Pour l’amour de leurs minous et de leurs pitous, certains feraient tout!
Quand on pense que selon un sondage effectué par la firme Léger Marketing en 2002 a révélé que tout près d’un Québécois sur deux (46%) possède au moins un animal de compagnie, on peut penser que beaucoup des petits mammifères, poissons, oiseaux ou reptiles font carrément partie intégrante de la vie de certaines personnes.
Propriétaire de l’animalerie La Niche depuis 1979, le couple formé de Pierre et Diane Dussault en sait quelque chose. Les gens adorent plus que jamais leurs animaux de compagnie, selon la dame. «Par exemple, beaucoup en ont car ils sont malheureux et ne veulent pas se retrouver tout seul», indique celle qui a elle-même un chien à la maison, et qui avoue ne pas engager un seul employé dans son équipe si elle ne sent pas que celui-ci est passionné par les animaux.
«C’est triste, car les gens n’ont plus la patience qu’ils avaient. On dirait que certains adorent leurs animaux, alors que d’autres ne les aiment pas du tout. Nous, l’un des conseils que l’on donne, c’est de ne pas en acheter seulement pour l’amour des enfants, par exemple, parce qu’après deux semaines, plus personne ne s’en occupe», de dire Mme Dussault.
De nos jours, plus que jamais, la simple nourriture n’est souvent plus la seule dépense des propriétaires; les accessoires et les jouets destinés aux petites bêtes à quatre pattes sont extrêmement populaires. Des exemples? En ce moment, les sacs de transport de type «kangourou», qui permettent de se promener avec son chien comme une maman le ferait avec son nouveau-né, sont à la mode. Pyjamas, petits souliers, casquettes, bijoux et même des meubles destinés aux chiens sont même sur le marché. «Il y a déjà beaucoup de choses comme ça en Europe, ils ont de l’avance sur nous à ce niveau-là», note-t-elle.
Quant aux petits félins que sont les chats, au moins un objet ressort du lot quand on parle de la mode actuelle, et croyez-le ou non, il s’agit de hamacs spécialement conçus pour eux. «Les gens doivent par contre les habituer à coucher dedans lorsqu’ils ne sont encore que des chatons», mentionne Diane Dussault.
Pour les oiseaux domestiques, la tendance populaire est d’offrir à ces derniers un espace de vie de plus en plus grand. L’animalerie La Niche, par exemple, vend beaucoup de cages de la gamme Vision, qui, de par la disposition différente du grillage, résulte entre autres en une plus grande propreté aux alentours de la cage. En ce qui concerne les poissons, Mme Dussault soutient avoir remarqué que les petits Betta, un type de poisson au corps ovale, possédant de grandes nageoires et qu’on retrouve en multiples couleurs, sont fort recherchés par les gens depuis quelques mois.
Le monde des animaux peut être une véritable manne pour certains commerces, tout dépendant comment les clients sont prêts à dépenser pour les «Fido» ou «Tigrou» de ce monde. «Certaines personnes manqueraient elles-mêmes de nourriture avant que leurs animaux en manquent», lance Mme Dussault. Fait à noter, certaines animaleries, dont celle-ci, sont des centres d’adoption de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de l’Outaouais, c’est-à-dire qu’ils prennent en charge certaines petites bêtes qui leurs sont donnés par la SPCA après avoir reçu les vaccins ou toute autre intervention nécessaire.
Malgré tout, de nos jours, entre autres avec la routine métro-boulot-dodo, il semble que bon nombre de gens ne peuvent assumer la tâche de s’occuper d’un animal. D’ailleurs, le matin même de l’entrevue avec La Revue, en arrivant à son commerce, Diane Dussault a trouvé tout près de la porte d’entrée une petite boîte dans laquelle quelqu’un avait laissé trois chatons...