Chrystine Brouillet retrouve sa bonne amie Maud Graham
Nouvelles enquêtes avec «Silence de mort»
C'est avec un immense plaisir que Chrystine Brouillet a retrouvé sa bonne amie et complice d'écriture Maud Graham avec son dernier titre en lice, Silence de mort… et nous aussi!
«Graham m'aide à terminer l'écriture du livre jusqu'à la fin, et moi, je l'aide à boucler son enquête», soutient Chrystine Brouillet, qui connaît si bien son héroïne qu'elle a maintenant le plaisir de se concentrer sur l'enquête et les autres personnages. «Je peux donc me permettre de créer d'autres personnages plus complexes facilement puisque celui de Maud est bien défini.»
Cette fois-ci, celle que ses proches surnomment affectueusement "Biscuit" a deux cas à résoudre en même temps. Un jeune homme a été sauvagement tabassé et on retrouve le corps d'un homme près du fleuve avec une balle en plein front et dans sa maison, sa conjointe, étranglée. En cours d'enquête, Maud Graham découvre que le couple n'était guère apprécié dans le voisinage. Trop de bruits, trop de fêtes, trop d'argent. Puis, on soupçonne l'homme d'être lié au monde interlope. Règlement de comptes? Graham a des doutes…
Cette huitième aventure de Maud Graham, son auteure la qualifie de plus personnelle alors qu'elle s'est inspirée d'un fait vécu pour bâtir son enquête. «C'est un roman que j'ai porté longtemps en moi, peut-être le plus longtemps… Alors que j'étais à Paris, j'avais un voisin qui faisait énormément de bruit. J'y ai vécu un véritable calvaire. Si bien que je me suis rendue à l'armurerie du coin pour me procurer des bouchons pour les oreilles. J'étais épuisée et je devais faire pitié puisqu'il m'a proposé que si ça ne fonctionnait pas, qu'il avait tout ce qu’il lui fallait en arrière de lui pour m'aider, en me montrant les armes. Ne me tentez pas, que je lui ai répondu. Mais ça m'a fait réaliser que le bruit pouvait peut-être pousser au meurtre.»
Puis, il y a cette soirée de la St-Jean où les voisins ont souligné le tout allégrement avec un karaoké de 10h à 3h du matin. «Puis, lorsque je suis allée frapper à la porte pour leur demander de baisser le volume, ils m'ont répondu: "Prends une petite bière, puis relaxe"!» Ces deux événements ont suffi pour faire germer l'idée d'une nouvelle enquête qui convenait davantage à Maud Graham qu'à Frédérick Fontaine, l'autre héros de Chrystine Brouillet.
«Je trouve qu'on ne parle pas assez de ce type de pollution qu'est la pollution sonore. Dans la société, il y a de plus en plus de gens qui sont sourds, qui souffrent d'acouphènes. Et on n'ose pas en parler! À quel besoin répond-on en mettant le volume de sa musique à fond?» Comme toujours, Chrystine Brouillet s'est permis de réfléchir à ce phénomène de société en filigrane de l'enquête. «Je crois qu'il n'y a pas meilleur moyen de connaître une société, un pays, son tissu social qu'en lisant ses romans policiers», estime celle qui travaille déjà à son prochain livre qui sera une autre enquête de Maud Graham.
Si l'écriture l'angoisse et qu'elle doute de son talent jusqu'à la remise du manuscrit chez l'éditeur, c'est dans la cuisine qu'elle se rassure! Bonne vivante, Chrystine Brouillet est comblé avec les petits gestes et attentions du quotidien. «Boire un bon thé suffit pour me mettre de bonne humeur, mais un mauvais thé cependant suffit à me déprimer. Je préfère les plaisirs plus modestes. J'aime le champagne, mais en boire tous les jours ne serait plus aussi festif», souligne l'auteure.
Les derniers petits bonheurs en liste pour Chrystine Brouillet… D'abord son prochain bassin dans sa cour qui est sur le point d'être creusé. «J'aime entendre l'eau qui coule, mes chattes qui vont boire l'eau. C'est beau et rassurant…» Puis, il y a la cuisine. Sa dernière trouvaille? Un livre qui s'intitule Petite cocotte, publié chez Marabout. «Le livre est déjà tout collé, c'est bon signe!», s'exclame-t-elle. Puis deux livres qu'elle a lus dernièrement, Quand la lune sera bleue de Martine Solanes et Champagne de Monique Proulx, «deux belles lectures d'été», nous conseille-t-elle.