Le conseiller municipal du district Deschênes et fondateur de la Fondation de la Forêt Boucher, Alain Riel, s’affaire à aller planter des pins et des épinettes avec des élèves de l’école secondaire Grande-Rivière. (Photo: Daniel LeBlanc)
Grand ménage du printemps pour la forêt Boucher
Plus d’une trentaine d’élèves de l’école secondaire Grande-Rivière ont donné un grand coup de main aux membres de la Fondation de la forêt Boucher, samedi, alors qu’avait lieu le troisième grand nettoyage annuel du plus grand boisé non-protégé sur le territoire de Gatineau. Résultat: 500 pins et épinettes ont été plantés, en plus du ramassage de cinq tonnes de déchets.
C’est deux élèves de secondaire 4 du programme d’éducation internationale (PEI), Mathieu McConnell-Enright et Justin Belair, qui ont eu l’idée de prendre part à ce «grand ménage du printemps» de la forêt Boucher, organisé par le conseiller municipal du district Deschênes, Alain Riel, depuis mai 2006. Comme service communautaire, les deux jeunes hommes ont aussi nettoyé leur cour d’école, lors du Jour de la Terre, le 22 avril dernier. Chose certaine, ils ont été surpris de constater comment la forêt Boucher peut être polluée à certains endroits, puisqu’une carcasse de voiture a été retrouvée, samedi. «De plus en plus de monde s’occupe de l’environnement, même si on pourrait faire mieux, mais on s’en va dans le bon chemin», affirme Mathieu.
«Il y a beaucoup de jeunes d’Aylmer qui sont prêts à investir de leur temps pour l’environnement et pour embellir leur secteur. De plus en plus, les nouvelles générations sont vertes», a tenu à dire le technicien Éric Labonté, qui, à titre de responsable du recyclage à Grande-Rivière, accompagnait les jeunes dans le cadre de cette activité. À son avis, la jeunesse est aussi très au courant des effets du réchauffement planétaire, et le taux de recyclage du verre, du métal et du plastique est en hausse d’année en année dans cette école. Il n’avait aussi que de bons mots pour le conseiller municipal Alain Riel. «Il met énormément d’énergie de façon bénévole pour améliorer son secteur, et c’est grâce à lui si nous sommes ici aujourd’hui», a-t-il dit.
M. Riel croit de son côté que les gens sont plus conscientisés face à l’importance de la protection d’une telle étendue entièrement naturelle. «Je vois un réel changement depuis un certain temps, après des années d’insouciance. Le message passe et les gens s’approprient de plus en plus la forêt Boucher. Du matériel neuf, on n’en ramasse presque plus», dit-il. «Plus on creuse dans cette forêt, plus on y trouve des petits bijoux», ajoute-t-il, fasciné par le fait qu’on y retrouve entre autres des vestiges glaciaires, formées à la suite de la fonte de deux kilomètres de glace, il y a 16 000 ans environ.
Pour l’instant, la forêt Boucher est détenue par la municipalité dans une proportion de 40%, alors que le reste (60%) est détenu par des intérêts privés. Alain Riel soutient qu’il faut absolument que Gatineau en devienne propriétaire en totalité. «C’est mon opinion. C’est un patrimoine écologique et il faut le protéger à tout prix», dit-il, insistant sur le fait que très peu de villes peuvent se vanter d’avoir un aussi grand espace vert au beau milieu de l’espace urbain. Selon lui, avec sa superficie de 700 acres, la forêt Boucher doit être connue et chérie au même titre que les parcs du Lac-Leamy ou du Lac-Beauchamp. «Ça appartient à tout le monde», lance-t-il, rappelant que de nombreux étudiants viennent y faire un tour durant l’année pour y analyser les fossiles et les vestiges glaciaires.
Au total, depuis quelques années, pas moins de 20 000 arbres ont été plantés dans la forêt Boucher. «C’est le cinquième de l’objectif du maire Bureau pour toute la ville», déclare avec un grand sourire Alain Riel.
Le conseiller municipal confirme d’ores et déjà que cette activité annuelle sera de retour pour une quatrième année, au printemps 2009. D’ici là, les citoyens sont conviés à une importante consultation publique qui aura comme thème les plans de protection et de gestion de la forêt Boucher. Celle-ci se déroulera au Centre de services du secteur Aylmer, le mercredi 4 juin de 15h à 21h.