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Recevoir plus que donner avec le bénévolat

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 5 mai 2008 à 16:09
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Recevoir plus que donner avec le bénévolat
La retraite est souvent signe de libération pour plusieurs. Pierre Wagner savoure évidemment la sienne, mais n'a pas cessé de faire du bénévolat depuis qu'il a quitté le marché du travail pour garder la forme et le cœur jeune!
M. Wagner est bénévole au Centre d'entraide aux aînés depuis 13 ans. «Pendant les cinq premières années, j'ai œuvré dans tous les domaines: accompagnement à l'épicerie, à la banque, à l'hôpital, à la clinique. Tu te rends avec eux à leur rendez-vous et moi je les attendais toujours, parce que c'est difficile pour eux s'ils prennent le taxi; le taxi ne les attendra pas, à moins de leur charger pour…», explique le retraité du domaine de l'assurance.

«Après cinq ans, je me suis occupé des journées communautaires. Je vais chercher trois dames à chaque mardi. Elles arrivent à 9h30, font des activités, elles dînent là, et je retourne les chercher à 14h pour les ramener à la maison, poursuit-il. Quand les activités cessent de juin à septembre, tu sens leur déception… et leur joie quand ça revient!»

M. Wagner ne regrette pas un instant de s'être impliqué, car il retire beaucoup plus qu'il peut donner. «Ce sont des dames qui vivent toutes seules, tu t'attaches à elles. Elles ont un revenu modéré mais ne se plaignent pas. Elles ont des valeurs que bien des jeunes n'ont pas! C'est incroyable! À chaque lundi, je pense tout le temps que le lendemain, je vais les voir! Et à chaque mardi, quand je vois Hélène (une des trois dames), je peux pas m'empêcher de lui faire une caresse…», avoue-t-il.

La directrice du Centre d'entraide, Christiane Charron, est fière de pouvoir compter sur des bénévoles attentionnés comme Pierre Wagner, qui écoule paisiblement ses jours de retraite à surfer sur Internet et à s'informer à diverses sources.

«Si tu penses juste donner, t'es pas un bon bénévole, car tu retires beaucoup. Tu t'en vas pas donner, tu t'en vas recevoir. Le salaire, vous l'avez par la réaction de la personne», poursuit Pierre Wagner. «Ils sont bons nos bénévoles!, ajoute Mme Charron. Ce qui m'étonne le plus, c'est que le plaisir qu'ils ont, tu le sens. Et des fois, nos membres nous appellent pour nous dire qu'ils sentent qu'on prend soin d'eux, c'est très apprécié.»

Le Centre rend en effet de grands services aux aînés du secteur Hull. Outre le transport à l'épicerie et aux rendez-vous médicaux, des visites d'amitié, des appels de courtoisie (programme «Bonjour comment ça va»), du support aux familles et aux proches et la fameuse journée d'activités, sont offerts. «On cherche à établir des liens avec la communauté, à prendre part à notre communauté en tant que citoyen», précise Mme Charron.

Pierre Wagner estime que les gens ne devraient pas avoir peur de demander de l'aide pour leurs corvées ménagères ou pour avoir du transport. Car l'objectif principal du Centre est que les gens gardent une certaine autonomie, liée à une qualité de vie maximale.

«On craint de demander, de faire le pas, d'établir des contacts. Mais on ne va pas déranger la personne (le bénévole) en faisant ça, car elle a besoin d'avoir une utilité sociale», glisse M. Wagner.

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