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Pourquoi héros, pourquoi salaud?

Maxime Pedneaud-Jobin par Maxime Pedneaud-Jobin
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Article mis en ligne le 13 août 2008 à 8:02
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Pourquoi héros, pourquoi salaud?
Cette question m’obsède depuis longtemps. Pourquoi des gens agissent-ils en héros, alors que d’autres deviennent des monstres? Comment des humains comme Alexandre Soljenitsyne peuvent continuer à affronter l’empire soviétique après avoir fait huit ans de goulag alors que d’autres, de ces mêmes humains, acceptent de diriger consciencieusement des camps de concentration ? Pour mon grand bonheur, j’ai trouvé un auteur qui s’est penché exactement sur cette question. Je veux donc partager avec vous une de mes lectures de vacances. Ce n’est pas très gai comme chronique d’été, mais il n’y a rien comme une journée pluvieuse pour réfléchir à ce genre de chose.
Le livre en question s’intitule « Un si fragile vernis d’humanité. Banalité du mal, banalité du bien. », il a été écrit en 2005 par Michel Terestchenko, un philosophe français. Je résume en 500 mots, pardonnez-moi de tourner les coins ronds.

La science a beaucoup étudié ceux qui se laissent entraîner dans le mal. En voici un exemple.

Au début des années soixante, le professeur Stanley Milgram est devenu célèbre grâce à une expérience sur l’obéissance à l’autorité. Il recrutait des participants à un exercice d’apprentissage où ils devaient appliquer des décharges électriques à des personnes qui passaient un test de mémorisation. À chaque échec de mémorisation, un expérimentateur demandait aux participants d’augmenter la décharge. Les deux tiers d’entre eux ont accepté de d’appliquer des décharges même quand l’étudiant (en réalité un acteur ) exprimait de la douleur et les suppliait de ne pas le faire. Le désir d’obéir à l’autorité était plus puissant que toutes les autres émotions (voir Internet pour plus d’info!). D’autres études ont souligné l’importance de facteurs comme le statut des victimes et des bourreaux, les lieux physiques, le conditionnement préalable (par exemple la propagande), la déshumanisation des victimes, pour expliquer la mécanique du mal. Cette partie du livre n’est pas optimiste, elle nous rappelle que l’humanité est fragile et que la pression n’a pas à être très grande pour que les gens acceptent de faire des gestes inacceptables. Mais dans l’expérience de Milgram, il y a quand même un tiers des gens qui se sont rebellés.

Alors qui sont ceux et celles qui osent affronter l’autorité, parfois au péril de leur vie ?

L’auteur cite une autre étude (The altruistic Personality) où les auteurs ont interviewé 400 personnes qui ont sauvé des Juifs durant la Deuxième Guerre mondiale. Leurs conclusions étonnent. Selon eux, deux choses caractérisent ces hommes et ces femmes : ils avaient d’abord ce qu’on pourrait appeler de l’empathie : une grande capacité de se mettre dans la peau de l’autre, de le considérer comme fondamentalement semblable à soi. De plus, pour eux, aider leur prochain « allait de soi » au point où ils affirmaient qu’ils n’auraient pas pu faire autrement. Et ces deux caractéristiques sont indissociables. Dans l’expérience de Milgram, bien des gens qui administraient des électrochocs le faisaient en démontrant un malaise immense, une sympathie réelle pour leur victime, mais ils ne se rebellaient pas contre l’autorité. Les « héros », en plus de l’empathie, ont donc une capacité d’action qui leur vient de leur désir de respecter ce qu’ils sont eux-mêmes : essentiellement des gens qui aident les autres. Terestchenko affirme plus globalement que ce qui caractérise le « héros » c’est son indépendance par rapport à la société, sa volonté puissante « d’être ce qu’il est, plutôt que ce qu’on exige de lui ».

Ce n’est donc pas notre rapport à l’autorité, ou à la menace, qui nous donne la force de résister au mal… mais notre rapport à nous-mêmes. C’est quelque chose d’absolument individuel, une façon d’être qui place la fidélité à soi, à ses valeurs, à ses convictions plus haut que la quête d’approbation sociale, que le respect de l’autorité ou même que la défense de sa propre vie. Cela expliquerait pourquoi les régimes qui ont fait les pires excès dans l’histoire de l’humanité exigeaient de chacun qu’il abandonne son individualité, c’est elle qui constituait la plus grande menace à leur pouvoir. C’est une conclusion qui donne de l’espoir. Même l’instinct de survie peut être dominé par une exigence de sens à donner à son existence. Plus encore, l’empathie, l’estime de soi, les valeurs sont des choses qui se construisent. On ne naît pas « héros », on le devient. On peut donc contribuer à construire une « personnalité altruiste » en favorisant l’émergence chez les citoyens, d’une puissante confiance en eux-mêmes, des valeurs d’entraide, du profond respect de l’autre. Tous ne deviendront pas héros, mais ils en auront de la graine.

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Francois Belanger

Commentaire mis en ligne le 13 septembre 2008
jaime bien héros dans nos rêve mais faut savoir quoi comme être en amour

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