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Un recueil de BD finno-québécois au Studio Premières Lignes!

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 2 août 2008 à 15:00
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Un recueil de BD finno-québécois au Studio Premières Lignes!
La page couverture du recueil Dix fois/Kymmenen kertaa, réalisée par la bédéiste gatinoise Caroline Fréchette.
Un recueil de BD finno-québécois au Studio Premières Lignes!
Le fruit d'un échange artistique entre des bédéistes québécois et finlandais verra bientôt le jour. Le recueil Dix fois/Kymmenen kertaa exposera le travail de dix artistes, dont ceux des deux directeurs de production, les bédéistes Christian Quesnel et Terhi Ekebom.
L'idée a germé dans la tête de Christian Quesnel il y a deux ans, lors d'un voyage avec quelques membres du Salon du livre de l'Outaouais. «Lors du Festival international de la BD d'Angoulême, en 2006, on a vu une expo sur la BD finlandaise. Les similitudes avec la BD québécoise étaient grandes; on est deux peuples nordiques, alors on se ressemble beaucoup, estime l'artiste de St-André-Avellin. (NDLR: Le Québec, une province ouverte au monde, compte plus de 7 millions d'habitants et parle majoritairement le français, une des grandes langues mondiales, alors que les Finnois, au nombre de 5.5 millions, sont à peu près les seuls à parler leur langue. Ce qui les force à s'ouvrir sur les autres cultures!)

La même année, l'auteure et artiste très impliquée Tehri Ekebom débarque à Gatineau. «Tehri était prête. On est allés prendre un café au Troquet avec son conjoint et on a discuté des possibilités qui s'offraient à nous, explique Christian Quesnel. Par la suite, on a demandé des bourses; on n'en a pas eu, ça n'entrait pas dans leurs cordes… On est allés de l'avant pareil et Premières Lignes a payé la publication.»

Le recueil de 160 pages dresse un portrait assez fidèles des mœurs et mentalités des deux nations, selon Christian Quesnel. Ce dernier est surtout fier de la collaboration entre les pays et la vitrine qu'elle offrira aux artistes. «Il y a des auteurs dont je connaissais le travail, Terhi aussi, et il y a des gens qui n'ont pas nécessairement été publiés à l'étranger, dont Caroline Fréchette, l'éditrice de la revue Histoires à dormir debout, qui fait la couverture. Alors ce sera un bel espace de découvertes.»

Les communications lors du projet ont été réalisées en anglais et les textes du recueil ont été traduits dans la langue de Molière par une Finlandaise établie en France.

Le lancement aura lieu au milieu du mois de septembre au Festival de la BD d'Helsinki, où Christian Quesnel et l'auteur de l'Outaouais Stanley Wany seront d'ailleurs invités d'honneur.

Cette initiative pourrait bien être la première d'une longue série, souhaite Christian Quesnel. «Il n'y a pas de chasse gardée, on travaille ensemble. Plus il y aura de pays, plus ce sera bien pour la BD», confirme celui qui aimerait tisser des liens avec des auteurs russes, suédois ou allemands.
La région en vedette
Depuis que le bac en BD à l'Université du Québec en Outaouais a été instauré, la manne d'auteurs dans la région ne cesse de grandir. «Le bac a donné naissance au collectif Le Scribe, qui lui, a donné naissance au Studio coopératif Premières Lignes. J'ai travaillé sur la création du bac et je ne m'imaginais pas qu'il y aurait autant d'engouement!», avoue Christian Quesnel.
Eh bien, la région n'a pas fini de vibrer sous le crayon bien aiguisé des auteurs, car le deuxième grand projet à venir au Studio Premières Lignes la concerne justement. Le «Projet Outaouais» réunira onze artistes, qui illustreront dix récits se déroulant dans dix municipalités de la région. Par exemple, Montebello, Maniwaki et le boulevard Gréber ont été ciblés par les artistes, qui ont laissé libre cours à leur imagination pour immortaliser le paysage culturel de l'Outaouais.

La distribution du collectif sera aussi très importante, puisqu'en plus des librairies, 80% des dépanneurs de l'Outaouais en recevront des copies! Christian Quesnel espère que ce projet prouvera aux finissants du bac qu'ils peuvent faire de belles choses dans leur patelin, pas seulement dans la métropole. Il souhaite aussi que les médias continuent de montrer leur intérêt pour la BD pour qu'elle soit encrée dans la culture des gens comme en France ou en Italie.

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