Le jury devait décider si Gaël Dupont-Davignon était coupable de voies de fait armées sur son collègue Fred Labelle-Binette. Verdict: non-coupable. (Photo: Dominique Poirier)
Une cour d’école… de justice
Quinze minutes après midi, la sentence est tombée: Gaël Dupont-Davignon, 20 ans, a été jugé non-coupable de voies de fait armées sur son collègue Fred Labelle-Binette. Précisions toutefois que toute ressemblance avec des personnes ou des situations réelles ne sont que pure coïncidence.
Car MM Dupont-Lavignon et Binette n’existent pas réellement, ou du moins pas dans cette situation. Ils sont plutôt le fruit de l’imagination des participants au camp Aventures en cour, qui s’est déroulé cette semaine et qui s’est terminé avec un procès simulé, ce vendredi.
La vingtaine de jeunes qui ont pris part à ce camp ont entre 12 et 14 ans. Mis sur pied par l’organisme Éducaloi, ce camp a pour but d’initier les jeunes aux pratiques juridiques.
«Je ne connaissais pas grand-chose, admet Suzie Cloutier, une des participantes. Ce qui m’intéressait le plus, c’était de voir qui avait quel rôle dans une Cour. C’est différent que ce qu’on voit dans les films!»
Suzie avait reçu un rôle de taille en vue du procès simulé, celui d’avocate de la défense. «Maintenant, je sais vraiment comment ça se passe!», indique l’adolescente, qui a compris qu’il ne fallait être ni gêné ni stressé pour effectuer une telle profession.
Les participants ont donc eu droit à un cours en accéléré de ce domaine. Des visites du Parlement et de la Cour suprême étaient notamment à l’horaire de la semaine, en plus de rencontres avec des gens œuvrant à différents paliers du domaine juridique.
Entre temps, il leur a fallu préparer le rôle respectif qu’ils auraient à jouer lors du procès. C’est par le fruit du hasard que les rôles ont été distribués, mais chacun avait une tâche bien déterminée: avocat, procureur, greffier, membre du jury, témoin, accusé ou plaignant.
Bien que le même scénario soit utilisé pour la troisième année qu’est offert ce camp, chaque année, les jeunes doivent bâtir leur défense, leurs questions, leurs contre-interrogatoires et leurs témoignages, aidés d’avocats diplômés. Ceux et celles qui ont la lourde tâche de contre-interroger les témoins ne connaissent pas les réponses qui sortiront de leur bouche, et il leur faut donc user de toute leur débrouillardise pour obtenir un verdict qui rend justice à la situation.
D’autant plus que dans cette Cour, une personne n’avait pas un rôle fictif, mais bien réel. La juge Suzanne C. Tessier, de la Cour supérieure du Québec, a accepté de présider ce procès.
Plusieurs parents et juristes s’étaient également présentés au palais de justice pour assister au procès. «Ce que j’ai vu cette semaine, c’est un groupe de jeunes intelligents, motivés, curieux et dynamiques», a résumé Me Gatien Fournier, bâtonnier de Hull.