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Des moments de grâce signés Moran

Dominique Poirier par Dominique Poirier
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Article mis en ligne le 14 mars 2008 à 23:59
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Des moments de grâce signés Moran
«Il n’y a aucune mise en scène», m’avait prévenue Moran en entrevue jeudi, soit moins de 48h avant son spectacle donné à La Basoche, ce soir, en toute intimité. L’auteur-compositeur-interprète ne pouvait pas mieux dire.
Et quoi qu’il en pense, sa prestation n’avait rien de banale. Parlez-en aux quelque 120 personnes qui étaient sur place, certaines le découvrant pour la première fois, d’autres ayant toutes les peines du monde pour ne pas chantonner en chœur les paroles de ses chansons.

Et parlez-en à Alex Lavoie, un jeune auteur-compositeur-interprète de 16 ans, qui est monté sur scène, le temps d’interpréter une de ses compos. Faut dire que Moran avait émis d’emblée le désir de recevoir commentaires et questions à tout moment du spectacle. Une occasion que n’ont pas ratée de saisir plusieurs des personnes présentes, dont une amie de ce cher Alex, qui a demandé si Moran était suffisamment généreux pour laisser sa place le temps d’une chanson. Ouvert à toutes possibilités, la vedette de la soirée n’a pas hésité à prendre place dans la salle.

Et il a du talent ce jeune Alex. On le reverra surement. Mais d’ici là, revenons à Moran. Trois heures de spectacle écourté d’un bref entracte, le temps que celui qui présentait son opus Tabac puisse aller puiser quelques bouffées d’une clope.

Et durant ces trois heures, des moments de découvertes, d’autres de grâce ont remplies La Basoche. Qu’il joue ses propres compositions, ou encore celles des autres (Leonard Cohen, Johnny Cash), c’est toujours la même voix suave qui prend le dessus, celle que d’autres ont affectueusement qualifiée de «voix de chambre à coucher».

Avec cette voix viennent les accords de guitare. Lui qui ne se considère pas comme un guitariste «doué» devra tout de même finir par comprendre qu’il se débrouille très bien et surtout, qu’il en a fait du progrès depuis ses premières tentatives de musicien, il y a à peine deux ou trois ans.

Entouré de Kevin Thomson, son auteur-compositeur préféré qui, si on le croit, deviendra bientôt le nôtre, Moran se laisse guider par l’atmosphère du public et de la salle. Et Thomson le suit, ajoutant ses accords et sa voix à la fois douce et bien présente aux mélodies.

S’il en était à sa première visite à Gatineau, il semble que Moran reviendra bientôt parmi nous. Les quelques aperçus de chansons encore non-enregistrées mais jouées ce soir laissent déjà planer que le prochain spectacle, et le prochain disque, comporteront à nouveau ces moments de grâce qu’on apprécie tant chez un auteur-compositeur-interprète.

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