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Le ballet folklorique Aztlan égaiera des travailleurs mexicains à St-Rémi!

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 21 août 2008 à 20:00
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Le ballet folklorique Aztlan égaiera des travailleurs mexicains à St-Rémi!
À l'image des artistes qui vont remonter le moral à nos soldats, la troupe outaouaise de ballet folklorique mexicain Aztlan participera à la première Fiesta des cultures de St-Rémi, une ville près de Montréal, qui est organisée les 30 et 31 août pour les quelque 2000 travailleurs agricoles saisonniers mexicains qui débarquent à St-Rémi.
Ces travailleurs sont accueillis au Canada, notamment à Winnipeg, à Vancouver et au Niagara, grâce au Programme fédéral des Travailleurs Agricoles Saisonniers, qui existe depuis plus de trente ans avec le Gouvernement du Mexique. Cette initiative fédérale est née lorsque la main-d'œuvre agricole locale a diminué. La présence des travailleurs est rendue si importante que la Ville de St-Rémi et l'ambassade du Mexique ont décidé de leur dédier un festival de culture latine!

Le directeur artistique et chorégraphe d'Aztlan, Josué Nieto, a été un des premiers contactés par l'ambassade mexicaine afin de participer à cette célébration. Or, il a dû déplacer un spectacle déjà prévu pour ce week-end afin de se joindre aux festivités! Là-bas, Josué donnera des cours de salsa et cumbia, alors qu'Aztlan (fondé il y a six ans et composé entre autres de Mexicains, de Québecois et de Salvadoriens) présentera deux ballets typiquement mexicains d'une heure quinze, le samedi soir et le dimanche après-midi.

«C'est de la danse folklorique mexicaine avec laquelle on combine les techniques de ballet. C'est spectaculaire! On veut donner le goût aux gens d'être attentifs durant tout le spectacle.» Josué marie les influences espagnoles et le flamenco, ce qui résulte en des chorégraphies où les pieds sont rudement mis à l'épreuve! «Nous, on a pris ça, et on l'a mélangé avec les traditions et la musique de mariachi», précise-t-il.

Ce qui rend les spectacles d'Aztlan ("Maison de l'oiseau blanc" dans la mythologie aztèque) aussi spéciaux est que les danseurs et Josué Nieto, un diplômé en danse de Mexico, les transforment en véritable voyage. Chaque représentation comprend trois sections distinctes, qui rendent hommage à trois états du Mexique, vidéo à l'appui. Ainsi, avant chaque section, la vidéo est jouée pour mettre les gens en contexte et les installer dans une chaude ambiance. La danse suit alors pour donner l'envie aux gens de se laisser raconter le pays des tacos, enroulés dans de colorés costumes et de blancs sourires… Josué Nieto endosse donc le rôle d'agent de voyage à sa manière et n'a pas peur d'aller chercher des commentaires après les prestations en jasant avec le public!
La vie au Québec
Le directeur artistique de 28 ans est professionnel depuis l'âge de 12 ans. Il a connu sa femme au Mexique et a vécu avec elle dans son pays pendant plusieurs années. Un jour, il l'a suivie au Québec pour qu'ils puissent mettre leur enfant au monde dans sa province natale. Depuis ce temps, Josué, qui ne possédait aucune base de français ni d'anglais, se plaît au Québec. La troupe Aztlan lui permet de partager sa culture avec ses nouveaux concitoyens, dont il apprend bien des choses! Et il a bien du plaisir parmi la communauté mexicaine, qui se chiffre à plus de 5000 individus des deux côtés de la rivière.
Aztlan est un incontournable dans les événements culturels et internationaux. La troupe se produit annuellement une douzaine de fois et est heureuse de collaborer à la célébration de la diversité culturelle de la Ville de Gatineau. À St-Rémi toutefois, il s'agira des premiers spectacles que donnera Aztlan dans un cadre entièrement latin. «Il y aura 3000-3500 Mexicains à la même place. Ça va être le fun!», s'exclame-t-il.

Bien qu'il adore sa terre d'accueil, Josué est nostalgique quand il songe à Mexico. «Je m'ennuie des gens, de la nourriture, de l'ambiance et de danser dans les salles du Théâtre des beaux arts du Mexique (un lieu de diffusion qui ressemble au CNA). On s'ennuie tout le temps, mais ce qu'on fait ici, on le fait parce qu'on aime ça, c'est une façon de se rattacher à sa culture.»

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