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«Cruising Bar 2 est un film populaire sans prétention» - Michel Côté

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 28 juin 2008 à 12:00
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«Cruising Bar 2 est un film populaire sans prétention» - Michel Côté
«Il y a quelque chose qui est important de savoir: les personnages, entre la fin de Cruising Bar 1 et le début de Cruising Bar 2, n'ont pas évolué. Là, y'a des événements extérieurs qui arriveront et qui leur feront comprendre des choses en trois jours qu'ils n'avaient pas compris en 19 ans.»
Ce résumé peu exhaustif est suffisant pour Michel Côté, qui se paie une fois de plus un trip d'acteur hallucinant en se métamorphosant en Gérard (le Taureau et le préféré de Michel Côté pour son côté si bon enfant québécois), Patrice (le Lion), Serge (le ver de terre – le préféré du producteur Claude Bonin, qui le prend en pitié) et Jean-Jacques (le Paon).

Les maniaques du film culte de Michel Côté et Robert Ménard n'ont donc qu'à bien se tenir pour cette deuxième mouture. Et cette évolution rapide devrait plaire aux "rares" qui n'ont pas vu le premier, consentent les créateurs… «L'enjeu était élevé, admet Claude Bonin, car il y a beaucoup de fans du 1. À chaque fois qu'il passe à la télé, y'a 800 000 personnes qui le regardent. Alors Michel, Robert et Claire (Wojas, coscénariste et coproductrice) devaient trouver un angle différent car on voulait garder les mêmes personnages et que l'histoire évolue.»

Le producteur de La Florida est heureux de la conclusion que le trio offre aux spectateurs, une fin plus moderne, plus humaine, moins sarcastique que les séances d'arrosage, de boxe matrimoniale, de "sniffage de coke" et de "ramollissement" du premier film. Sans tomber dans le cucu ou le mélo, Claude Bonin estime que la prise de conscience de chacun des quatre fera sourire les gens.

Pour Michel Côté toutefois, le doute demeure. Il espère que le public embarquera dans ce choix et qu'ils suivront la "transformation extrême" du quatuor, qui "allume" en ne commettant pas nécessairement les mêmes erreurs que dans le passé. «C'est plus un documentaire humain et ça va peut-être être un peu moins drôle… mais il y a d'excellents punchs là!», lance-t-il en riant.

Il soutient également qu'il n'y a aucune morale à retirer du film, sinon que dans la vie, il faut avoir les yeux ouverts sur les chances que l'on a. «C'est impossible de plaire à tout le monde. On a fait un film populaire, sans prétention.»
Faisons les présentations…
Claire Wojas n'arrive pas à identifier le personnage qu'elle adore le plus, mais elle est capable de les décrire parfaitement! Voici donc un petit "dictionnaire" Cruising Bar pour vous.
Patrice: «C'est un gars profondément timide qui tue le silence en parlant tout le temps. Il est complètement gaffeur et se retrouve dans des situations où il s'empêtre. Enfin, il a un très grand cœur et c'est un homme positif.» Cet ado de 17 ans dans le corps d'un gars de 57 attendrit Claire Wojas, tout comme le ver de terre.

Serge: «Il n'est pas gratifié par la vie, par la nature, au départ. Il est en éternelle quête d'amour, c'est un être qui n'a pas la gouverne certaine. Il a des déficiences physiques et intellectuelles, on peut pas dire que c'est une lumière… Par ailleurs, il a une telle tendresse et une telle fragilité qu'on tombe en amour avec!»

Jean-Jacques: «C'est un être tellement gâté par la vie qu'il n'a besoin de rien faire pour gagner sa vie. Alors il est un peu vide d'ambition, il pense seulement à lui, il est matérialiste, c'est le paraître au lieu de l'être. Y'a cette contradiction-là en lui et il se demande "Qui je suis?" Il m'impressionne, parce qu'il est d'une telle platitude qu'il doit être difficile d'essayer de survivre là-dedans!»

Gérard: «Il est truculent, c'est un bon vivant, il est jovial, amoral, sympathique, il a des racines qui viennent probablement du terroir car il a le sens de la fête, il a besoin des femmes énormément…» La question est: va-t-il réorienter son plaisir coupable vers un plaisir conjugal?
Le film sort vendredi le 27 juin.

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