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Carrière-Sablière Dagenais: Le décès de James Conroy aurait pu être évité

Marie Pier Lécuyer par Marie Pier Lécuyer
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Article mis en ligne le 6 août 2008 à 14:06
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Carrière-Sablière Dagenais: Le décès de James Conroy aurait pu être évité
La mort de James Conroy dans un concasseur de la compagnie Carrière Sablière Dagenais en décembre dernier aurait pu être évitée si une mesure protectrice avait empêché le travailleur d’accéder à la zone dangereuse dans laquelle son corps a été retrouvé.
Le 19 décembre 2007, le travailleur James Conroy a vu ses vêtements se coincés dans le concasseur et a ainsi été entraînés par le tambour de queue du convoyeur primaire, alors qu’il effectuait les opérations de démarrage. Le corps du travailleur a ainsi été compressé sur le tambour de queue, causant la mort par suffocation.

Les conclusions du rapport d’enquête de la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) démontrent qu’il y a deux causes à cet accident de travail. «Tout d’abord, le travail est dans la zone dangereuse autour du tambour de queue du convoyeur primaire. Deuxièmement, la gestion de la santé et de la sécurité des activités de concassage et de tamisage est déficiente notamment quant à la mise à la dispositions des travailleurs de machines dangereuses», explique Michel Croteau, responsable de l’enquête.

Suite aux conclusions du rapport, la CSST a émis un constat d’infraction. La Cour du Québec décidera du montant de l’amende que devra verser la Carrière Sablière Dagenais, un montant pouvant varier entre 5 000 et 20 000$, puisque l’employeur a commis une faute.

Selon la directrice régionale de la CSST, Chantal Lafrance, si le travailleur n’avait pas eu un accès direct à une pièce en mouvement, l’accident aurait pu être évité. «Elle aurait dû être enclavée pour s’assurer que le corps n’entre pas en contact avec la machinerie», de dire Mme Lafrance.

Cette dernière soutient aussi que la gestion de la sécurité au travail était déficiente. On peut d’ailleurs lire dans le rapport d’enquête que l’employeur n’avait pas élaboré de méthode de travail sécuritaire. La Carrière Sablière Dagenais avait aussi eu une rencontre avec la CSST quelques mois avant l’accident, une visite qui avait permis à l’employeur de connaître le plan d’action portant sur la sécurité des machines. Aucun programme de prévention ou aucune formation n’avait eu lieu. « Finalement, c’est le travailleurs qui gérait sa sécurité», ajoute Mme Lafrance.

Lors de son décès, M. Conroy était entrain d’effectuer les opérations de démarrage. «Le travailleur était seul alors on ne sait pas exactement pourquoi il s’est retrouvé là. On sait qu’il faisait la séquence de démarrage», explique la directrice régionale.

Pour le responsable de l’enquête, l’une des hypothèses plausibles est que le travailleur vérifiait si la courroie était bien alignée.

Suite à l’accident, le concasseur avait été fermé jusqu’au 26 février 2008. Il a été remis en marche sous condition d’installer une mesure protectrice permanente. «En attendant la mise en place de la mesure permanente, une mesure temporaire a été autorisé, comme une clôture par exemple», conclut Mme Lafrance.

Il s’agissait du seul décès survenu après un accident de travail en Outaouais en 2007.

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