Un nouveau pas dans la vie pour Joanne Charlebois
«Le Boulev'Art, tu peux y aller sept jours sur sept et il y a plein de monde qui vivent des choses comme toi. Il y a tout le temps du support. Il n'y a pas de comparaison ou de jalousie, on vit tous une certaine douleur, mais on s'entraide, on a un bon esprit d'équipe», raconte Joanne Charlebois, qui a participé à la création du soulier géant pour le Recycl'Art.
Depuis quelques mois, Joanne Charlebois fréquente le Boulev'Art et y prend des cours où elle a créé sous différentes formes. L'un des plus grands exploits réalisés par son groupe a sans doute été de réaliser le soulier géant qui est présentement exposé au Recycl'Art à Montpellier. «Ça a une signification encore plus grande que le recyclage. Ça veut dire quelque chose, pour moi c'est un nouveau pas dans la vie», de dire Joanne Charlebois.
Le soulier a été confectionné avec 125 paires de chaussures, mesure sept pieds de long, quatre pieds de haut et la structure a été réalisée par l'intervenant en menuiserie. «Les membres de la famille des participants ont aussi aidé lors du montage», ajoute Joanne Charlebois.
Cette dernière soutient avoir eu du plaisir à réaliser cette œuvre collective. «On a passé plusieurs semaines à peindre les souliers, tous les mardis. C'était très plaisant, on a fait ça en équipe. Et notre professeur, Joanne Migneault, est tellement passionnée que nous aussi on l'est», souligne celle qui rappelle que cette dernière expose aussi au Recycl'Art.
Depuis son arrivée au Boulev'Art, Joanne Charlebois a réalisé diverses formes de créations artistiques, dont un totem, un vase et plusieurs peintures. «Ça me fait décrocher et oublier», ajoute Joanne Charlebois.
Lorsqu'elle s'est retrouvée en arrêt de travail pour un burn-out, Joanne Charlebois a été référée par le CLSC à l'organisme Le Maillon. Mais elle a ensuite entendu parler du Boulev'Art et a vite trouvé que c'était un lieu adapté pour elle.
Différent d'une thérapie traditionnelle, le Boulev'Art permet plutôt aux gens de se rétablir, par l'art, la menuiserie, la couture ou la photo par exemple. «Il y a zéro contrainte. Si tu veux venir pour une heure, tu restes une heure. Pour moi, c'était important de sortir de la maison quelques heures», explique Mme Charlebois.
Elle soutient par ailleurs que de fréquenter le Boulev'Art plutôt que de rester à la maison a grandement diminué ses crises de panique. «Jojo est aussi efficace qu'un médicament!», clame la mère de famille.
Le Boulev'Art lui aura aussi permis de voir du monde s'en sortir, une motivation supplémentaire dans le processus de rétablissement. «J'avais besoin de voir du monde s'en sortir, ça me fait vraiment du bien. Je me suis beaucoup améliorée depuis le début. Au départ, j'étais toujours en état de panique et j'avais de la misère à respirer. J'ai appris à prendre mon temps et à déléguer», raconte-t-elle.
Joanne Charlebois se compte aussi chanceuse de pouvoir compter sur le support de sa famille. «Mes enfants, mes parents, mes frères, mes sœurs, mon mari, ils participent et viennent aux rencontres. Ils sont aussi tous allés voir le soulier à Montpellier. C'est une grande fierté», souligne-t-elle.
Le Boulev'Art de la Vallée possède aussi une friperie. Les vêtements recyclés permettent entre autres de faire des sacs pour l'épicerie par exemple.