Ming Zhang, fondatrice de la communauté chinoise en Outaouais. (Photo: Patrick Voyer)
Vivre en Outaouais quand on vient de Chine
La Chine n'est pas seulement le pays hôte des Jeux olympiques d'été cette année: nouvelle puissance mondiale, cette nation de 1,3 milliards d'habitants a des racines dans tous les pays du monde, dont le Canada. Rencontre avec Ming Zhang, fondatrice de la communauté chinoise en Outaouais.
Mise sur pied en 2001, la communauté représente environ 500 Chinois et Chinoises dans l'Outaouais, ce qui est bien peu comparé à ceux et celles qui demeurent à Ottawa. L'objectif premier? Le même que la plupart des associations d'immigrants: les aider à s'intégrer aux cultures québécoise et canadienne. Le conseil d'administration est composé de sept personnes et les communications se font surtout par téléphone.
Ce qui rend cette organisation particulière est la facilité avec laquelle on y adhère. «Tous les Chinois et les nouveaux immigrants font automatiquement partie de l'association, sans frais, indique Ming Zhang. On parle des difficultés de se trouver un bon emploi ou d'établir un bon niveau de vie, et j'organise dans activités culturelles gratuites. Comme au Nouvel An chinois, j'organise un gros spectacle théâtral au Casino du Lac-Leamy afin de stimuler les cultures canadienne et chinoise.»
«Pour moi, c'est important d'ouvrir des portes aux immigrants chinois, de parler de l'histoire chinoise et de partager les deux cultures. Je mélange toujours des musiciens canadiens et chinois», ajoute Mme Zhang, qui a été elle-même musicienne professionnelle en Chine.
La fondatrice mise gros sur ce spectacle (qui n'a pas eu lieu l'an dernier faute de temps), car c'est une occasion unique pour les Chinois de se faire connaître par les Québécois, qu'ils soient politiciens ou simples citoyens, qui participent à l'événement. Ming Zhang se rappellera longtemps de la fois où l'ex-maire Yves Ducharme avait cuisiné sur la scène…
De plus, question de se familiariser avec les traditions de la feuille d'érable, la communauté chinoise a la chance d'aller à la cabane à sucre à l'automne et de se promener dans le parc de la Gatineau.
Un havre
«On est chanceux de vivre ici, c'est un beau pays très amical qui nous offre l'opportunité d'améliorer notre qualité de vie», soutient Mme Zhang, qui est arrivée au Canada en 1992 et qui demeure à Gatineau depuis 1999. «Le Québec, c'est beau! C'est une province qui a beaucoup d'histoire, une province amicale et chaleureuse, très paisible. La nature est superbe et les gens sont gentils. J'ai beaucoup d'amis québécois et je trouve ça tellement spécial d'être ici… malgré que le français soit difficile!», avoue-t-elle en souriant.
Les avantages de vivre au Québec étaient pourtant trop nombreux pour elle et sa fille. «J'aimais l'éducation et le plus important pour moi est de créer le meilleur futur pour ma fille et ma famille. En Chine, c'est moins flexible pour entrer à université vu que c'est un pays avec une grosse population… Ici, le coût des maisons est plus raisonnable et les logements sont moins chers. Et le gouvernement du Québec aide les immigrants pour qu'ils apprennent le français.» Concernant la langue de Molière, Ming Zhang affirme que si son apprentissage est ardu pour un adulte, l'histoire est toute autre pour les jeunes; sa nièce et sa fille se débrouillaient après six mois!
Elle et sa fille se sentent donc choyées et n'hésitent pas à organiser toutes ces activités pour que d'autres immigrants puissent jouir de ce cadre existentiel.
Un endroit où il est possible de réussir. «Je voulais partager mon histoire de succès au Canada. Si tu travailles fort et bien, tu pourrais avoir un gros succès comme tout le monde», croit celle qui travaille à la direction du service de la recherche et des études internationales à l'Université St-Paul, qui donne bénévolement des cours de chinois et qui n'avait aucune notion de français ou d'anglais quand elle a embrassé la côté canadienne.
Canada et Chine
«On est allés en Chine en avril, c'était notre première visite en 6 ans. J'ai trouvé qu'il y avait de gros changements; c'est un grand pays qui va vite! C'est plus moderne, plus propre, tous les changements sont pour le mieux», estime-t-elle.
«Je suis fière d'être Canadienne, mais aussi fière que la Chine ait eu les Jeux olympiques! Et les Olympiques, ce n'est pas un événement politique, mais culturel et historique, il y a beaucoup de significations. De mon point de vue, il y a trop de politique là-dedans», conclut celle qui est née à Beijing.