Un pas de plus vers le marché du travail
Le Service Intégration Travail Outaouais (SITO) a remis mercredi soir une soixantaine d’attestations à des immigrants qui ont suivi avec succès les programmes de formation préparatoire à l’emploi (PFPE) et celui de SITO-ADO, réservé aux immigrants âgés de 16 à 30 ans.
«Le changement est plus du côté organisationnel. Ça te permet d’avoir une idée de comment fonctionnent ces gens-là par rapport à toi», explique Mokhtar Camara, un Mauritanien d’origine qui a suivi avec succès le programme SITO-ADO.
Ce programme en est un de 23 semaines, pendant lesquelles dix semaines sont réservées à des ateliers théoriques, suivies de dix semaines de stage. Les deux premières semaines de stage sont réservées à l’observation ou à l’exploration, suivies de deux mois de stage rémunéré. L’apprentissage de la langue anglaise fait également partie de cette démarche.
Le PFPE, donné depuis 1998 en collaboration avec Emploi-Québec et la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO), est quant à lui un programme de six semaines suivies de cinq semaines de stage. «La démarche est axé sur un objectif: se dénicher un emploi et s’y maintenir», résume Josiane Groulx, coordonatrice du PFPE au SITO.
«Tous en ressortent gagnants car ils sont outillés pour faire face au marché du travail québécois et canadiens», affirme Magalie Charles, responsable de SITO-ADO.
Santana Mberi Moussekou et Mergthara Desruisseaux en sont deux exemples, et ont tenu à livrer un témoignage de leur expérience à leurs collègues. «En venant ici il y avait des informations que je n’avais pas et c’est au SITO que j’ai vraiment appris à m’intégrer à la société canadienne et à l’Outaouais», de dire Mme Desruisseaux, originaire d’Haïti.
D’autres ont profité de la tribune pour lancer un cri de cœur aux organismes et aux employeurs: «Cette formation avec certification, sans emploi, elle ne rime à rien. Il faut que les gens soient plus souples, de dire Mokhtar Camara, qui termine actuellement un diplôme universitaire en finance. Certes, les compétences, le savoir-faire sont très importants, mais si vous ne donnez pas la chance à ces immigrants-là, ils ne pourront jamais vous prouver de quoi ils sont capables.»
L’avocat Sylvain Lemyre, du Cabinet Lemyre Valenzula, a d’ailleurs donné l’exemple, lui qui a engagé dernièrement une participante du SITO en tant qu’assistante juridique. «On a accès à une main-d’œuvre qualifiée, motivée et dynamique», a-t-il résumé pour convaincre les autres employeurs de faire une démarche similaire à la sienne.