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Deux bâtiments d’ici signés Ernest Cormier

Daniel LeBlanc par Daniel LeBlanc
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Article mis en ligne le 4 août 2008 à 14:02
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Deux bâtiments d’ici signés Ernest Cormier
L’édifice de l’Imprimerie nationale, sur le boulevard Sacré-Cœur, à Gatineau, est l’œuvre de l’architecte québécois Ernest Cormier. (Photo: Daniel LeBlanc)
Deux bâtiments d’ici signés Ernest Cormier
Peu de gens de la région n’ont pas déjà vu l’édifice de la Cour Suprême du Canada, situé sur la rue Wellington, à Ottawa, ainsi que celui de l’Imprimerie nationale, sur le boulevard Sacré-Cœur, à Gatineau. Toutefois, nombre d’entre eux ne connaissent pas celui qui a imaginé, sur les planches à dessin, ces deux joyaux d’architecture.
En fait, il s’agit de l’architecte et ingénieur Ernest Cormier, fort reconnu au Québec pour le patrimoine bâti qu’il a légué. Né à Montréal en décembre 1885, ce fils de médecin a étudié le génie civil à l’École Polytechnique, où il a obtenu un diplôme à l’âge de 20 ans. À peine sorti des salles de cours, il a travaillé dans le bureau d’études de la Dominion Bridge Company pendant quelque temps, avant de s’envoler vers la France pour étudier à l’École des beaux-arts de Paris.

En 1914, alors qu’il n’est âgé que de 29 ans, on lui remet le prestigieux prix Henry Jarvis Studenship, décerné par le Royal Institut of British Architects. Par la suite, il a habité pendant deux ans à Rome, en Italie, où il a pu perfectionner ses connaissances en observant plusieurs monuments anciens, avant de retourner à Paris pour y travailler quelque temps pour une firme connue d’ingénieurs. De retour en sol québécois vers la fin de cette décennie, il commence à tracer de plus en plus sa voie dans le domaine, puis il agit à titre de professeur à l’École Polytechnique de Montréal pendant 33 ans. C’est durant toutes ces années ainsi que par la suite qu’il bossa sur les planches à dessin et imagina de nombreux bâtiments, devenus réalité au fil des ans.

Même que sa propre résidence, qu’il dessina lui-même et fit construire au début des années 30, sur l’avenue des Pins, à Montréal, a été classée monument historique par le gouvernement provincial en 1974, année où l’homme a également reçu une médaille d’officier de l’Ordre du Canada. Il s’agit d’une luxueuse résidence de style Art déco. Érigée sur un terrain fortement incliné, elle compte un étage vers l’avant, mais quatre à l'arrière, et est entourée d'une aire de protection. Quelques années plus tard, le bâtiment a été racheté par l’ancien premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau. C’est le 1er janvier 1980 qu’est décédé Ernest Cormier, à l’âge de 94 ans.

M. Cormier a dessiné de nombreux autres édifices, tels que l’ancienne école des Beaux-Arts, à Montréal (devenu le Pavillon des arts de l’UQAM), le Grand séminaire de Québec, le pavillon principal de l’Université de Montréal, l’annexe du Palais de Justice de Montréal (transformé en siège de la Cour d’appel du Québec en 2003) ou les portes de l’édifice de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.

Le cinéaste québécois François Girard a réalisé, il y a 15 ans, le film Le jardin des ombres, qui retrace la vie et l’œuvre de cet architecte. À l’écran, l’homme était interprété par le défunt comédien Jean-Louis Millette. La mémoire d’Ernest Cormier est aussi honorée grâce à une esplanade qui porte son nom, en face du Centre canadien d’architecture, dans la métropole.

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