Affaire de proxénétisme: Un total de 21 accusations, dont celle de traite de personnes
C’est maintenant 16 chefs d’accusation auxquels devra faire face Laura Emerson, et cinq pour celui qui apparaît comme son complice, Gordon John Kingsbury. Le couple reviendra en Cour vendredi pour connaître la date de son enquête sur remise en liberté.
Pour le moment, la Couronne s’oppose à cette remise en liberté:«Ce sont des accusations sérieuses et si on regarde les critères de remise en liberté du Code criminel, je crois que tous les critères sont remplis pour que ces personnes-là demeurent détenues jusqu’à leur procès», a indiqué la procureure de la Couronne, Me Diane Legault.
Pour sa part, l’avocat de Laura Emerson demeure confiant, malgré le défi à relever: «Il y a certains aspects dans ce dossier-ci qui vont représenter un plus grand défi, admet Me Jean Bourget. On peut parler du nombre d’accusations et de la nature de la chose.»
Les accusations déposées concernent les trois victimes connues dans cette affaire, qui étaient toutes mineures au moment des faits. Des accusations de proxénétisme, d’agression sexuelle et de séquestration sont retenues contre Kingsbury, 33 ans. Emerson, elle, fait face à des accusations de proxénétisme, de séquestration, de voies de fait grave et de voies de fait. Des accusations de bris d’engagement ont aussi été portées pour un autre dossier.
Mais ce sont les accusations d’une autre nature qui retiennent surtout l’attention, celles de traite de personnes. Ces accusations ont été déposées contre la femme de 28 ans, qui s’est présentée en Cour avec les cheveux tressés et un air triste, ce qui lui donnait une allure juvénile. Les faits reprochés s’étalent entre le 22 septembre 2007 et le 1er août 2008.
Des DVD et le témoignage d’un enquêteur devraient s’ajouter dans les prochains jours au dossier de Kingsbury, qui est représenté devant la Cour par Me François Boisvert.
L’enquête des policiers se poursuit d’ailleurs dans cette affaire, qui a pour trame de fond un couple qui était bien connu du milieu policier. Pour le moment, le procureur ne pouvait confirmer si le dépôt d’autres accusations était chose possible dans ce dossier.
En vigueur depuis 2005
Ce n’est que depuis le 25 novembre 2005 que des accusations de traite de personnes peuvent être déposées, date à laquelle le Code criminel a été modifié en ce sens.
Cette accusation est décrite par le ministère de la Justice comme une «forme moderne d'esclavage, qui comprend le recrutement, le transport ou l'hébergement de victimes à des fins d'exploitation sexuelle ou autre, à l'échelle internationale ou nationale. Habituellement, les victimes sont trompées ou forcées de travailler dans l'industrie du sexe ou d'effectuer d'autres formes de travail forcé.»
Ces accusations sont passibles de 14 ans de prison, ou d’emprisonnement à perpétuité, dépendant de l’article dont il est question.
Retour sur les événements
Rappelons que c’est le 27 juillet dernier que les policiers ont épinglé Laura Emerson et Gordon John Kingsbury. Une adolescente avait alors réussi à s’enfuir de l’appartement 203 du 232, Taché, dans le secteur Hull, où elle aurait été séquestrée, droguée et forcée à se prostituer.
La victime aurait tenté de s’évader une première fois avant cette date, mais elle aurait été retrouvée et sévèrement réprimandée, d’où notamment une accusation d’agression sexuelle qui pèse sur Kingsbury.
Par la suite, deux autres victimes avaient été découvertes par les enquêteurs. Toutes trois étaient mineures au moment des faits ou majeures depuis peu.