Le conseiller municipal et président de la Commission sur l’environnement et le développement durable, Patrice Martin, espère que la population gatinoise appréciera ses nouveaux bacs roulants pour le recyclage… (Photo: Daniel LeBlanc)
Gatineau garde sa couleur verte, mais vire au B.B!
La Ville de Gatineau l’annonce depuis déjà plusieurs semaines, et c’est maintenant chose faite: les citoyens disposeront maintenant de bacs roulants de recyclage d’une capacité de 360 litres, baptisés B.B. (bacs bleus) et ceux-ci ont déjà commencé à leur être distribué, à raison de plusieurs centaines par jour. Après le vert, les Gatinois pourront donc ajouter une touche de bleu dans leurs vies!
Le conseiller municipal et président de la Commission sur l’environnement et le développement durable, Patrice Martin, est d’avis que le premier grand défi avec ces nouveaux bacs sera certainement de les livrer dans les délais annoncés, soit en huit à dix semaines. «On a comparé avec ce qui s’est fait ailleurs, et c’est tout à fait dans la norme», dit-il, rappelant que les gens qui seront effrayés par ce nouveau gros objet trouveront toute l’information nécessaire en dessous du couvercle. «C’est fini le tri, on passe d’un système plus complexe à un système moins complexe. Les gens vont surtout devoir s’habituer à manœuvrer le bac et à l’entreposer», dit-il. Au total, ces derniers seront distribués à 60 000 résidences d’ici la fin du mois de juillet.
«En environnement, on peut toujours en faire plus. Peut-être que beaucoup de villes avaient déjà les gros bacs de recyclage, mais elles ne font pas grand autre chose pour l’environnement. C’est dur de comparer entre les municipalités, car l’environnement est un dossier condamné à rester ouvert éternellement», lance M. Martin, qui souligne toutefois que Longueuil a réussi à faire passer son taux de recyclage à 60% grâce à l’implantation de tels bacs. Il soutient que les familles sont un public cible très intéressant en vue de faire de cette nouvelle mesure environnementale un succès. «Les enfants savent souvent plus de choses que leurs parents sur le sujet. Ils sont des ambassadeurs. À mesure qu’on livrera les bacs, on verra les différences entre les quartiers. Ils vivent des réalités sociodémographiques différentes», note-t-il.
M. Martin pense que Gatineau est en avance dans beaucoup d’aspects environnementaux, tels que la conservation et le nombre d’espaces verts, comme le révélait un sondage sur l'état de l'environnement urbain au Québec, réalisé au printemps dernier par le quotidien La Presse et l'Institut national de recherche scientifique (INRS). Mais le conseiller apporte certains bémols, par exemple en ce qui concerne la sécurité des piétons, surtout dans une ère où l’on prie les gens d’emprunter le transport en commun. «Il faut offrir aux gens un environnement où ils ne sont pas gênés d’aller travailler à pied ou en vélo. Il y a des choses à travailler de ce côté-là. Maintenant, quand on construit des rues, il faudra s’assurer qu’il y a des éléments de transport actif», lance-t-il. En ce sens, le projet Rapibus, qui verra le jour dans quelques années et qui allie autobus et piste cyclable, est une excellente nouvelle selon lui.
Lorsqu’on lui pose la question, Patrice Martin n’est pas opposé à l’idée que le recyclage devienne un jour une obligation. «À un moment donné, il faudra interdire aux gens de jeter quelque chose qui aurait pu être recyclé, mais il y a encore beaucoup d’efforts à faire à ce niveau-là», affirme le conseiller municipal, qui ajoute dans un autre ordre d’idées que la limite de six sacs de déchets par résidence (lors de la collecte hebdomadaire) devra probablement être revue à la baisse dans les années à venir.
Dans cinq ans, alors que beaucoup d’idées auront été mises en application, comment Patrice Martin voit-il la ville de Gatineau sur l’échiquier du Québec en ce qui a trait à l’environnement? «Je vois la ville en haut de la norme provinciale. Présentement, ça coûte plus cher de recycler que d’enfouir les matières, mais le recyclage deviendra de plus en plus alléchant économiquement dans le futur», conclut-il.
Une campagne de sensibilisation ainsi que de la publicité dans les médias sont prévus dans les semaines à venir afin que la population s’habitue à côtoyer ces fameux bacs bleus. Rappelons que grâce à leur implantation, Gatineau espère faire passer son taux de recyclage de 35 à 60% d’ici les 18 prochains mois et que les petits bacs verts continueront à être ramassés par les camionneurs jusqu’en 2011. Notons que 1113 citoyens ont refusé qu’on leur distribue les tout nouveaux B.B…