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L’art de se faire dire quoi faire…

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 23 mars 2008 à 13:32
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L’art de se faire dire quoi faire…
La cigarette… un autre exemple, ou victime, de l’art de se faire dire quoi faire!
L’art de se faire dire quoi faire…
Il existe dans notre société des choses tellement absurdes qu’on doit en parler, surtout à Pâques. Pourquoi? Je sais pas, ça adonne comme ça, je n’ai aucune rancune envers Jézu!
Je roulais tranquillement sur l’autoroute 50 vendredi après-midi quand j’ai croisé un de ces panneaux électroniques du ministère des Transports du Québec sur lesquels ils passent des messages style «travaux sur 10 km» ou «5 tonnes maximum dans la voie de droite du pont des Draveurs pour ne pas abîmer la structure davantage».

Cette fois, dans la même lignée que «La route vous parle, écoutez-la», il y était inscrit «Respectez les limites et prévoyez votre itinéraire». À première vue, ça peut paraître banal. Surtout pour le fait de respecter les limites… C’est la seconde partie qui est spéciale.

Je ne sais pas qui a décidé au ministère de pitonner cette phrase sur le panneau, mais il doit être le genre à réinventer la roue. Contexte: nous sommes en hiver, la route est glissante, la température est merdique depuis le début, alors il est normal de ne pas faire d’excès de vitesse si on tient à notre vie. Et pour ne pas filer à toute allure dans une barrière de «slush» à saveur de pneu et de déneigeuse, il est logique de partir plus tôt du point A pour se rendre au point B. Vous pensez pas? Il semble que le ministère n’y ait pas songé.

En 2008, c’est drôle de voir que même le gouvernement nous prend pour des cruches. On dirait un coach de vie qui explique aux gens comment voyager en auto sur les routes québécoises. Et à force de se faire dire quoi faire comme ça, certains risquent de douter de leur propre intelligence! Oh que oui! J’exagère? Non, j’ironise sarcastiquement.

Cet épisode de «Pimp mon cerveau» m’a forcé à établir un lien avec une autre manifestation du «gros bon sens placardé inutilement». Les amateurs des Olympiques de Gatineau (pas celles de Pékin, qui se dérouleront sous fond de scandale) me voient peut-être venir…

«N’oubliez pas d’attendre l’arrêt de jeu avant de regagner votre siège, merci.»

Cette phrase, qui n’est pas du tout dans la famille de «N’oubliez pas de fermer votre téléphone cellulaire» (qui elle, est utile, car elle prévient les oublis), peut être entendue après le premier arrêt de jeu de chaque début de période au Centre Robert-Guertin.

Ce qu’elle dit en clair est que vous devriez faire preuve de courtoisie et ne pas mettre vos fesses dans la figure des spectateurs de la même rangée que vous pendant que Claude Giroux s’échappe et s’apprête à déjouer le gardien du Shawinigan. Le même savoir-vivre que l’on peut déployer avec dignité dans une salle de spectacle.

La différence entre le show et le match de hockey est qu’au show, on ne nous dit pas d’attendre que le premier acte ou la première chanson soit terminé(e) avant d’aller asseoir son steak: les gens le savent. Au hockey par contre, on le clame haut et fort. Les fans de hockey serait-il moins polis? Serait-on en train d’insulter leur intelligence en leur lançant des trucs de ce genre, que tout parent répète à son enfant jusqu’à ce qu’il ait compris? Et aussi pour ne pas qu’il se le fasse lancer par la tête rendu à l’âge adulte…

Ah, mais j’y pense, il y a des enfants aux parties des Olympiques! Je m’agenouille donc, vaincu…

En ces jours où des panneaux et des micros me recommandent chaudement de ne pas oublier ma logique et mes bonnes manières avant de barrer ma porte, je me sens drôle. Il me prend des envies, de lourdes et crues envies.

Oh, voilà la dinde…

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