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Ça va beaucoup mieux à l'Appart Adojeune!

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 30 juillet 2008 à 16:59
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Ça va beaucoup mieux à l'Appart Adojeune!
La chef d'équipe à l'Appart Adojeune, Dominique Blais, et la coordonnatrice, Jaëlle Normand-Marleau. (Photo: Patrick Voyer)
Ça va beaucoup mieux à l'Appart Adojeune!
Après avoir frôlé la fermeture il y a un an et demi, l'Appart Adojeune est en pleine effervescence depuis ce temps, ayant pu compter sur des subventions salvatrices et des intervenants proactifs.
Nous sommes allés "mettre le dossier à jour", comme on dit, en rencontrant la chef de l'équipe de 13 employés d'Adojeune (intervenants et travailleurs de rue), Dominique Blais, et la coordonnatrice de l'Appart, Jaëlle Normand-Marleau. Nous avons été reçus dans des locaux fraîchement peinturés, rénovés et redécorés, signe qu'un vent de renouveau balaie l'organisme offrant un moment de répit aux ados de 13 à 17 ans.

Oui, 13 ans, alors que l'Appart n'accueillait que les jeunes de 14 à 17 ans avant. «On avait trop de demandes pour des jeunes de 13 ans et on était obligé d'en refuser. Alors, on a fait un changement le 1er juillet», explique Jaëlle. «À 13 ans, ils ont autant de problèmes que les plus vieux avec leurs parents. C'est aussi le début de l'adolescence, du secondaire… Et on remarque qu'il y a consommation de drogue de plus en plus jeune, on a beaucoup de problèmes avec ça», ajoute Dominique.

Autre nouveauté de taille: les intervenants sont présents à l'Appart 24h sur 24, ce qui rend le service encore plus complet et sécuritaire qu'auparavant! La visibilité de l'Appart est également améliorée depuis que Dominique est en poste, car elle ne cesse de faire de la publicité et d'envoyer des dépliants pour maintenir un lien étroit et fort avec les partenaires.

Si tous ces éléments ont passablement changé la donne, la mission première, elle, demeure intacte. L'Appart peut donner un répit à 6 ou 7 ados qui traversent une crise, et ce durant 7 jours maximum. Ces derniers peuvent être référés par d'autres organismes et même par les policiers, qui ont eu vent que leurs parents voulaient les jeter à la rue après une chaude dispute. «C'est pour les jeunes qui ont des difficultés familiales, des problèmes de toxicomanie, pour des jeunes qui viennent de déménager et qui n'ont pas de ressources ou des jeunes qui font du "bed hoping" (couchent à plusieurs endroits dans une même semaine)», note la chef d'équipe, qui a déjà bossé durant cinq ans au Centre 24/7.

Mais attention, ils ne sont pas à l'hôtel ou au Club Med! Après 24h, le temps qu'ils soufflent un peu et descendent de leurs grands chevaux, ils doivent montrer qu'ils sont prêts à améliorer leur situation. «Il y a des règles à suivre, c'est très structuré, un milieu sain pour eux. Mais il faut que ça fonctionne, car c'est une vie de groupe», prévient Jaëlle, qui apprend des trucs à tous les jours grâce à ce boulot. Le respect, l'implication et la participation aux diverses activités (sorties, cuisine, dialogue) sont essentiels à l'Appart.
Faire une différence
Bien que certains jeunes viennent à l'Appart pour échapper temporairement au "contrôle" de leurs parents, Adojeune ne réalise aucune intervention sans leur accord. Dominique et son équipe offrent aussi un service de médiation familiale. «Il est important que le jeune retourne dans son milieu en étant outillé, que le parent le soit aussi, qu'il y ait communication adéquate entre les deux. Il faut qu'il y ait un compromis entre les deux avant la fin du séjour», indique Dominique.
Et le taux de réussite est près de 100%... «Il y a toujours une évolution quelconque, aussi minime soit-elle. On voit ce dont ils ont besoin et de toute manière, ils savent un peu ce qu'ils ont à faire. Sinon, on va lui faire remarquer et le confronter à ce sujet-là», lance la chef d'équipe. «Mais parfois, ça peut arriver que la ressource ne soit pas la meilleure pour ses besoins, c'est pour ça qu'on réfère à une autre ressource», précise Jaëlle.

«L'Appart peut faire la différence dans la vie des jeunes et des parents, tranche Dominique. Faut être un minimum idéaliste pour travailler avec les jeunes et croire en eux. Et nous, on y croit.»

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