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Sévère jugement du bilan des libéraux en matière de lutte à la pauvreté

Daniel LeBlanc par Daniel LeBlanc
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Article mis en ligne le 15 avril 2008 à 15:10
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Sévère jugement du bilan des libéraux en matière de lutte à la pauvreté
Ce n’est pas Jean Charest qui avait convoqué les médias pour une conférence de presse, lundi à Gatineau, mais bien Jean Share-it Charest. En effet, le Collectif régional de l’Outaouais pour un Québec sans pauvreté a lancé de nombreuses flèches au gouvernement libéral, jugeant que le bilan de celui-ci est loin d’être rose en matière de lutte à la pauvreté au cours des cinq dernières années.
Selon l’organisme, la mission du gouvernement en place n’est plus de partager la richesse, mais bien de partager la pauvreté, de là la parodie du nom du premier ministre (Share-it). Malgré l’adoption d’un Plan d’action gouvernemental en matière de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, la situation ne s’est pas améliorée selon les responsables du CRO.

En ce qui concerne les salaires, par exemple, il est en moyenne de 38 800$ pour les travailleurs canadiens, mais il se situe à 16 640$ pour une personne payée au salaire minimum. Au Québec, environ 130 000 salariés se contentent du salaire minimum, soit 8$ de l'heure, mais celui-ci passera à 8,50$ le 1er mai. Les membres du CRO se moquent d’une telle hausse et soutiennent que celui-ci devrait être fixé à 10,16$ pour être en mesure d’atteindre le seuil du faible revenu, surtout que la province voisine, l’Ontario, désire hausser ce même salaire à 10,45$ d’ici 2010.

«Votre bilan par rapport à la lutte à la pauvreté n’est pas fort, M. Charest», de dire une travailleuse et mère monoparentale, Lucie Hudon. De son côté, la représentante des organismes de charité, Nicole Labelle, a rappelé que le nombre de repas servis à la Soupe populaire de Hull, par exemple, est loin d’avoir diminué. En 2003-2004, on parlait de 29 194, alors qu’en 2006-2007, ce chiffre est passé à 42 385, soit une hausse de 45%.

Le CRO dénonce aussi avec virulence les augmentations de coûts des services publics dans la région. L’organisme juge que la hausse des prix du transport en commun (+14%), de l’électricité (+17%), des logements (+22%) et des garderies (+35%) n’est pas acceptable, compte tenu que le taux d’inflation est inférieur à ces chiffres.

Le Collectif régional de l’Outaouais pour un Québec sans pauvreté poursuivra sa campagne de sensibilisation et d’action jusqu’à l’automne.

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