Occupation massive à venir…
Une occupation massive. Voilà ce que le Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais (CRIO) entend faire pour lutter contre cette itinérance qui touche grandement la région et pour que des fonds soient enfin débloqués en ce sens.
L'activité se déroulera le vendredi 9 mai prochain, dans un lieu tenu secret pour le moment, mais qui s'avère un lieu public, entre 11h et 13h. Une centaine de personnes sont attendues pour l'occasion.
«Le CRIO demande depuis déjà le printemps 2007 à ce que la situation particulière de l'Outaouais soit reconnue et que le financement récurrent pour répondre aux besoins en découle, indique Jenny Villeneuve, coordonnatrice du CRIO. Oui il y a des avancements, mais pour l'instant, il n'y a aucun argent sur la table.»
«On sait que le ministre Pelletier a déposé des demandes au ministre Couillard pour les organismes en itinérance en Outaouais mais il n'y a pas de réponse officielle encore», précise Diane Tremblay, présidente du CRIO.
La crise alimentaire qui touche le globe actuellement n'a rien pour rassurer les organismes: «Avec ou sans cette crise alimentaire, les personnes itinérantes ou à risque de le devenir ont déjà de la difficulté à se nourrir», de dire Mme Tremblay.
Données à l'appui
Les données du dernier recensement, qui est sorti tout récemment, démontrent que l'Outaouais est fortement touché par la hausse des loyers.
De 2001 à 2006, le prix moyen des logements en Outaouais a grimpé de 17%. «Quand on est dans une situation de pauvreté en Outaouais, on est dans une plus grande situation de pauvreté qu'ailleurs au Québec, notamment en raison des logements qui sont très chers et parce qu'on est dans une région très riche», indique Mme Tremblay.
De plus, la hausse du salaire minimum, effective depuis ce jeudi, constitue certes un pas en avant pour les intervenants dans la lutte à l'itinérance, mais ne suffit pas à enrayer le problème. «Le peu de gains qu'on peut avoir est vite rattrapé», laisse entendre François Roy, vice-président du CRIO.
Le salaire minimum passe donc à 8,50$ de l'heure. Mais il faudrait qu'il atteigne les 10,42$ pour que le revenu des employés payés au salaire minimum puisse atteindre le seuil de la pauvreté.