Les élèves de Grande-Rivière ainsi que les responsables de l’organisme Cyclo Nord-Sud étaient bien heureux que près de 90 vélos aient été amassés. (Photo: Daniel LeBlanc)
Pour allonger l’espérance de vie… des vélos!
Les citoyens du secteur Aylmer et d’ailleurs en ville étaient invités, ce samedi, à poser un geste fort simple mais qui aura de grandes répercussions: amener leurs vélos usagés à l’école secondaire Grande-Rivière. Ceux-ci seront expédiés nulle part ailleurs qu’en Afrique, plus précisément au Togo, où ils pourront servir à plusieurs personnes, et ce, pendant encore 20 ans.
C’est l’organisme québécois Cyclo-Nord Sud, fondé par Claire Morissette en 1999, qui récolte ces bicyclettes puis se charge de les envoyer à des organismes communautaires de l’Afrique, parfois même de l’Amérique latine. En amenant leur vélo usagé, les gens devaient du même coup faire un don d’environ 10$ ou plus, selon leurs moyens respectifs, afin d’aider Cyclo-Nord Sud à couvrir une partie des frais de transport par bateau. En échange, on leur remettait un reçu d’impôt équivalent à la valeur estimée du vélo additionnée au don en argent.
C’est le président de l’organisme de participation des parents de Grande-Rivière (OPPGR), Clermont Desharnais, qui a tout d’abord eu l’idée d’organiser une telle collecte à Grande-Rivière, puis les enseignants Isabelle Lemay, Dominic Brazeau et Sonia Gagnon ont aimé l’idée. Les élèves en adaptation scolaire, qui sont tout d’abord demeurés sceptiques au tout début, selon Isabelle Lemay, sont par la suite tombés sous le charme du projet en visionnant une vidéo. C’est ainsi que ceux-ci ont participé activement à la collecte, samedi, en aidant à la réparation et au démontage des bicyclettes, en plus de s’occuper de l’accueil des citoyens et d’avoir veillé à faire de la publicité. «Les jeunes s’impliquent rarement comme cela étant donné leurs difficultés scolaires», de dire Mme Lemay, bien souriante en voyant le travail accompli.
Ces vélos serviront quotidiennement, ce qui n’est pas toujours le cas au Canada. Des exemples? Pour aller chercher de l’eau au puits, se rendre à l’école ou encore pour se rendre cultiver des terres agricoles. Mme Lemay croit qu’il s’agit donc d’une belle sensibilisation à la surconsommation, en plus de montrer aux élèves l’importance de s’impliquer dans la communauté. «Certains vélos sont arrivés ici en excellent état», dit-elle.
Mme Lemay ne sait pas si le beau temps a aidé la cause, mais l’activité a remporté un succès inespéré. Au total, près de 90 vélos ont été amassés, en plus de près de 1000$ en dons.
Mme Lemay affirme que rien n’est décidé quant à savoir si l’activité sera répétée en 2009, car il s’agissait d’une première expérience et les élèves devront être consultés, mais tout laisse croire que le succès remporté risque de donner le goût à plusieurs de récidiver. D’ailleurs, on estime que 75% des groupes qui organisent une telle collecte veulent répéter l’expérience une deuxième fois.
Depuis sa fondation, il y a neuf ans, l’organisme a envoyé au-delà de 22 000 vélos dans 13 pays d’Afrique. Notons que l’humoriste d’origine sénégalaise Boucar Diouf, qui était de passage en Outaouais il y a quelques mois, a accepté d’être le porte-parole officiel de l’organisme Cyclo Nord-Sud. Le conteneur à bicyclettes quittera Montréal vers le Togo pas plus tard que ce dimanche, en après-midi.