Une partie des vaillantes préposées au tri du quartier général de la Saint-Vincent-de-Paul. (Photo: Patrick Voyer)
Un gros 175 ans de bienfaits pour la Saint-Vincent-de-Paul
La Société Saint-Vincent-de-Paul est un des organismes les plus âgés de la planète grâce à ses vénérables 175 ans… Mais elle n'a toutefois pas pris une ride et le Comptoir du secteur Hull fondé par Eugène Tassé en 1965 ne fait que rajeunir!
Si on n'entend pas souvent parler d'elle, c'est que la Saint-Vincent-de-Paul fait partie des meubles, comme on dit. Elle demeure souvent dans l'ombre et, tout comme le veut la tradition, fuit les projecteurs pour que ce dernier soit pointé sur les plus démunis.
Comme la mémoire est une faculté qui oublie, le président du Comptoir de Hull, Eugène Tassé (qui exerce présentement son 6e mandat non consécutif à ce titre), rappelle que la Soupe populaire de Hull et la Maison d'accueil Mutchmore sont des bébés de la Société nés respectivement en 1975 et 1999. Deux autres meubles confortables qui font du bien en Outaouais!
La mission de la Saint-Vincent-de-Paul, fondée par l'étudiant français Frédéric Ozanam, est simple: «Le 1er but est la sanctification personnelle du monde, de devenir un meilleur catholique, un meilleur croyant et un meilleur pratiquant. C'est une œuvre de charité qui aide les autres à se sanctionner», explique l'infatigable Eugène Tassé. L'homme d'affaires et bénévole se souvient de la première quête effectuée autour de la table du conseil d'administration, qui avait permis d'amasser… 1,20$! Aujourd'hui, ce montant grimpe facilement à 70$...
«Frédéric Ozanam voulait encadrer le monde dans un cercle de charité et il a réussi», estime M. Tassé. On comprend mieux cette affirmation quand on visite le Comptoir de la Saint-Vincent-de-Paul de Hull, sis au 102, rue Eddy.
Les bâtisseurs des œuvres de la Saint-Vincent-de-Paul dans la région ont emprunté cette philosophie, tout en ouvrant la voie à un concept très populaire aujourd'hui: «Nous avons été les premiers recycleurs de la ville il y a 43 ans, glisse Eugène Tassé. On faisait nos collectes à la porte de l'église Notre-Dame-de-la-Guadeloupe. On disait aux gens "Dimanche prochain, il va y avoir deux camions!" Les gens apportaient des sacs.»
«On s'autofinance et on a financé d'autres œuvres de charité! On est unique, je pense, et on est bien fier de cela», ajoute M. Tassé.
Un édifice impressionnant
Le Comptoir s'étale sur 20 000 pieds carrés sur deux étages, où travaillent 42 personnes. Le rez-de-chaussée offre une gamme de produits de toutes sortes à très bas prix, des produits que la population donne à l'organisme: «Les gens viennent plein de choses ici. Les plus pauvres achètent des vêtements, les autres de l'artisanat, des livres… Pour les gens qui n'aiment pas dépenser trop d'argent, y'a des belles choses pour les enfants, le sport, l'électronique. La seule chose qu'on n'a pas c'est des automobiles!», lance Liliane Zubac à la blague.
Le sous-sol sert d'entrepôt, de réception et de tri. Les camions déchargent leur cargaison et les employés font le triage des articles. Ils les classent ensuite par leur nature: article sportif, jouet, vêtement, objet électrique, etc. Ce sous-sol est immense et contient des tonnes et des tonnes de matériel! Pas étonnant quand on sait que les camions sont sur la route sept jours et deux soirs par semaine. Le Comptoir, lui, est ouvert sept jours et trois soirs.
Malheureusement, Liliane Zubac trouve que les gens donnent parfois des choses qui ne pourront servir à d'autres personnes. Certains trucs brisés, qui ressemblent davantage à des déchets qu'à des articles réutilisables, sont donc jetés au lieu d'être revendus à un coût modique. Donc, avant de vider votre maison, prévient Mme Zubac, vérifiez que vos appareils fonctionnent ou que vos vêtements sont portables!