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Partager son toit: une possibilité offerte aux aînés depuis 20 ans!

Dominique Poirier par Dominique Poirier
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Article mis en ligne le 8 juillet 2008 à 8:47
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Partager son toit: une possibilité offerte aux aînés depuis 20 ans!
Bernice Murphy, Pierre Thibault et Colette Murray ont tous trois vécu de belles histoires grâce aux Habitations partagées. (Photo: Dominique Poirier)
Partager son toit: une possibilité offerte aux aînés depuis 20 ans!
Depuis 20 ans, les aînés de l'Outaouais, et les plus jeunes, peuvent compter sur un organisme d'entraide qui change leur quotidien pour le mieux, en leur permettant de se trouver un "coloc" et d'ainsi se sentir en sécurité et en bonne compagnie.
«Le jumelage, c'est de permettre à deux personnes qui peuvent s'entraider de se rencontrer», explique Lucille Dussault, intervenante des jumelages aux Habitations partagées de l'Outaouais.

D'avril 2007 à mars 2008, l'organisme a procédé à 136 jumelages. Il y a les "accueillants", ceux qui sont prêts à héberger une personne chez eux pour des raisons sécuritaires, financières, ou simplement pour avoir de la compagnie, et il y a les "demandants", ceux qui se cherchent un lieu de résidence.

«Je suis devenue seule et je voulais avoir quelqu'un pour des questions de sécurité, et je ne voulais pas passer une annonce dans le journal», explique Bernice Murphy, qui accueille chez elle des demandants. En quatre ans, elle a eu trois colocataires. Présentement, un jeune homme de 25 ans partage sa maison, et ce, depuis deux ans. «C'est sécuritaire. T'as une présence dans ta maison, quand t'es là, quand t'es pas là», indique Mme Murphy.

Autant les accueillants que les demandants doivent d'abord remplir un questionnaire de 14 pages permettant de connaître leurs goûts et leurs intérêts. Ils doivent ensuite donner trois références, et leurs antécédents judiciaires sont vérifiés. L'organisme suggère aussi aux deux personnes jumelées de signer un protocole d'entente question de mettre sur papier leur partenariat.

Les jumelages peuvent être temporaires ou à long terme. Certains demandants travaillent dans la région quelques jours par semaine et ne veulent qu'un pied-à-terre. D'autres, étudiants, immigrants, nouvellement séparés ou autres, y voient une façon d'améliorer leur quotidien. Et les personnes âgées y voient aussi des avantages, ne serait-ce qu'un petit coup de pouce quand vient le temps d'ouvrir un pot de confitures!
De belles histoires
Si partager le frigo, le garde-manger et les pièces communes sont la norme chez les personnes jumelées, d'autres y trouvent-là l'âme sœur. Parlez-en à Pierre Thibault et Colette Murray, qui cohabitent depuis plus d'un an et qui sont maintenant devenus un couple.
«J'avais bien de la misère tout seul, admet M. Thibault, qui fêtera bientôt ses 79 ans. Tout seul, dans une grande maison comme ça, c'était plate», indique celui qui a été marié 54 ans avant de se retrouver veuf.

Mais la vie n'avait pas dit son dernier mot. Le destin, (et les Habitations partagées!) l'a mis en contact avec celle dont il dit qu'elle a «le plus beau sourire au monde», Colette Murray. L'avenir ne s'annonçait pourtant pas si clair pour cette dernière: «Au départ, je le prenais comme un patient!», avoue celle qui fait beaucoup de bénévolat et qui voyait là une autre personne qui avait besoin d'un coup de main.

Les points communs qu'ils partagent, dont la danse et la nourriture (elle fait bien à manger et il aime bien manger!) auront tôt fait de les unir. De colocataires, ils sont devenus conjoints de fait!

Des histoires comme celles-là, où l'amour est au rendez-vous, il y en a quelques unes aux Habitations partagées. D'autres plus nombreuses, sont de belles histoires d'amitié et de relations intergénérationnelles.

En 1990, Edna De Beaumont ouvrait son dossier aux Habitations partagées, à l'âge de 74 ans. Ce dossier a été fermé 17 ans plus tard, alors que la dame désormais âgée de 91 ans avait décidé d'aller vivre dans une résidence pour personnes âgées. Entre-temps, elle a vécu avec quelques colocataires, dont un qui a partagé sa maison pendant dix ans.
Une histoire qui dure depuis 20 ans
À la mi-juin, les Habitations partagées de l'Outaouais ont fêté leurs 20 ans d'existence. «À l'époque, en 1988, c'était réservé aux personnes de 55 ans et plus. Ils favorisaient les jumelages intergénérationnels, pour des échanges de services et des questions de sécurité», explique Josée Turcotte, directrice de l'organisme.
Lors de sa mise sur pied, les Habitations partagées de l'Outaouais pouvaient compter sur l'expérience de son homologue ontarien, dont un des organismes était situé à Ottawa, ainsi que sur un groupe similaire tout récemment mis sur pied au Saguenay.

Depuis, d'autres organismes du genre ont émergé dans différentes villes du Québec, et une volonté provinciale d'uniformiser les façons de faire prend vie peu à peu.
Une nouveauté
Depuis un an, les Habitations partagées de l'Outaouais offrent un nouveau service, celui de l'accompagnement.
«C'est pour les gens qui veulent être relogés, explique Mme Turcotte. S'ils cherchent une résidence ou un appartement, on peut aller visiter avec eux, les aider à vérifier leurs finances, etc. Et si une personne veut adapter son logement pour X raison, on l'aide dans ses démarches.»

La majorité des personnes qui utilisent cette aide sont recommandées par le CLSC. Plusieurs de ces utilisateurs sont des aînés qui vivent seuls, ou dont les enfants habitent des régions éloignées. «C'est vraiment de l'accompagnement, ce n'est pas lui dire quoi faire, c'est l'aider.»

Le service, d'abord établi comme projet-pilote, est dorénavant permanent, et les Habitations partagées assurent qu'il est là pour rester: «C'est précieux, ce programme-là. On se bat pour le garder!», admet Mme Turcotte.

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