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L'équilibre homme-femme sera-t-il atteint en politique?

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 19 mai 2008 à 16:00
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L'équilibre homme-femme sera-t-il atteint en politique?
Hamida Melouane de l'Assemblée des groupes de femmes d'interventions régionales (AGIR), souhaite que les femmes soient plus présentes en politique municipale. (Photo: Patrick Voyer)
L'équilibre homme-femme sera-t-il atteint en politique?
Les femmes politiciennes de la région de l'Outaouais sont de plus en plus nombreuses, mais l'Assemblée des groupes de femmes d'interventions régionales (AGIR), trouve que la situation peut être encore meilleure!
C'est pourquoi elle organise pour une deuxième fois une conférence pour suggérer des pistes de réflexion aux femmes qui ont le potentiel et les aptitudes pour se lancer dans la vie publique. L'objectif est de préparer ces femmes aux prochaines élections municipales de 2009, le même processus qui avait été réalisé pour les élections de 2005.

La conférence intitulée «Ai-je le profil pour me porter candidate?» sera donnée par Martine Blanc, ancienne conseillère à ville de Montréal et formatrice en développement démocratique local. Le Conseil du statut de la femme et la direction régionale du ministère des Affaires municipales et des Régions, s'allient avec AGIR pour coordonner cette rencontre le 20 mai à l'Hôtel Four Points de la rue Laurier.

En plus de fournir des outils et des trucs pour reconnaître leurs talents de femme active, cette initiative pourrait servir à créer un Réseau de femmes dans le domaine politique, selon Hamida Melouane, d'AGIR. Ce projet serait une suite logique aux efforts déjà déployés pour mieux encadrer les femmes, des efforts qui ont porté fruits. La preuve: en Outaouais, la gent féminine est bien représentée avec notamment Paulette Lalande, Stéphane Vallée, Charlotte L'Écuyer, Jocelyne Houle, Louise Poirier et Denise Laferrière.

«Quand les femmes allaient se présenter, il fallait continuer pour les soutenir et éviter qu'elles se retrouvent perdues dans la nature. Avec ce réseau, les femmes seront soutenues jusqu'aux élections, c'est un beau projet! Il faut juste que les gens embarquent. Car dès qu'elles savent de quoi on parle, elles sont très allumées!», glisse Mme Melouane.

Cette prise en charge consiste en une formation assidue (comme cette conférence), un colloque aux deux ans et un support constant. Un jumelage avec des élues a aussi déjà été expérimenté, mais Mme Melouane croit que lorsque toutes les femmes sont rassemblées et reçoivent toutes les mêmes informations et s'encouragent, les résultats sont probants. «Ce genre de formation peut leur permettre de faire le pas», assure-t-elle, en ajoutant que les conseillères Louise Poirier et Denise Laferrière viendraient saluer les participantes le 20 mai, malgré la réunion du conseil municipal de Gatineau.
Un équilibre
Hamida Melouane espère que la présence des femmes sera un jour aussi forte que celle des hommes en politique. «Je pense que si on constitue 50% de la population, ce serait logique qu'il y ait 50% de femmes dans les instances décisionnelles», lance-t-elle, en ajoutant respectueusement qu'il n'y aura jamais mieux qu'une femme pour comprendre une femme!

«Les femmes ont une manière différente de voir les choses. Je me demande pourquoi il y aurait plus d'hommes pour penser pour nous, alors qu'il devrait y avoir un équilibre? C'est comme dans tout…»
Pour les femmes qui demeurent en région qui ne peuvent se présenter à Gatineau le 20 mai, à 18h30, à la salle Frontenace B à l'Hôtel Four Points, 35, rue Laurier, Hamida Melouane soutient que si elles arrivent à former un groupe de 15 femmes minimum, une conférence pourrait aussi être organisée. Infos: 819 770-0351 ou agir.femme@qc.aira.com.
Investir son capital humain en politique
La formatrice Martine Blanc parle de politique aux femmes depuis plusieurs années et elle le fait de la bonne façon: elle leur fait comprendre qu'avant d'entrer dans l'arène, tout politicien s'est un jour regardé dans le miroir et a identifié ses forces et ses faiblesses.
«Je leur dis qu'on a tous une cause dans la vie. Moi, je rêve du jour où on aura la parité dans nos instances, que ce soit politique ou scolaire», exprime-t-elle d'emblée. Mme Blanc est aussi d'avis qu'avoir plus de femmes au pouvoir ne serait pas une mauvaise chose, surtout que le rôle ultime du politicien est de prendre des décisions éclairées basées sur des enjeux qui touchent tout le monde, pas juste les hommes.

Lors de sa visite en Outaouais, Mme Blanc transformera sa formation habituelle en conférence, durant laquelle elle traitera de divers sujets qui pourront intéresser les femmes qui ont la fibre politique latente. «C'est pour moi l'occasion de parler aux femmes qui sont en train de réfléchir, de leur faire prendre conscience du capital qu'elles ont qu'elles pourraient mettre en politique, glisse-t-elle. Et même pour celles qui y sont déjà et qui se demandent si elles ont les capacités pour monter de palier, ce qui ne s'apprend pas à l'école…»

Martine Blanc note que le point de départ d'une implication politique pour une femme peut être un simple bénévolat, des expériences dans la communauté qui auront forgé leur leadership et qui les auront fait connaître – ce qui est utile quand on sait que ce sont nos actions qui nous définissent! «Ce sont des gens qui sont vite repérés quand arrive une élection, allègue Mme Blanc. Mais la plupart du temps, les femmes ne s'avancent pas d'elles-mêmes; en général, elles vont attendre de se faire solliciter. Moi, je leur fais comprendre qu'elles ne peuvent pas attendre dans leur coin!»
Les quatre as
Le meilleur moyen pour ces femmes de se familiariser avec l'univers pas si broussailleux de la politique est de sortir et se rendre compte que les compétences requises pour présider dans un club social ou sportif sont sensiblement pareilles à celles demandées en politique. C'est ce qu'on appelle le «capital politique», un des quatre as qu'abat Martine Blanc lors de ses conférences.
Le deuxième as est le «capital de leadership»: «On est là pour prendre des décisions, pour prendre la parole. On doit être capable de mobiliser des personnes autour d'une problématique, et pour ça, il faut avoir du leadership, de la capacité de gestion et savoir travailler en équipe», énumère la formatrice.

L'équipe derrière le candidat ou le politicien, le «capital social», est le troisième as. «Ça prend une organisation, car il faut savoir si on a l'aval de la population si on veut attirer un pourcentage majoritaire. Il faut connaître le milieu, car on aura besoin d'un réseau. Alors, il faut se demander comment monter une équipe qui nous aidera à gagner.»

Finalement, le quatrième et non le moindre, le «bébé» de Martine Blanc, est le mentorat. «On se demande quelle est la personne que j'admire le plus en politique, élue ou retraitée, avec qui j'aimerais faire un bout de chemin pour me préparer. Une personne que l'on pourrait accompagner dans la prise de décision en cours de route, pas une personne qui nous dira quoi faire!», nuance Mme Blanc.

«La solution pour aller plus loin est une personne qui a une connaissance du milieu et qui va m'aider à pénétrer un réseau; c'est ce qui est capital en politique!», conclut Martine Blanc.
Se faire confiance
Denise Laferrière est une de ces femmes qui a décidé de faire le grand saut dans la vie politique municipale et qui ne s'en porte que mieux! «Pour moi, c'est le plus intéressant, car on est proche de nos concitoyens et on voit tout de suite les impacts de nos gestes, de nos décisions. On peut toucher les gens continuellement et se concentrer sur leurs états d'âme, qu'ils soient positifs ou négatifs.»
La conseillère du district de Hull confirme qu'il est impérieux que les femmes s'impliquent, surtout depuis la fusion. «Avec une plus grande ville, les femmes sont peut-être plus craintives, elles ont peur que la marche soit trop haute, mais il faut susciter leur intérêt.»

Mme Laferrière pense que ces politiciennes potentielles doivent se faire confiance et aillent puiser dans leurs ressources. «Souvent, ces femmes ont une expertise dans n'importe quel domaine: elles ont déjà travaillé dans le commerce, ont été gestionnaires… Et même si la femme est à la maison, si elle a fait du bénévolat, si elle a appris à organiser des activités, toutes ces habiletés sont transférables en politique!»

«Le premier souci qu'il faut avoir est le bien-être de la population. Et je pense que les femmes ont toujours été au service de leur famille et de leur communauté», conclut-elle.

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