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La conciliation travail-travail de Joseph De Sylva

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 11 avril 2008 à 6:15
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La conciliation travail-travail de Joseph De Sylva
Joseph De Sylva et ses deux outils de travail dont il ne se sépare jamais pour concilier ses deux jobs de conseiller municipal et d'agent immobilier: ses BlackBerry! (Photo: Patrick Voyer)
La conciliation travail-travail de Joseph De Sylva
Le boulot de conseiller municipal ne s'apprend pas sur les bancs d'école et il n'y aucun guide qui énumère les règles à respecter. Surtout pas pour Joseph De Sylva, qui depuis quelques mois combine son travail de conseiller à temps plein avec celui d'agent immobilier à Maison3d.com grâce à un sens aiguisé de l'organisation… qu'il a appris dans un cabinet de ministre!
«Il y a beaucoup de gens qui me demandent si j'ai lâché la politique ou si je vais lâcher, lance le conseiller du district Du Versant en souriant. Je leur dis que non, que je fais les deux! Je suis dédié à la politique à 100%, à temps plein.»

Joseph De Sylva a gradué le 14 décembre de son cours d'agent immobilier, une nouvelle qui en a fait sourciller quelques-uns… «J'avais pris un congé sabbatique de cinq ans du gouvernement fédéral. Ensuite, j'ai dû faire un choix: retourner ou démissionner. J'ai démissionné. Mais comme rien n'est acquis dans la vie, en politique surtout, j'ai décidé de me recycler en agent immobilier. C'est une assurance pour moi, car en 2009, je vais demander un autre mandat à la Ville de Gatineau.»

Et pourquoi agent immobilier? «J'ai regardé où je pouvais me recycler au cas où il m'arriverait de quoi, confie-t-il. J'ai trouvé que cette fonction ressemblait à celle de conseiller, dans le sens qu'il n'y a pas d'heures fixes: c'est 7 jours sur 7, presque 24 sur 24, disons du 16h par jour et les fins de semaine. Je me suis dit que je pouvais la jumeler avec mon autre fonction. De plus, dans l'immobilier, tu es entouré de gens et ça, c'est ma passion. Dans les deux emplois, tu es en communication avec les gens et mon devoir dans les deux est de voir leur sourire alors qu'ils me disent qu'ils sont satisfaits.»

Jusqu'à maintenant, le conseiller-agent a vendu au moins quatre propriétés et s'occupe d'une dizaine de familles qui recherchent des maisons spécifiques.
Le secret?
Joseph De Sylva l'avoue, son secret réside dans une invention fort prisée des hommes d'affaires: le BlackBerry, un petit bidule technologique qui sert à la fois de téléphone, de courriel et d'agenda. «Je suis comme un cowboy, mais au lieu d'avoir des fusils à la ceinture, j'ai deux BlackBerry», dit-il à la blague.
Oui, deux. Un pour le conseiller et l'autre, qu'il s'est évidemment procuré par ses propres moyens, pour l'agent immobilier. Les deux peuvent sonner à tout moment et recevoir des messages (par exemple, au hasard comme ça, des plaintes de citoyens concernant le déneigement…) Qu'il soit en commission à la Ville ou en train de travailler sur un dossier de vente, Joseph De Sylva est armé de ses deux acolytes à boutons de 7h à 22h, minimum.

«En te parlant, ça peut vibrer et je vais vérifier. Ce n'est pas irrespectueux, parce que si l'appel ou le message est urgent, après la conversation, je vais m'occuper de l'urgence. Quand ça sonne, je dois regarder ou répondre. Je ne suis pas capable d'attendre, car je suis toujours accessible. S'il y a un problème avec la Ville ou avec un citoyen qui veut me rencontrer ou un client qui veut avoir une visite, c'est maintenant que ça doit se faire!»

«Je réussis à jongler avec les deux, car j'ai des outils pour le faire. Et le plus clair de mon temps, je le passe dans ma voiture pour rencontrer des gens. Et si des gens m'appellent pour maison3d, je vais au bureau et je prends rendez-vous en fonction de mon agenda.»

Joseph De Sylva utilise un agenda pour ses deux jobs. Il prend ses rendez-vous comme il trie ses papiers, c'est-à-dire avec minutie, et s'organise pour ne pas s'ennuyer dans une journée! «Quand je suis sorti de l'hôpital, je m'étais dit que je roulerais moins vite, vu que la vie ne tient qu'à un fil. Mais maintenant, je comprends ceux qui m'ont précédé, et pour qui j'avais beaucoup de respect, qui me disaient: 'Jo, quand t'es pris dans une machine comme ça, tu vas continuer jusqu'à ce que ton corps te dise d'arrêter'. Et là, à l'aube de mes 50 ans, mon corps ne m'a rien dit. Au pire des pires, je rendrai l'âme en faisant ce que j'aime.»
Essayez d'arrêter le train!
Tenter de stopper Joseph De Sylva de travailler et de s'impliquer équivaut à essayer d'arrêter un TGV avec un filet de pêche… La preuve: malgré deux emplois et malgré qu'il revienne de vacances, il respectera toujours sa règle du 24h, qui consiste à répondre aux demandes ou commentaires des citoyens de son quartier dans les 24h suivant la réception.

«Quand les gens sont rendus à nous, ça veut dire qu'ils sont passés par le 3-1-1, par le 'système'. Ils se rendent à la dernière ressource: le conseiller. Alors quand ils sont rendus à moi, je dois leur répondre en dedans de 24h, car tu deviens l'oreille, la personne qui doit répondre à leurs frustrations, leur panique. Et tu dois résoudre le problème, si c'est possible.» Et le conseiller n'est pas du genre à se gêner pour répondre aux gens sur le ton que ces derniers emploient avec lui et il ne leur dit pas qu'il va régler le problème s'il ne peut pas!

«Ça prend seulement de l'organisation, poursuit-il sur ce sujet. Je défie un citoyen de m'appeler et de me demander de sortir un courriel qu'il m'a envoyé. Je peux lui sortir. Bon, bien sûr, je suis humain, je peux faire des erreurs, mais je le défie de me dire que je ne lui ai pas répondu! Tout est classé par rue dans mon courriel.» Il possède deux ordinateurs à la maison: un personnel et un autre qui est branché sur le serveur de la Ville. C'est avec ce dernier qu'il passe parfois plusieurs heures à répondre aux messages. Son record: 169 en six heures…

En cumulant deux fonctions, Joseph De Sylva n'a cependant pas eu le choix de couper quelque part. «Oui, j'ai réduit mon temps de bénévolat. J'étais président du Festival jeunesse Outaouais, j'étais sur le c.a. de Merveilles de sable, président du c.a. de la Fondation canadienne du rein et j'étais sur d'autres comités… Mais maintenant, j'accepte des présidences d'honneur, comme lors de la campagne de financement annuelle de la Fondation québécoise du cancer (son père en est décédé et sa sœur de 37 ans en est atteinte) et lors de la Marche pour l'autisme (le fils d'une de ses grandes amies est autiste, mais a très bien réussi dans la vie grâce entre autres à l'appui de la population). Je suis aussi sur le comité de la parade 'flyée' des machos qui donnera un coup de main pour le cancer du sein en septembre.» Il participera aussi en compagnie de différents membres des médias cet été au Défi têtes rasées de Leucan.

«Mes enfants sont partis de la maison et je suis divorcé depuis longtemps, alors je peux me concentrer sur mes passions, soit le travail et mon amie Sylvie… qui est très compréhensive», glisse Joseph De Sylva d'un air serein.

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