ainsi qu’elle a quitté Montréal, d’où elle est originaire, pour suivre la formation technique en Service correctionnel donnée à La Cité collégiale. Devenue depuis intervenante dans une école secondaire, elle partage son temps entre les jeunes de son école et celle qu'elle rencontre lors des conférences.
Elle sera d'ailleurs en Outaouais, le temps d'une conférence organisée par Centraide Outaouais en partenariat avec des Maisons de jeune de la région, au Ramada Plaza, dans le secteur Hull, le mardi 18 mars de 12h à 13h30.