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Dans l’objectif d’Esther Campeau, sous tous ses angles!

Daniel LeBlanc par Daniel LeBlanc
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Article mis en ligne le 25 avril 2008 à 8:00
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Dans l’objectif d’Esther Campeau, sous tous ses angles!
Esther Campeau a mérité de nombreux prix au fil de ses 23 ans de carrière jusqu’à présent. (Photo: Daniel LeBlanc)
Dans l’objectif d’Esther Campeau, sous tous ses angles!
Native de Ferme-Neuve dans les Laurentides, elle fêtera ses 41 ans dans quelques jours et sa réputation dans le fabuleux monde de la photographie n’est plus à faire à Gatineau, voire partout ailleurs! Plongeons pendant quelques minutes dans la peau d’Esther Campeau, qui a mis la main lors du dernier Congrès annuel de la Corporation des maîtres photographes du Québec (CMPQ) sur pas moins de deux prix, en plus d’être en lice dans la catégorie «Photographe de l’année».
Elle qui a séduit dans les catégories «Portrait d’enfant», en plus de se voir remettre par un membre du jury un ruban coup de cœur, est d’autant plus heureuse ces derniers temps car sa fille aînée, Marianne, 17 ans, était aussi en lice pour le prestigieux prix «Photographe de l’année». Pour la toute première fois de l’histoire, une mère et sa fille participaient en même temps à la compétition. Sa fille a aussi reçu le titre de photographe agréée, en plus de se mériter le prix «Soleil levant», soit la distinction remise à la révélation de l’année, deux rubans pour la créativité et les honneurs dans la catégorie «Portrait d’homme». De plus, l’une de ses œuvres a été admise à la collection permanente de la CMPQ. «Je suis super heureuse. C’est un métier qui s’attrape», affirme la professionnelle en souriant. Son autre fille, Véronique, s’intéresse aussi à la photographie car elle travaille aussi au studio de sa maman, mais préfère le design de mode.

Après avoir vécu toute son enfance dans les Hautes-Laurentides, celle qui provient d’une famille qui s’est toujours passionnée pour la photographie, a elle aussi eu la piqûre. D’ailleurs, son père et l’un de ses oncles en faisaient déjà. Elle a finalement étudié au Collège de photo Marsan, dans la région métropolitaine, avant de déménager en Outaouais à l’âge de 18 ans, puis de tomber littéralement en amour avec ce coin de pays. « Je trouve que les gens sont tellement gentils, cordiaux, faciles d’approche. En plus, ici, les gens sont originaires d’un peu partout», affirme-t-elle.

Par la suite, tout a commencé pour elle car elle a travaillé pour le compte de plusieurs studios de photographie, avant de démarrer sa propre entreprise et de bosser à partir de sa demeure. Depuis une douzaine d’années, son propre studio a pignon sur rue sur la rue Notre-Dame, dans le secteur Gatineau. «À ma sortie de l’école, je me suis jointe à la Corporation, et c’est la plus belle chose que je pouvais faire. Grâce à cela, je ne plafonne pas», dit celle qui confirme que la révolution technologique en photographie a été un peu difficile, mais qu’elle préfère de loin les méthodes d’aujourd’hui maintenant qu’elle les a adoptées.

Même si le tout peut paraître complexe, une séance de photos avec Esther Campeau est un processus relativement simple. D'abord, la photographe consulte une première fois les gens concernés, pour ensuite leur présenter divers albums à partir desquels ces derniers pourront visualiser divers chefs-d’œuvre et choisir le style qui leur convient le mieux. Par la suite, c’est le temps de visiter les lieux et de découvrir quels sont les choix de décors qui sont mis à leur disposition pour les photos. Quatrièmement, une série de questions sont posées aux clients afin de connaître et cibler spécifiquement leurs besoins. C’est à cette étape qu’Esther proposera à ses clients des idées de choix vestimentaires pour la session photo.

Ce qu’elle aime le plus avoir dans son objectif? Des enfants. «C’est plus difficile mais en même temps plus plaisant car ils se laissent aller. Tu sens que le petit ou la petite est dans sa bulle, dans son petit univers», dit-elle. «J’aime aussi les mariages, mais c’est plus stressant, même si je peux m’éclater beaucoup». D’un autre côté, ce qu’elle aime moins, ce sont les photos de type commercial. D’ailleurs, elle n’en fait plus. «Poser des objets qui ne bougent pas, sans émotion, je trouve que ça ne m’apporte rien. Je réfère les gens», ajoute-t-elle.

Le dynamisme, la chaleur humaine, l’enthousiasme, la créativité et la capacité d’adaptation aux technologies sont les aptitudes générales d’un bon photographe, selon Mme Campeau. Par contre, elle apporte un bémol par rapport à ce dernier point. «Si tu es capable d’aller chercher de l’émotion, tu vas être capable de maîtriser le côté technique. L’inverse fonctionne moins, par contre», lance celle qui accueille des stagiaires en photographie chaque année dans son studio. Justement, est-ce qu’elle considère que les étudiants d’aujourd’hui reçoivent une bonne formation? «Oui, je me rends compte que les jeunes arrivent ici et savent beaucoup de choses. Ils ne sont pas complètement démunis. Il y a de bons cours et un bon suivi, surtout à La Cité collégiale», mentionne-t-elle.

Le travail d’Esther Campeau ne l’a pas nécessairement amenée à voyager dans plusieurs pays, au contraire, mais elle garde des souvenirs magiques de son périple dans l’Ouest canadien, il y a quatre ans, où en même temps de prendre part à un congrès national, elle avait aussi participé à un safari photo à Banff, en Alberta. Plus récemment, elle a aussi eu le privilège d’aller à Cozumel, au Mexique, pour y présenter un atelier-conférence ayant pour thème le portrait environnemental. C’est la CMPQ qui a organisé cette croisière, au début du mois de mars, et la photographe gatinoise a pu mettre ses talents à contribution devant une trentaine de ses pairs en organisant une séance de poses de modèles tout juste aux côtés des temples mayas et de la mer. Et à quel endroit dans le monde rêverait-elle de faire aller son flash? «Ce serait en Italie ou en Grèce, car j’aime beaucoup les vieilles architectures, les gros monuments et l’histoire», répond-t-elle.

Ses filles Véronique et Marianne se prêtent volontiers au jeu lorsqu’on leur demande de nous parler de leur mère. D’ailleurs, les deux s’entendent pour dire qu’elles la voient comme une très bonne amie, voire une complice. «C’est quelqu’un qui est toujours énergique et en qui on peut faire confiance», de dire Véronique. Sa fille aînée, Marianne, elle, la décrit comme une professionnelle passionnée. Et ses défauts? «Elle aime contrôler», répondent en chœur et en riant ses deux filles. «Nous sommes toutes les trois pas mal pareilles en terme de caractère», ajoute Véronique.

Et qu’est-ce qui fâche Esther Campeau dans la vie de tous les jours? «Ce qui me fâche, c’est quand il y a de l’abus, surtout si ça se rapporte aux enfants. Je lis des choses quelque fois et je peux pleurer. J’ai oublié de vieillir et j’ai gardé mon âme d’enfant. Mes filles me disent souvent que je suis plus bébé qu’elles», relate-t-elle.

Mis à part la photographie, qui l’occupe passablement, Esther Campeau aime bien l’entraînement physique, se rendre au chalet pour relaxer, visionner des films, écouter de la musique et plonger dans l’univers d’un livre. Elle avoue qu’elle a un faible pour les bouquins qui ont comme thème principal la croissance personnelle. «C’est important dans mon métier. Il faut être toujours de bonne humeur. On ne peut pas faire sourire un enfant sur une photo en faisant la ‘baboune’. Les ondes, ça se transmet aussi», s’exclame-t-elle.

En passant, pour ceux qui ont horreur de se faire prendre en photo, dites-vous que même Esther Campeau, qui détient pourtant le titre de Maître Photographe Émérite, tout comme dix autres photographes au Québec, n’aime vraiment pas se voir sur une photo. Mais que voulez-vous, pour les besoins du reportage, elle a accepté!

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