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«Non, la Croix-Rouge ne s'occupe pas des dons de sang!» - Patrick Boucher

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 20 mars 2008 à 11:31
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«Non, la Croix-Rouge ne s'occupe pas des dons de sang!» - Patrick Boucher
La mission de la Croix-Rouge dépasse parfois l'entendement: de simples citoyens de tous âges s'impliquent bénévolement pour apporter une main secourable à des sinistrés qui, peu importe leur classe sociale, ont besoin de réconfort et d'une oreille attentive quand le ciel leur tombe sur la tête…
Le directeur de l'équipe de la Croix-Rouge de Gatineau, Patrick Boucher, est impliqué avec l'organisme depuis 16 ans déjà. Il est formateur en premiers soins, s'occupe de 27 bénévoles réguliers et de 12 réservistes (sans compter ceux sur la liste d'attente!), et mobilise les bénévoles lors de situations d'urgence provenant de Laval, de Lanaudière, des Laurentides et de l'Outaouais, évidemment. La Croix-Rouge intervient de 30 à 40 fois par année à Gatineau.

Patrick Boucher avoue qu'il chapeaute une équipe de bénévoles rêvée, expérimentée et dévouée aveuglément à la cause des sinistrés. La plupart a déjà traversé les deux ans d'engagement minimum et se tient à jour dans les formations. «Je suis très choyé, j'ai une équipe incroyable, hétéroclite, composée d'une étudiante de 19 ans ou d'un retraité de 70 ans. Le reste est entre les deux!» Patrick voudrait dans les prochaines années que des bénévoles des MRC régionales donnent de leur temps et créent une alliance avec l'équipe gatinoise, question de couvrir le plus de terrain possible rapidement.

«C'est un bénévolat particulier, exigeant, ce qu'on fait n'est pas cédulé. Les bénévoles savent qu'ils ont une réunion mensuelle, qui nous permet de garder le social et de s'amuser un peu, qu'ils sont divisés en cinq équipes et qu'ils ont une semaine de garde sur cinq, du jeudi après-midi à l'autre. Ils peuvent avoir une semaine sans appel ou une avec trois appels, ils peuvent aller sur un feu dans une maison unifamiliale et avoir à s'occuper d'une seule famille, ou aller sur de plus gros sinistres comme ceux du 200, Cité-des-Jeunes, et s'occuper d'une dizaine de familles!, note Patrick Boucher. Et la pagette, ça ne sonne jamais le jour, toujours la nuit! Alors on peut se lever à trois heures du matin et aller travailler le lendemain quand même. Il faut le faire!»

On ne le dira jamais assez, le salaire du bénévole à la Croix-Rouge est la satisfaction du devoir accompli. «Cette satisfaction est instantanée. On le voit dans les yeux des gens; on les soulage d'un poids. En aidant une personne dans une situation très vulnérable, c'est incroyable ce qu'on en retire. Et il faut le vivre pour comprendre comment c'est satisfaisant…»

Le bénévole parfait pour la Croix-Rouge a 18 ans, a un permis de conduire, de l'empathie, une voiture, une capacité d'écoute et peut garder son calme en situation stressante. «On n'est pas là pour sortir les gens du feu ou faire le RCR; on arrive parfois une heure après le début du sinistre. On fait de l'écoute active, on fait comprendre aux gens qu'ils ont du support, car ils vivent une période de désenchantement; ils se demandent ce qui leur arrive, ils sont dans la rue!», de dire Patrick Boucher.

Et quand on est dans la rue, nos priorités et préoccupations changent radicalement, que l'on roule en voiture de luxe ou qu'on crève de faim. Un sinistré est un sinistré pour la Croix-Rouge, sans discrimination. «Ils doivent avoir le sentiment qu'ils ne sont pas seuls; les gens sont désemparés, alors ça prend beaucoup d'écoute, faut leur dire 'Vous avez un endroit où coucher, de quoi manger, on s'occupe de vous. C'est sûr qu'il y a un deuil à faire, on n'en sort pas. Mais avec notre présence, seulement avec une couverture, on peut leur rendre la vie plus facile, affirme Patrick. Et il ne faut pas oublier que ça peut être très émotionnel pour le bénévole aussi. C'est rare qu'on a des décès, mais ça peut arriver.»
Un don – une vie
«Les dons du public sont essentiels, car nous ne recevons aucune subvention du gouvernement. Sans les dons, il n'y a pas de Croix-Rouge.» Patrick précise par contre qu'il est heureux de cela, parce que l'organisme peut agir librement sans avoir de comptes à rendre à personne.
«Une part des dons va directement aux services aux sinistrés: l'hôtel, la nourriture, les vêtements… L'autre partie sert à préparer les équipes.» Chaque bénévole doit suivre quatre cours («secouriste général», «services aux sinistrés 1 et 2», «ressources humaines et logistique») et les responsables des opérations, tels que Patrick, ont trois fins de semaine supplémentaires de formation. Mais comme le boulot des bénévoles n'est pas rétribué, chaque section de la Croix-Rouge s'occupe de rembourser les frais des formations avec tout ce que cela comporte (coucher, bouffe, voyagement). Heureusement que les bénévoles canadiens sont façonnés de la même manière et peuvent intervenir partout!

En plus des formations, Patrick glisse en souriant que les bénévoles sont économes! «On est à l'affût, on est de plus en plus conscient de comment on doit dépenser. Et c'est tellement difficile à ramasser que si on ne fait pas attention, l'argent va venir à manquer… Alors même si on est des bénévoles en intervention, on a le souci de tout ça.»
Infos sur les formations et les possibilités d'implication: www.croixrouge.ca

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