Soccer: le manque de terrains se fait de plus en plus sentir
«On est victime de notre popularité, mais il faut avoir les structures pour desservir notre clientèle.» C'est en ces termes que Marc St-Amour, président du conseil d'administration de l'Association régionale de soccer de l'Outaouais (ARSO), résume la problématique que vit actuellement le soccer dans la région.
S'ils sont plus de 9500 joueurs à entamer la saison de soccer en Outaouais, les infrastructures ne suivent pas nécessairement cette popularité.
En fait, le problème se situe à trois niveaux: l'absence de terrain synthétique, le manque de terrains à surface naturelle et l'absence d'un centre intérieur avec de grandes surfaces.
«Quand on a eu la Fonderie, on était en avance sur les autres régions. Aujourd'hui, il faut avouer qu'on a pris un retard. Tout ce qu'on demande, c'est d'avoir une parité avec les autres régions», de dire Richard Gravel, directeur général de l'ARSO.
La Fonderie n'offre que sept mois d'entraînement aux joueurs, puisqu'elle n'est pas climatisée, et ne le sera pas davantage cette année. Elle ouvre donc ses portes le 1er octobre, pour fermer le 30 avril. Par contre, elle se verra dotée d'un ascenseur, possiblement en octobre prochain.
Ce que ce centre multisports n'offre pas non plus, c'est la possibilité de jouer du soccer à 11 contre 11. Les équipes de soccer des autres régions ont commencé depuis plusieurs semaines leur entraînement à l'intérieur, en attendant de pouvoir utiliser les surfaces extérieures. Ce qui n'est pas le cas pour les joueurs de l'Outaouais: «Comment peut-on débuter une saison ainsi et parler de parité entre les équipes?», se questionne M. St-Amour.
Outre le calibre des équipes actuelles, c'est aussi tout le développement du sport qui risque d'en souffrir éventuellement: «Si on veut développer le senior, le AA, le AAA et le récréatif, il va falloir qu'on passe à une grande surface», estime M. Gravel.
Une surexploitation peu profitable
«Sur les surfaces naturelles, on a une sur-utilisation. Il faut pallier à ça. Par l'entretien d'abord, mais aussi en augmentant le nombre. Normalement, un terrain, c'est 15 à 20 heures d'utilisation par semaine, dépendant qui joue», explique le président du c.a..
À ce rythme, plusieurs clubs ne pourraient pas offrir de terrain à leur clientèle: «On a fait le calcul et il nous manquait quelque chose comme 300 heures par semaine pour continuer notre développement», de dire M. Gravel.
M. St-Amour en a d'ailleurs fait le constat en discutant avec différentes équipes: «Certains clubs ont avancé que des terrains étaient utilisés jusqu'à 32h par semaine».
Enfin du synthétique?
«Les surfaces synthétiques sont tellement importantes pour qu'on puisse garder notre cadence au niveau du développement du soccer!», résume Richard Gravel.
Les coûts de telles surfaces approchent les 500 000$, pour un terrain non éclairé. L'éclairage à lui seul coûte près d'un quart de million$.
À l'heure actuelle, les travaux sur le terrain de soccer synthétique de Mont-Bleu devraient débuter à l'automne, pour que les terrains soient fins prêts pour la saison prochaine.
Au-delà des terrains
L'an dernier, l'ARSO a dû refuser près de 500 inscriptions. Non seulement les disponibilités des terrains sont problématiques, mais il est parfois difficile de trouver des entraîneurs qualifiés, principalement pour les équipes de U14 et U16.
«Certains clubs ont comme politique que s'il n'y a pas d'entraîneurs, il n'y a pas d'équipe», d'avouer M. St-Amour.
Il semble toutefois que certains changements aient été apportés au cours de la dernière saison hivernale, notamment en augmentant le nombre de directeurs techniques, qui veilleront davantage au développement des jeunes et des entraîneurs.