Madeleine Robitaille, une auteure intense
Madeleine Robitaille n’est pas une auteure qui est du genre à préférer un style littéraire ou un autre. Ce qu’elle cherche à faire ressortir de ses livres, c’est l’intensité qui peut exploser de la bonne phrase et du mot juste.
«Je veux que le lecteur soit écœuré si c’est écœurant, je veux qu’il ait peur si c’est effrayant et je veux qu’il pleure si c’est triste. (…) Dans chaque histoire, il faut une bonne combinaison entre l’action et le côté psychologique des personnages pour donner des scènes intenses. J’aime beaucoup exploiter les sentiments des personnages pour arriver à faire ça», affirme l’auteure originaire de Mont-Laurier dans les Laurentides.
Pour cette écrivaine chevronnée qui a la passion des mots depuis toujours, tout peut devenir le début d’une histoire. «Je commence à écrire quelque chose et je ne sais pas toujours comment ça va finir. Je fais confiance aux personnages», affirme Mme Robitaille. Pour son deuxième roman, Les Orphelins du lac, elle s’est inspirée d’une simple pluie de printemps. Pluie qui devient un véritable orage, dans tous les sens du terme, lorsque qu’une femme battue, un vieil homme, deux orphelins et un père de famille se retrouvent comme par hasard au bord du Lac Guérisseur. C’est un endroit soupçonné d’avoir de mystérieux pouvoirs…
La température n’a pas été la seule inspiration de Mme Robitaille. Dans un livre où les cinq héros ont vécu un deuil récent, les thèmes de la mort et de la vie après la mort reviennent souvent. «C’est très mystérieux la mort et ça m’intéresse beaucoup. Bien sûr, personne ne sait ce qu’il y a après. Le deuil est un sujet lourd, mais je ne me suis pas investi dans ce projet à la légère non plus. J’ai mis beaucoup de mes propres croyances dans ce livre», dit l’auteure.
Madeleine Robitaille écrit constamment. Elle a toujours quelques projets en suspens. Pour Les Orphelins du lac, il lui a fallu deux ou trois mois pour écrire le premier jet. Pour le peaufiner, ce fut beaucoup plus long. «Pour moi, c’est très important que l’histoire se tienne. Je suis toujours en train de revenir en arrière pour améliorer ou pour changer des choses dans les chapitres précédents. Il faut que le lecteur ait envie de lire jusqu’au bout. Je prends le temps de bien organiser mon livre.»
Également auteure d’un récit d’horreur avec son premier livre (Le quartier des oubliés), Mme Robitaille affirme que son écriture a beaucoup évolué entre la rédaction de ses deux œuvres. «Mon écriture s’est fait plus facilement avec la rédaction du deuxième livre. J’ai aussi mieux géré mon temps pour pouvoir écrire. Ça représente beaucoup de travail», dit-elle.
S’il y a un auteur qui gagne l’admiration de Madeleine Robitaille, c’est Stephen King. «Il écrit de manière à faire plonger le lecteur dans l’univers de son histoire. Je ne peux pas me vanter d’être aussi bonne écrivaine que lui, mais je m’efforce aussi de captiver le lecteur. J’écris de manière simple parce que je n’aime pas beaucoup les explications trop laborieuses. Je veux garder le lecteur en haleine. Écrire, c’est tout un art.», affirme l’auteure.
Madeleine Robitaille sera au Salon du livre de Québec les 19 et 20 avril prochains, puis au Salon de Montréal en novembre.