Annonces classées | Enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Info07
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Loin du Rwanda, loin du cœur… mais confortable au Québec!

Patrick Voyer par Patrick Voyer
Voir tous les articles de Patrick Voyer
Article mis en ligne le 18 août 2008 à 9:37
Soyez le premier à commenter cet article
Loin du Rwanda, loin du cœur… mais confortable au Québec!
Le président de la Communauté des immigrants Rwandais de la région de l'Outaouais, Augustin Baziramwabo. (Photo: Patrick Voyer)
Loin du Rwanda, loin du cœur… mais confortable au Québec!
Tout semble avoir été dit et montré sur le génocide au Rwanda. Nos esprits ont été marqués au fer rouge, à tel point qu'on se demandait si les Rwandais du monde entier pouvaient encore trouver la force de sourire. Eh bien, il y en a plusieurs centaines dans la région et leur principal représentant en est le meilleur exemple!
Augustin Baziramwabo a le soleil dans le visage. Optimiste de nature, il trouve la force d'aimer la vie même s'il constate que le Rwanda est encore sous le joug d'une dictature. Son enthousiasme est profitable pour la Communauté des immigrants Rwandais de la région de l'Outaouais. Et il peut compter sur un conseil d'administration de neuf personnes dynamiques pour encadrer quelque 500 compatriotes.

L'Association est née il y a plus de dix ans, quand une poignée d'étudiants rwandais se sont regroupés pour défendre leurs intérêts. «Comme ces gens ne voulaient pas retourner au pays, ils voulaient garder cette association pour participer à l'intégration des nouveaux Rwandais qui avaient quitté», précise Augustin.

Aujourd'hui, la mission a changé: «On cherche une façon d'aider ces gens-là à s'intégrer; comment inscrire leur enfant à l'école, se faire soigner à l'hôpital, chercher un emploi, comment fonctionnent les équivalences académiques, comment mettre à jour sa formation?, énumère-t-il. Ce n'est pas une mince affaire; les Québecois se battent continuellement pour vivre, alors vous pouvez imaginer ce que c'est pour quelqu'un qui débarque ici avec un français approximatif, sans études, avec deux-trois enfants! C'est toute une commande!» Des activités sont aussi organisées pour eux, notamment à la Saint-Jean, à la fête du Canada et à Noël. Tout cela en échange d'une maigre cotisation.

«Bon, il n'y a que 50 à 60 membres en règle; mais pour une association comme ça, ça ne se bouscule jamais au portillon, car c'est du bénévolat. Et le recensement est difficile à faire…» Pourquoi? Parce que, sans entrer dans les détails, Augustin souligne qu'il y a deux camps de Rwandais dans la région: ceux qui sont en faveur du régime actuel dans le pays africain et ceux qui sont contre. Malgré cela, les deux camps réussissent à cohabiter car le respect et le bien-être des Rwandais en Outaouais est primordial.

«Beaucoup de choses ont été dites sur le Rwanda. Moi-même j'ai écrit des papiers pour sensibiliser la population. Je me sens privilégié parce que si j'étais encore là-bas, je ne suis pas sûr que je serais encore en vie!, confie-t-il. En 1990, je venais pour des études à Sherbrooke, alors que la guerre venait de débuter, et je me disais naïvement que ça prendrait cinq ans… Je voulais y retourner, mais je n'y suis jamais retourné.»
Un Rwanda encore blessé
«Je sais ce qui se passe là-bas en ce qui a trait aux libertés individuelles, poursuit-il. Les gens vivent encore dans la peur, les journalistes sont tenus au silence et la société civile fait de la figuration. Et je ne suis pas le seul à décrier la situation, il y a des organismes communautaires qui le font. Il y a une dictature assez féroce qui s'est installée là-bas, une dictature qui utilise l'instrumentalisme.»
Augustin Baziramwabo trouve dommage que ses frères et sœurs souffrent toujours même si le génocide est terminé. «On aurait dû en profiter pour ressouder le peuple. Mais les politiciens en place considèrent les gens comme moi, ayant une opinion divergente de la leur, comme des parias, des citoyens de seconde zone. Le président rwandais (Paul Kagame) est un des pires criminels du siècle et lorsqu'il est venu au Canada, on n'aurait pas dû lui délivrer un visa d'entrée! Le président rwandais est mieux payé que le premier ministre Harper, alors que des gens gagnent un dollar par jour.»
Un Québec qui panse les blessures
Si le climat social et économique laisse à désirer au Rwanda selon Augustin, les réalités sont diamétralement opposées au Québec. «Moi, ça fait près de 20 ans que je suis ici et la couleur de ma peau ne change rien; je me sens comme un Québécois, lance-t-il. Le Québec est une terre d'accueil. Il nous accueille les bras ouverts pour l'emploi, les études… Pour moi, la tentation a déjà été forte d'aller aux États-Unis ou dans les provinces de l'ouest, mais ma culture est francophone. C'est cette culture que je veux inculquer à mes enfants et c'est la raison pour laquelle je me suis établi ici. Le Québec est ma deuxième patrie.»
L'ouverture d'esprit est un facteur essentiel pour Augustin afin de bien apprécier la qualité de vie québécoise. «Le français n'est pas ma langue maternelle, mais j'ai commencé à connaître toutes ses subtilités depuis que je suis en âge d'aller à l'école. Je parle et écris aussi l'anglais.»

Augustin sait également que le partenariat avec la Ville de Gatineau contribue à embellir les relations. «Sans elle, on ne se sentirait pas épanouis et la majorité des membres sont conscients de la chance qu'on a. Nous avons avec elle des relations agréables et c'est un bon partenaire à chaque fois qu'on a besoin d'elle.»
Infos sur les activités: 819 595-2590 ou augustin.baziramwabo@sympatico.ca

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


La question du net

  • Êtes-vous satisfait des opérations déneigement dans la région?
  • Oui
  • Noin

Liens