Un deuxième corps remonté à la surface à Lac-Simon
Les neuf plongeurs de la Sûreté du Québec ont remonté le deuxième corps du lac Simon vers midi.
Ils se préparent présentement à sortir l’hydravion de l’eau. Pour ce faire, ils installent un treuil et quatre ou cinq sacs de levage qui remonteront l’avion à quinze pieds de la surface de l’eau. Ensuite, les policiers tireront l’appareil jusqu’à la plage de Duhamel ce qui signifie environ deux kilomètres et sortiront l’avion de l’eau.
Le sergent plongeur, André Aubry, espère terminer l’opération ce soir vers 19h. Cependant, rien n’est certain.
«Pour une heure de plongée, les hommes travaillent quinze minutes, explique-t-il. De plus, nous prenons le temps nécessaire puisque le mot d’ordre est sécurité. La possibilité de sortir l’avion demain matin n’est donc pas écartée.»
Rappelons que l’hydravion se trouve à 50 mètres de profondeur et qu’à partir de 40 mètres, les plongeurs peuvent souffrir de narcose à l’azote, mieux connu sous le nom de l’ivresse des profondeurs. De plus, la température de l’eau se situe entre 3 et 4 degrés.
Depuis hier matin, sur la plage, environ une trentaine de membres des familles des disparus pique-nique et attende dont Jean Robillard de Montpellier, le neveu de Philippe Ouimet. On y retrouve également les cinq sœurs et le frère de M. Ouimet.
«Notre frère est décédé dans cet avion, ont indiqué Élisabeth et Thérèse. Pour nous, c’est une délivrance, un jour de joie puisque le deuil a été fait depuis longtemps.»
Son corps sera déposé aux côtés de sa mère au cimetière.
M. Ouimet était accompagné de Gaétan Deshaies, Philippe Hamel et de Tony Chivazza dans ce SeaBee Republic RC-3 le jour de l’accident, il y a de cela 50 ans.
Les deux corps repêchés pour le moment sont à l’état squelettique. On retrouvait seulement un peu de chair sur le thorax.
Les autres corps devraient se trouver dans l’avion. Ils seront retirés lors de la sortie de l’engin.
Guy Morin, celui qui a découvert l’épave de l’hydravion est présent avec les plongeurs. Il lui a fallu dix ans de recherche avant de trouver l’appareil.
«On savait que l’hydravion se trouvait dans le lac Simon puisque des recherches avaient été effectuées, raconte Thérèse Ouimet. D’ailleurs, cet accident est survenu trois semaines avant mon mariage, alors ma mère n’y avait pas assisté parce qu’elle essayait de retrouver son fils. Cependant, la technologie n’était pas aussi avancée qu’aujourd’hui.»
On retrouve également avec les plongeurs, Henry Briaco, propriétaire d’un hydravion identique à celui qu’on retrouve dans le lac Simon.
«Les policiers m’ont demandé d’assister aux opérations afin de donner des conseils pour remonter l’appareil», a-t-il mentionné.
Rappelons que le coroner a pris la décision de sortir l’avion de l’eau pour trois raisons. Tout d’abord, par respect pour les familles. Également, pour permettre l’identification des victimes et finalement par mesure de sécurité.
«Dans le cas de l’Empress of Ireland à Rimouski, cinq plongeurs sont décédés en essayant de découvrir l’appareil. On désire éviter cette situation à lac Simon», a précisé l’agente de communication de la Sûreté du Québec, Mélanie Larouche.
C’est la première fois que la Sûreté du Québec participe à une opération de plongée de cette envergure.