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Où elle est la culture sportive au Québec?

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 13 août 2008 à 6:00
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Où elle est la culture sportive au Québec?
Une culture sportive verra-t-elle enfin le jour au Québec pour redorer notre santé et notre image olympienne?
Où elle est la culture sportive au Québec?
À travers le brouhaha suscité par les Jeux olympiques se trouvent parfois d'intéressantes parcelles de discussion. Celle de l'ex-ministre Richard Legendre sur l'importance d'investir dans le sport pour inculquer une culture sportive, en était une hier, entre deux coups d'aviron.
Bon, ok, nous sommes un pays nordique, alors nous mettons la plupart de nos œufs dans le panier de neige. Pas étonnant que nous nous fassions ramasser aux JO d'été. Mais l'intervention de M. Legendre, si elle se déroulait pendant les JO, ne visait pas nécessairement à développer une élite invincible digne de Pierre de Coubertin, mais bien une société plus en santé.

Un des agendas politiques du nouveau vice-président exécutif de l'Impact était cette idée, farfelue pour certains, d'injecter plus d'argent dans le sport (400 millions $ au lieu des 50 millions $ actuels), en puisant dans le budget de la Santé. Pourquoi?, diront ceux qui descendent de Mars. Eh ben, chers Martiens, sachez qu'il est prouvé par n'importe qui qui l'a essayé, que la bonne forme est un pré-requis pour un meilleur apprentissage et surtout, une santé de fer. Et qui dit santé de fer, dit possibilité de médailles et dit désengorgement des urgences! Délire ou vérité?

Si vous additionnez tout ça (sport+santé), votre bosse des maths poussera probablement davantage. Mais vous comprendrez aussi qu'il ne sert à rien d'appeler le gouvernement à l'aide quand on a passé le point de non retour, comme c'est le cas présentement au Québec: les hôpitaux sont pleins, on paie pour ça. Je sais que la clientèle des urgences n'est pas composée essentiellement de jeunes qui ne font pas d'exercice, mais il y a par contre des gens qui n'ont pas d'affaire dans un lit, qui ont été gâtés par la nature mais qui se complaisent dans l'immobilité et qui regardent le temps passer et la poussière s'accumuler.

La prévention vaut mieux que la guérison et en cette époque où le vieillissement de la population prévaut, aucune société ainsi coincée n'a besoin d'empirer les choses.

Mais c'est pourtant ce qui se passe. Et là on entend des "Y'a pas assez de médecins", "Y'a pas assez d'infirmières", ce qui, vous en conviendrez, est l'équivalent des "Quand est-ce que le gouvernement va faire de quoi!?", "J'paye des taxes pour être servi!". Je ne suis pas certain que le personnel infirmier soit en si grand manque que cela. Ce dernier est débordé, certes, mais enlevez toutes les personnes qui pourraient se bouger le train au lieu de s'apitoyer sur leur sort et de dire que c'est la faute à Pierre-Jean-Jacques s'ils sont malades, et la situation serait peut-être améliorée. Serait-on en manque de miroirs et de nombrils?

Dans une société des loisirs qui carbure aux téléréalités, au cinéma maison et aux jeux vidéo (moi-même j'en suis victime, n'étant pas mieux qu'un autre), reste-t-il de la place pour la culture sportive? Celle du bien-être, de l'équilibre, de l'exploitation normale et saine de son corps et de son esprit? Pas beaucoup. Et le Gros Bon Sens est remplacé par certains enfants-roi qui décident ce qu'ils veulent faire et par des parents qui n'osent pas pratiquer un sport avec leur jeune. Et on a des écoles qui coupent dans l'éducation physique au profit des sciences qui, bien qu'utiles, ne forment pas des cœurs en santé. Sans penser croche, en sciences on décortique le cœur…

Alors non, Richard Legendre n'avait pas si tort de faire une telle sortie durant les JO. Bon timing, sujet d'actualité depuis des années, les flèches ont été tirées dans les bonnes directions. Reste maintenant à voir si nous continuerons à faire de la gestion de crise ou de la vision à long terme.

Car ce que l'avenir nous propose à court terme est une tonne d'argent investi pour soigner ceux qui ont justement une tonne d'argent. Les plus pauvres, donc les plus jeunes, auront-ils droit à autant d'égards un jour?

Selon Aladdin, qui étonnamment parle notre langue, il faudra que le Québec frotte sa lampe magique et exauce lui-même ses vœux. Car le génie, ben il est en break syndical prolongé et il veut rien savoir du sport, de la santé et de la logique. Y veut paître.

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