Le testament de Beethoven joué en intégralité par l'orchestre symphonique de Gatineau!
Le chef d'orchestre Yves Léveillé réalisera le rêve de tout mélomane les 2 et 3 mai, alors qu'il dirigera cent musiciens des Orchestres symphoniques de Gatineau et du Conservatoire ainsi que 175 choristes pour offrir la 9e Symphonie de Beethoven – L'hymne à la joie, en l'église St-Jean-Marie-Vianney.
Cette œuvre, que plusieurs considèrent comme la perle musicale de l'Occident, clôturera en beauté la première saison de l'Orchestre symphonique de Gatineau. Une série de quatre concerts qui aura permis au public de vivre des émotions variées entre la comédie et la chair de poule avec Nathalie Choquette, Marie-Michèle Desrosiers, Noël Samyn, Jean-Marie Zeitouni et là, Beethoven. L'événement soulignera aussi les 40 ans du Conservatoire de Gatineau. D'ailleurs, le champagne coulera lors d'une cérémonie spéciale, qui aura lieu sous chapiteau le 3 mai. Finalement, il s'agira du dernier spectacle dans cette enceinte religieuse, qui sera bientôt fermée.
Pour toutes ces raisons, Yves Léveillé invite la population à s'approprier son orchestre! Surtout qu'il sera accompagné par le Chœur classique de l'Outaouais, le Chœur de pomme de la Petite-Nation et le Chœur du Conservatoire! Les solistes originaires de la région Pascale Beaudin (soprano) Renée Lapointe (mezzo-soparano), Steve Michaud (ténor) et Luc Lalonde (baryton) se lèveront quant à eux lors du quatrième mouvement de cette 9e Symphonie, qui avait été présentée au Théâtre du Casino il y a quelques années.
Yves Léveillé a dirigé les 5e, 6e, 7e, 8e et s'attaque maintenant à la plus célèbre d'entre toutes. «Je suis tellement excité de diriger cette œuvre que je travaille avec le Chœur depuis janvier et avec l'orchestre depuis février! C'est un rêve pour moi, car c'est la synthèse de la vie de Beethoven, une œuvre qui a tellement de couleurs différentes; on y retrouve de la contrebasse et du picolo en même temps ou une petite marche turque avec triangle et grosse caisse!»
Beethoven a écrit cette symphonie douze ans après ses huit premières… qui lui avaient aussi pris douze ans à créer! Il s'est inspiré du poème de l'écrivain allemand Schiller, Ode à la joie, texte qu'il avait lu trente ans auparavant! Le compositeur avait toujours démontré l'intérêt de coucher de la musique sur ce poème. «C'est aussi la première fois qu'il insérait un chœur avec quatre solistes dans une de ses symphonies», explique Yves Léveillé.
Beethoven était également un précurseur, car il a changé le menuet (danse traditionnelle baroque en trois temps) pour un scherzo (composition plaisante et divertissante) et sa finale est le premier 4e mouvement pour symphonie qui a été écrit; à l'époque, ces œuvres ne comportaient que 3 mouvements. Ironiquement, c'est cette portion de la symphonie de 63 minutes qui l'a rendu si classique!
Un hymne à l'amour
Renée Lapointe a interprété la 9e Symphonie la fin de semaine dernière à Vancouver. La mezzo-soprano était donc en bonne position pour parler de l'énergie qui s'en dégage. «Il y a beaucoup d'amour, c'est festif. Tout au long des trois premiers mouvements, tu vois les gens réagir, ils ont hâte, et quand le 4e arrive, c'est comme une grosse fête! Ça fait sauter le bouchon!», lance-t-elle en riant.
Bien que les solistes n'interviennent qu'après 40 minutes pour le dernier droit de 23 minutes que dure L'hymne à la joie, Renée Lapointe estime que d'être assis à un mètre des musiciens et de recevoir toute cette musique au cœur est une bénédiction, une volupté, un appel du divin pour la paix dans le monde. Un sentiment que Beethoven voulait injecter dans toutes les âmes qui écouteraient son ultime création.
Comme le souligne Yves Léveillé, dommage qu'il soit parti si tôt, car il aurait poursuivi sur cette lignée céleste…
Billets (30$ adultes et 15$ étudiants) au 819 243-2525, en ligne sur Ovation ou à la billetterie de la Maison de la culture. Le concert aura lieu les 2 et 3 mai en l'église St-Jean-Marie-Vianney, 160, rue Bruchési, secteur Gatineau.