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Ville verte? Vraiment?

Maxime Pedneaud-Jobin par Maxime Pedneaud-Jobin
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Article mis en ligne le 26 mars 2008 à 8:00
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Ville verte? Vraiment?
Les journaux nous apprenaient cette semaine que Gatineau est une ville plus verte que les autres: bonne qualité de l’air, nombreux espaces verts et moins grande production de déchets qu’ailleurs. De façon générale, les nouvelles sont bonnes. Là où le discours sombre dans le jovialisme farfelu, c’est quand on affirme que Gatineau s’en tire bien pour ce qui est de la dépendance à la voiture.
Pourtant, à Gatineau, 77% des gens dépendent de leur voiture pour aller au travail. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois! Notre dépendance à la voiture n’est pas un succès, c’est une honte. Et en matière d’environnement, la voiture est l’ennemi public numéro un.

Florence Junca-Adenot, professeure en études urbaines à l'UQAM, interviewée par La Presse, déclarait qu’en matière d’aménagement, «Il faut faire l'inverse de l'urbanisme des 30 dernières années». C’est une affirmation très grave qui s’applique à merveille à Gatineau. Pendant qu’on prétend vouloir densifier le centre-ville de Hull, les nouveaux développements poussent comme des champignons à Aylmer. On veut amener des gens au centre-ville de Buckingham, mais on développe la rue Lépine. On veut revitaliser le Vieux-Gatineau, mais on étale le développement résidentiel et on tue les petits commerces à coup de Wal-Mart. L’étalement est un cadeau superbe pour les vendeurs de voitures et pour les promoteurs immobiliers, mais une catastrophe pour les finances de la ville et un désastre pour l’environnement.

Le vrai courage en matière d’environnement consiste à forcer le marché à croître de façon intelligente. Cela veut dire favoriser l’apparition de petits commerces de proximité, limiter l’apparition de grands centres commerciaux loin des résidences, multiplier les types de logements pour que des gens de tous les niveaux de revenus vivent près les uns des autres et, surtout, concevoir la ville en fonction du transport en commun, pas en fonction de la voiture. Selon le ministère des Transports, le boulevard des Allumettières sera déjà congestionné dans trois ans. Si dans dix ans, nous avons un nouveau pont entre Ottawa et Gatineau, il sera presque instantanément congestionné. Arrêtons d’investir dans le béton et diminuons le nombre de voitures sur les routes!

Pour y arriver, il faut limiter ce qu’on appelle le «périmètre urbain», c’est-à-dire le nombre de terrains ouverts au développement. Cela forcera les entreprises à combler les «trous» dans le centre-ville. Cela les obligera à construire un peu plus en hauteur. Cela favorisera les petits commerces de proximité au détriment des grandes surfaces. Cela diminuera la dépendance à la voiture et l’augmentation de la densité de population permettra à la STO d’améliorer encore ses services.

Dans les semaines à venir, le processus de révision du schéma d’aménagement se mettra en branle à Gatineau. C’est de loin la bataille la plus importante pour celles et ceux qui veulent protéger l’environnement. C’est à ce moment-là que nous verrons si Gatineau a le courage d’être une ville vraiment verte.

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