Annonces classées | Enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Info07
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Revisitons la Genèse et ça presse!

Patrick Voyer par Patrick Voyer
Voir tous les articles de Patrick Voyer
Article mis en ligne le 21 mai 2008 à 21:40
Soyez le premier à commenter cet article
Genèse N° 2. Photo: Anoek Luyten">Revisitons la Genèse et ça presse!
Céline Bolomey dans une des scènes frappantes de Genèse N° 2. Photo: Anoek Luyten
Revisitons la Genèse et ça presse!
S’il y en a encore en 2008 qui croient que l’humain est une petite statuette de plâtre pétrie de bondieuseries et de normalité, Genèse N° 2, le faux-frère d’Oxygène de l’auteur russe Ivan Viripaev qui avait créé une gentille commotion l’an dernier au Studio du CNA, les ramènera sur Terre assez vite et assez raide, merci.
Laissant cette fois de côté ces êtres modernes et absurdes qui manquent d’oxygène, Viripaev et le metteur en scène Galin Stoev nous offrent le récit vrai d’une internée, Antonina Velikanova, qui a découvert le sens de la vie entre ses quatre murs de prison sans geôlier. Elle a écrit de façon extraordinaire une pièce à partir de ses réflexions et l’a envoyée à Viripaev, qui l’a conservée en y ajoutant son humour contagieux et subtil.

Le duo nous entraîne dans une courte et drôle quête de sens, alors que Velikanova incarne la Femme de Loth (celle-là même qui a été transformée en statue de sel pour avoir désobéi à un ordre divin), jouée agréablement par Céline Bolomey, et que son psychiatre, Arkadii Illitch (Vincent Lécuyer – tordant) endosse le prétentieux rôle de Dieu. Les balbutiements du prophète Jean (Antoine Oppenheim – toujours solide) viennent interrompre les «séances» entre la schizophrène et son guérisseur.

Ce trio se meut dans une mise en scène «flashy» et justement décousue comme on les aime. De plus, quand on sait que Viripaev est du genre à nous asséner des coups de pioche sur la caboche, on ne s’étonne pas de voir ces deux larges panneaux rectangulaires sur lesquels les images des acteurs se reflètent. Certes, avec ces lignes que nous sert sur un plateau d’argent Velikanova, nous aussi avons l’impression que notre conscience percute ce miroir qu’est Genèse N° 2.

Pour pimenter ces envolées tantôt poétiques tantôt prosaïques, Galin Stoev a eu l’idée d’incorporer un trio de talentueuses musiciennes (accordéon, violon et violoncelle), qui viennent glisser leurs notes entre les scènes et durant des moments de grande intensité ou de folie passagère. On notera que les acteurs ne sont pas souvent statiques et que leur corps est davantage une pâte à modeler des rires et des rictus qu’un roc.

Avec toutes ces cartes en place, le spectateur peut s’attendre à tout et il n’est pas déçu quand il arrive à saisir toute l’ironie des propos du tandem Velikanova-Viripaev.

Cette ironie se situe évidemment à plusieurs niveaux. Mais ce qu’on retiendra le plus de ce texte est la déconstruction totale des mythes qui entourent la création; Dieu n’est plus ici super puissant, il est un homme qui ne sait pas trop ce qu’il fout, les dingos ne sont pas plus mabouls que leur psy et les prostituées ne traînent pas seulement sur les coins de rue…

Plus de 2000 ans après Jésus-Christ, Velikanova gifle d’un vent glacial nos croyances les plus profondes et doute des vérités les plus enracinées. Et elle ne se gêne pas pour employer les qualificatifs que mériterait notre bêtise si nous étions vraiment… des poissons cons. Allez savoir…

Il est facile de comprendre pourquoi ces observations et ces décharges électriques ont charmé Viripaev: elles n’ont aucune pudeur et témoignent d’une époque où plus rien n’est certain qu’il adore flageller. Avec Oxygène, il avait rit du marathon quotidien que nous courons, alors que maintenant, il essaie d’identifier les convictions qui font de nous des âmes si imparfaites et insatisfaites.

Un must. Ne serait-ce que pour imaginer le visage de la personne assise près de vous quand elle se fait illuminer malgré elle.
À voir et entendre jusqu’à samedi, 20h, au Studio du CNA.

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


La question du net

  • Êtes-vous satisfait des opérations déneigement dans la région?
  • Oui
  • Noin

Liens