Avons-nous de bons médias?
Chaque fois qu’a lieu une discussion publique en Outaouais, quel que soit le sujet prévu, on aborde aussi la question de la qualité des médias régionaux. Et, à tort ou à raison, c’est rarement pour les vanter. La dernière activité du genre a été organisée la semaine dernière, alors que le Conseil régional de la culture tenait un colloque sur la culture. Voici quelques questions régulièrement soulevées :
Mis à part les moments où un criminel ou un lion sont en fuite, les médias parlent-ils assez de ce qui se passe dans le Pontiac, dans la Vallée-de-la-Gatineau ou encore dans Papineau? Comment se fait-il qu’avec une population de 350 000 personnes, l’Outaouais n’ait droit qu’à la moitié d’un bureau régional de Radio-Canada alors que des régions beaucoup plus petites sont beaucoup mieux desservies? Alors que 80% des lecteurs du Droit habitent en Outaouais, ce journal fait-il une assez grande place à l’Outaouais? Serait-il nécessaire que la région se donne un quotidien bien à elle? Question d’actualité : depuis cinq ans, les cotes d’écoute du bulletin de nouvelles de TQS étaient équivalentes, et souvent supérieures, à celles du bulletin de Radio-Canada… est-ce que la disparition de l’information à TQS nous préoccupe?
Autre phénomène dérangeant, soulevé de temps à autre: la différence de traitement entre les nouvelles d’Ottawa et de Gatineau. Parce que le marché francophone des médias est à 80% à Gatineau, c’est de ce côté de la rivière que les journalistes concentrent leurs énergies à faire de la vraie nouvelle, c’est-à-dire à chercher, poser des questions, et parfois déterrer ce qui va mal. Les médias n’ayant pas les ressources nécessaires pour couvrir avec autant d’intensité l’autre côté de la rivière, ils se contentent très souvent des communiqués officiels des institutions d’Ottawa. Résultats? On a souvent l’impression que c’est la catastrophe à Gatineau et que ça va bien à Ottawa. Est-ce que c’est le genre de couverture médiatique que nous voulons?
La définition même que certains médias donnent à la région n’est-elle pas un problème en soi? Quand on définit la région comme étant «Ottawa-Gatineau», ne sommes-nous pas en train d’agrandir encore le fossé qui sépare l’Outaouais urbain de l’Outaouais rural? Ne rendons-nous pas encore plus difficile la création d’un sentiment d’appartenance à l’Outaouais?
Le travail des médias consiste à porter un regard critique sur ce qui se passe dans la région. Il est bon, de temps à autre, d’inverser les rôles: les gens de la région devraient porter à leur tour un jugement sur le travail des médias. Je lance donc un appel pour qu’une institution de la région organise un moment de réflexion, dès que possible, pour que les gens de l’Outaouais puissent se prononcer sur ces questions. Selon moi, c’est nécessaire. Qu’en pensez-vous?
Pharmacien retraité
Raymond MaguireArticle mis en ligne le 8 mai 2008
Je crois que nous avons de très bons hebdomadaires ainsi que d'excellentes revues bi-mensuelles (Ex.: l'Actualité....) qui nous donnent passablement l'heure juste.Toutefois on ne peut pas en dire autant des quotidiens qui appartiennent tous à de grands cartels de l'information dont les propriétaires font tous dans le genre plutôt conservateur. Sans compter que,depuis l'élection de gouvernements conservateurs (surtout à Ottawa) les nouvelles sont passablement filtrées pour ne pas dire censurées. Avez-vous l'impression,par exemple,que l'on nous donne l'heure juste sur ce qui se passe en Afghanistan ? Et l'on ne parlera pas des limites imposées par Harper au droit d'accès à l'information. Que font réellement les quotidiens pour protester contre cet état de choses ? Je crois que la liberté de presse est en train de devenir un mythe dans notre pays sous prétexte qu'il s'agit de la sécurité nationale ou autre prétexte.